Enseignement

Pourim 5778


Avez-vous déjà été dans une situation où vous avez eu peur de révéler qui vous êtes vraiment? Avez-vous déjà eu l'impression de porter un masque? 

Cela peut arriver à des individus, mais également à une nation.

Une des conséquences de vivre dans un nouvel endroit est l'assimilation. On essaye de se faire discret, de ne pas se faire remarquer.
C'est précisément ce qui est arrivé à une grande partie du peuple juif il y a environ 2500 ans. Exilés dans un pays étranger, ils ont fait ce qu'ils pensaient être leur devoir pour «s'intégrer». Malheureusement, les forces de l'assimilation ont menacé l'identité juive dans tant d'endroits à travers l'histoire que le récit du Livre d'Esther transcende les particularités de cette époque et de cet endroit.

Le livre d'Esther se déroule lors d'un coup d’état. A Suze, un nouveau dictateur arrive au pouvoir. Le roi Ahachverosh célèbre ses nombreuses conquêtes, et les Juifs acculturés de Suze se trouvent au centre de cette célébration. La participation aux festivités est bien entendu obligatoire.
Imaginez donc le malaise des Juifs lors de la célébration de la conquête de Jérusalem par Ahachveroch. Quand ce dernier apparait devant ses sujets, vêtu des vêtements du Cohen Gadol dérobés lors de la destruction du Temple, les Juifs devaient certainement se sentir bien mal à l’aise.
 Ahachveroch avait abandonné son costume «normal» - les vêtements royaux qu'il avait usurpé à son prédécesseur - en faveur d'un nouveau costume, afin de souligner son succès tout en éteignant en même temps la lueur d'espoir de retour des juifs.

Pourtant, malgré leur malaise, les Juifs de Suze n'étaient pas aussi différents d'Ahachveroch que nous l’aurions voulu; eux aussi étaient en costume. Ils étaient habillés comme tous les autres citoyens de Suze, avec des sourires sur le visage et des boissons à la main, malgré l’interdiction de leurs rabbanims d’assister à ce banquet.

La reine Vachti avait sa propre interprétation du bal costumé. Elle était l'une des conquêtes les plus importantes d'Ahashveroch, car c'était son sang royal qui lui donnait sa légitimité. Quand il exigea d’elle qu'elle parût devant les invités assemblés sans son costume royal, il avait l'intention de la dépouiller du pouvoir et de la noblesse que ces vêtements symbolisaient. Il voulait l'humilier et lui rappeler qui était à présent le roi. Elle refusa de venir en costume - car une reine sans ses vêtements c’est également une sorte de costume- et fut répudiée.

Le roi se trouvait maintenant seul et avait désespérément besoin d'une nouvelle reine. Ses conseillers élaborèrent un plan: ils organiseraient un concours de beauté. Chaque nuit, une jeune fille différente s'habillerait en reine pour la nuit; et le matin, elle serait renvoyée. La «gagnante» recevrait la couronne, et serait autorisée à s'habiller en reine sur une base permanente - ou au moins jusqu'à la prochaine lubie du roi.

A Suze vivait une jeune fille juive que tout le monde connaissait sous le nom d'Esther, mais son vrai nom était Hadassah. Esther fut forcée de participer à ce "concours". Elle fut la seule à ne pas réclamer d'accessoires, d'huiles ou de parfums. Contrairement à ses concurrentes, elle n'avait aucun désir d'être la reine.

Mais quelque chose d'inattendu se produisit. De toutes les femmes, celle que le roi choisit fut Esther. Les hommes désirent souvent ce qu'ils ne peuvent pas avoir, et la reine Esther, distante, était remarquablement différente de toutes les autres, qui souhaitaient désespérément être remarquées. Esther était royale. Ce qu'Ahashveroch avait entrevu, c’était l’absence de costume; Esther était sans masque.

Haman, un conseiller rusé, impitoyable et manipulateur du roi, utilisait son intelligence pour se catapulter au-dessus de tous les autres conseillers. C’était un mégalomane, qui décrétait que tous les sujets du roi devaient s'incliner devant lui. Tous s’y conformaient,  craignant pour leurs vies. Un seul homme, Mordekhai, refusait de se prosterner. 
Ce même Mordekhai avait autrefois alerté le roi au sujet d'un complot d'assassinat, et avait gagné sa confiance. Pour compliquer davantage les choses, Mordekhai, était également le cousin d'Esther et son conseiller le plus fiable.
Haman ne pouvait pas supporter cet affront, il cherchait sa revanche. Non seulement il tuerait Mordekhai, mais il anéantirait tous les Juifs. Le roi, qui avait toutes les raisons d'être paranoïaque, serait facile à convaincre. Haman n'avait qu'à lui suggérer les dangers que représentait ce groupe d’exilés éparpillés dans tout le royaume. Après avoir fait un don important aux coffres du roi, Haman reçut le sceau d'approbation de ce dernier, et le sort de tous les Juifs du royaume fut scellé.

Quand Mordekhai entendit parler du décret, lui aussi "s'habilla", avec des vêtements de deuil. Esther était consternée; on ne pouvait tout simplement pas circuler dans la capitale ainsi vêtu. Le roi était heureux, les gens célébraient; une telle robe pouvait être interprétée comme un symbole de rébellion. Elle essaya de convaincre Mordekhai d’être raisonnable, mais il était catégorique, allant jusqu'à suggérer que son destin était maintenant devenu limpide. Elle était montée sur le trône dans le seul but de sauver le peuple juif.
Esther savait ce qu’il lui restait à faire. Elle devait revêtir les vêtements de la reine, et tenter d'approcher le roi. Le risque était énorme : il avait conquis le pays par la force, et était convaincu qu'il y avait des personnes qui complotaient pour le renverser. Personne ne pouvait l’approcher sans y être invité, même pas la reine.

Esther revêtit son costume royal et alla le voir. Le roi, captivé, pensa l’avoir finalement conquise. Elle l'invita à la rejoindre ce soir-là lors d’un banquet privé. Et puis, presque après coup, elle ajouta: "... et amenez Haman."

Le plan d'Esther était extraordinairement simple: elle utilisait la paranoïa d'Ahashveroch ainsi que la mégalomanie d’Haman. 

L'esprit du roi est ébranlé. D'une part, Esther voulait le voir; mais pourquoi Haman était-il invité? Son esprit s'emballa. Haman, d'un autre côté, semblait inconscient; il était trop heureux d'être sur la liste des VIP.

Pour augmenter la pression, elle invita les deux hommes à la rejoindre à nouveau le lendemain soir. Haman, plein d’orgueil, était persuadé que sa grandeur était enfin reconnue.

En quittant le palais, tous ceux qui le virent s'inclinèrent, à l'exception d'un homme - Mordekhai.
Sa bonne humeur en fut anéantie. Sa femme lui conseilla de pendre Mordekhai, et son désarroi fut remplacé par une explosion d'énergie. Il se précipita pour préparer la potence, puis, vers minuit, vint voir le roi - ce qui n'était sûrement pas la façon la plus sage d'approcher son monarque. Haman était devenu négligent, et il ne parvint pas à lire la peur sur le visage d'Ahashveroch, cette peur née de sa paranoïa et de l'invitation de la reine.

De son coté, Ahashveroch avait passé une mauvaise soirée. Il était certain qu'il y avait une intrigue. Sa reine et son conseiller étaient-ils de mèche? Il ne pouvait pas trouver le sommeil. Il passait en revue le journal royal, et il lut qu'un homme appelé Mordekhai l'avait alerté d'un complot d’assassinat. Il étudia l'intrigue, cherchant des rapprochements à sa situation actuelle, mais, parallèlement, il remarqua que Mordekhai n'avait jamais été correctement récompensé.

À ce moment, Haman entra, et Ahashveroch lui demanda quelle devrait être la récompense appropriée pour une personne que le roi désirerait honorer? Haman, pris dans son propre narcissisme, était convaincu qu'il est l'objet de la faveur du roi. Il laissa tomber sa garde et révéla ses véritables aspirations: « Habille-le avec les habits et la couronne du roi, et fais-le défiler dans la capitale sur le cheval du roi. » Il est difficile d'imaginer une pire suggestion pour le roi à cet instant.

Quand le roi ordonna à Haman, l'antisémite notoire, de faire toutes ces choses pour Mordekhai le Juif, et de conduire personnellement le cheval dans les rues, Haman fut dévasté. Il ne porterait pas les vêtements du roi, et il apparaîtrait à tous ceux qui le verraient comme l’homme de main du roi.
Tout à coup, Haman fut diminué; en réalité, il n’était que déguisé en conseiller du roi. Son vrai statut était beaucoup plus modeste.
Dans un sens, le reste de l'intrigue est un détail: Haman fut pendu à la potence qu'il avait construite pour Mordekhai, et la menace contre les Juifs fut annulée. L'histoire se termine avec Esther et Mordekhai habillés en tenue royale.

Chaque année à Pourim, la fête qui célèbre le salut des Juifs, nous lisons cette histoire, faisons la fête, buvons du vin. Mais il y a une coutume de plus qui fait partie intégrante de l'expérience de Pourim: les enfants se déguisent.

Pourim nous rappelle que nous passons une grande partie de nos vies à nous habiller, à paraitre, et à mener des vies qui sont en désaccord avec nos âmes. Nous permettons à nos déguisements de nous influencer, plaçant notre foi dans les masques que nous portons plutôt que dans la beauté naturelle du destin juif.

Notre but en tant que juifs est de trouver nos vrais vêtements et notre véritable moi, aussi bien en tant qu'individus qu’en tant que Nation. 

Les mitsvot de la fête de Pourim

A l’époque de Mordekhai et d’Esther, les juifs rassemblèrent le 13 du mois d’Adar pour se défendre de leurs ennemis. Ils demandèrent alors miséricorde à D. pour qu’Il leur vienne en aide. Ils jeûnèrent également le 13 du mois d’Adar. Pour cette raison, nos Sages ont fixé ce jour comme étant un jour de jeûne public : le jeûne d’Esther.

Pourim aura lieu cette année le mercredi soir 28 février et le jeudi 1 mars 2018, le jeûne d'Esther aura lieu le mercredi 28 février 2018.
Se renseigner auprès de votre communauté pour connaître les horaires du jeûne et de la lecture de la Méguila. 

On lit la Meguila le 14 Adar. 
Par contre, dans les villes qui étaient entourées de murailles à l’époque de Yeochoua bin Noun, on lit la Meguila le 15 Adar. C’est le cas par exemple de Jérusalem.  
La meguilla est lue deux fois à Pourim, une fois le soir et une fois en journée. Il est très important d’écouter chaque mot de la lecture, c’est pourquoi il faudra faire attention à ne pas parler, ou faire du bruit. 
C’est une mitzva très importante de lire ou d’écouter la Meguila dans une grande assemblée, car on glorifie ainsi le nom de D. en public. Le peuple juif, ainsi uni, remercie et loue D. pour les miracles qu’Il a accompli pour nos ancêtres à leur époque. Même pour celui qui possède sa propre Meguila Cacher, il est préférable d’entendre la lecture effectuée par l’officiant à la synagogue.
Les femmes ont l’obligation d’écouter la Meguila avec ses bénédictions, car elles ont aussi participé au miracle de Pourim. Haman voulait anéantir tous les juifs, hommes et femmes, du plus petit au plus grand, et D. nous a tous sauvé de ce terrible danger.

Tout juif a l’obligation d’offrir à un ami, le jour de Pourim, un cadeau appellé Michloah Manot, contenant au minimum deux aliments prêts à être consommés, de bénédictions différentes. Les Sages ont institué cette mitzva pour renforcer l’amour et la fraternité entre amis et contredire ainsi les propos d’ Haman qui nous décrivait comme « une nation répandue, disséminée… dont les cœurs sont désunis ».  
Le jour de Pourim est un jour d’Ahdout, d’unité dans le Klal Israel. Ce présent peut également nous permettre de faire parvenir aux personnes dans le besoin, de manière respectueuse, tout le nécessaire pour fêter Pourim avec nourriture et boissons en abondance. Ils pourront alors organiser un repas de fête dans la dignité.
Celui qui multipliera l’envoi de présents sera digne de louanges, car il intensifiera l’amour et la fraternité au sein du peuple juif. 

Dons aux pauvres 

Donner de la Tsedaka est une mitzva tout au long de l’année. Cependant la mitzva le jour de Pourim  de Matanot Laevyonim, dons aux pauvres, vient se rajouter à celle de la charité habituelle. A l’occasion de Pourim, on est tenu d’effectuer des dons d’argent à deux pauvres au minimum. 
Il est préférable de faire beaucoup de dons aux pauvres plutôt que de préparer un grand repas pour soi-même (ou sa famille), ou d’envoyer beaucoup de cadeaux à ses amis.
Lorsque l’on donnera Matanot Laevyonim on s’efforcera de le faire avec un visage rayonnant de joie pour ne pas faire honte à celui qui reçoit. 
C’est une grande mitzva, pendant cette fête du partage, de multiplier les gestes de Tsédaka selon ses possibilités, comme il est mentionné dans le Zohar Hakadoch (Parachat  Béchalah). Vous pouvez envoyer vos dons à Tsidkat-Eliaou. Nous nous chargerons de les redistribuer le jour-même aux familles démunies de Jérusalem que nous parrainons.

Il y a une mitzva de faire le jour de Pourim un festin et de se réjouir. C’est pourquoi on prendra part àun repas accompagné de pain, de viande et de vin. Ce repas aura lieu le jour même de Pourim, organisé habituellement après la prière de l’après-midi. Partager un repas avec des amis et de la famille réjouira le cœur de chacun. 



On n’oubliera pas à la fin du repas de réciter le ‘Veal Hanissim ‘ dans le Birkat Hamazon. 

Pourim avec Tsidkat-Eliaou

Chaque juif à Jérusalem doit pouvoir fêter Pourim dans la joie ! 

TSIDKAT-ELIAOU intervient à Jérusalem au quotidien, auprès des plus démunis, en leur apportant une aide alimentaire, vestimentaire et financière (bons d’achat). Ils ont un besoin vital de notre aide, de VOTRE AIDE. 



Nos efforts se portent vers les familles nécessiteuses qui voudraient aussi pouvoir célébrer cette magnifique fête en effectuant les mitzvot inhérentes à Pourim : Michloah Manot, le Michté  (repas de Pourim), Matanot laévionim (Tsédaka), la lecture de la Méguila. Malheureusement cela représente un certain budget. Et comment y parvenir lorsque l’on éprouve déjà de grandes difficultés financières au quotidien : chômage, petits salaires, maladie, précarité… Les raisons sont nombreuses mais le résultat est toujours le même : l’impossibilité de faire face aux dépenses les plus élémentaires du quotidien ! Soutenons ces familles et leurs enfants à l’occasion de Pourim ! 
 
Adressez-nous vos dons «MATANOT LAÉVIONIM» et permettez ainsi aux plus nécessiteux à Jérusalem d’accomplir les mitsvot de Matanot Laévionim, Michloah Manot, et le « Michté » de Pourim dans la joie !

Faire un don


Tous les donateurs seront bénis בס"ד  le jour de Pourim à l’ouverture de l’ARCHE SAINTE, avant la lecture de la Torah dans la synagogue BABA SALE, OHR YAACOV VEISRAEL de Jérusalem. Ce haut lieu de prière porte le nom de nos grands et saints vénérés RABBI YAACOV ABIH’SIRRA zatsal et RABBI ISRAEL ABIH’SIRRA « SIDNA BABA SALE » zatsal.  Avec la certitude que grâce à leur ZEKHOUT (mérites), il vous sera accordé toutes les faveurs célestes, pour une année illuminée de joie, de bonheur et de prospérité ! AMEN 




Nous vous remercions vivement pour votre précieux soutien auprès de ces familles et surtout pour leurs enfants !

Que votre générosité vous apporte ainsi qu'à vos proches de nombreuses bénédictions.

תזכו למצוות


Cet article est soumis aux lois du Copyright.
Partagez avec vos amis :