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Parachat TSAV - Chabbat Hagadol


Quel est le sujet de la Paracha Tsav ?

Hachem demande à Moché Rabbénou d'ordonner, en son nom, à Aharon et à ses fils, les lois à suivre scrupuleusement pendant leur service dans le Michkan. Ainsi, le feu doit brûler sans interruption sur l'autel, sur lequel doivent être présentés et consumés les différents sacrifices, mais également la fleur de farine et l'huile. La Sidra nous enseigne quels sont les restes ou les viandes des sacrifices qui pourront être mangés par les Cohanim, ou les personnes qui apportent les sacrifices ainsi que le lieu de leur consommation. Le récit s'achève par la consécration d'Aharon et de ses fils qui seront oints par Moché Rabbénou avec de l’huile d’onction mélangée à un peu de sang provenant des premiers sacrifices offerts par les Cohanim. À noter que durant cette inauguration de sept jours, les Cohanim ne quittent pas le Michkan. 

TSAV - CHABBATH HAGADOL : LE RAPPORT AUX QUATRE FILS DE LA HAGGADA

« Ordonne à Aharon et à ses fils ce qui suit: 'Voici la loi de l'holocauste... » (Vayiqra 6, 2).

Rachi précise que le mot 'ordonne', 'Tsav' insinue toujours une invitation à agir avec énergie et rapidité, un zirouz...  Rachi complète son explication en disant que l'acte doit être accompli immédiatement (miyad) et pour les générations (ouledorot); et Rachi ajoute: Rabbi Chimon a dit que cette injonction à agir rapidement et énergiquement est particulièrement nécessaire lorsque l'homme se trouve devant un problème pouvant entraîner une perte matérielle. Comme, d'autre part, tout ce chapitre se situe dans le contexte de l'offrande d'un sacrifice, on peut dire, en résumé, que nos Sages dégagent quatre thèmes essentiels :

  1. Pour être valide, l'acte doit être continu à travers les générations (lédorot)
  2. L'intérêt matériel peut représenter un obstacle majeur à la réalisation du devoir ('hissaron kiss)
  3. La nécessité d'une action immédiate (miyad)
  4. L'offrande du sacrifice.

Vus sous cet angle, ces quatre enseignements constituent des réponses aux questions des quatre fils dont parle la Haggada:

1)  Le 'Hakham, le sage, veut accomplir intégralement l'ensemble des prescriptions de la Torah mais il sait qu'il est extrêmement difficile de maintenir constamment l'intensité de son engagement. On lui répond alors : « On ne prend pas de dessert après avoir consommé l'agneau pascal » ; c'est-à-dire que le goût de la mitsva doit se conserver toute la nuit. Par exemple, nous récitons la même téfila trois fois par jour, mais notre ferveur ne doit pas se dissiper pour autant. C'est le maintien de notre ardeur dans notre avodat Hachem que nous devons viser pour toutes les générations (lédorot).

2)  le Racha, le méchant, affirme être sincère mais il a, tout simplement, des idées qui ne coïncident pas avec celles de la Torah. On lui répondra que ses prises de position ne sont, en fait, qu'un alignement sur des intérêts matériels et que ces considérations prennent le pas sur toutes les autres. « Agace-lui les dents » recommande la Haggada pour nous dissuader d'entrer dans son argumentation. Il faut seulement lui montrer qu'il n'est que le jouet de ses passions et de ses intérêts personnels ('hissaron kiss).

3) le Tam, le simple, consent par principe à observer les mitsvot mais il n'arrive pas à passer à l'action. C'est l'homme qui dira: «Je suis prêt à pratiquer telle ou telle mitsva mais je commencerai demain ». C'est à lui que l'on répondra: «D. nous a fait sortir d'Egypte d'une main forte» pour nous montrer qu'une action valable ne peut être exécutée qu'avec énergie et rapidité (miyad).

4) À  celui qui ne sait pas poser de questions, on dira: « C'est pour cela (zé) que D. a accompli pour moi... » dit la Haggada. Par ce zé on désigne l'offrande de l'agneau pascal, animal vénéré par les Egyptiens, que les Juifs ont offert à D. dans un esprit de sacrifice total. C'est pour cela qu'un petit enfant commence à étudier la Torah par le 'houmach Vayikra : « Que viennent ceux qui sont purs (les petits enfants) et qu'ils s'occupent de choses pures (l'étude des sacrifices) » ont dit nos Sages. 

Cela peut nous sembler étrange car l'étude du Livre Vayikra est très ardue et quasiment incompréhensible pour les tous jeunes élèves. Peut-être veut-on par là leur inculquer, dès le début de leur éducation, la notion de sacrifice: « Lorsqu'un homme offrira un sacrifice de vous (de lui-même) » (Vayikra 1, 2): l'homme doit offrir quelque chose de lui-même à D. 

En français, le terme "sacrifice" traduit bien cette idée. C'est un concept avec lequel l'enfant doit se familiariser très tôt car ce principe est à la base de la conduite de tout Juif. L'enfant doit savoir, dès son plus jeune âge, renoncer à certains moments de jeux pour s'adonner à l'étude de la Torah. Il faudra qu'il apprenne à se priver d'un gâteau qu'il aime parce qu'il n'est peut-être pas casher. Plus tard, lorsqu'il sera adolescent, il devra s'abstenir de certains plaisirs défendus. Il affrontera des difficultés dans ses études, dans sa carrière pour rester fidèle aux prescriptions de la Torah. Si nous imprégnons l'enfant de cet état d'esprit lorsqu'il n'a même pas encore atteint « l'âge de questionner », nous construirons sa personnalité d'homme «fort », capable de sacrifier son «égo» et de soumettre ses désirs à la volonté divine.

C'est en accompagnant nos mitsvot de ces quatre qualités: la persévérance, le désintéressement, le zèle et l'abnégation, que nous pouvons espérer les accomplir comme D. nous le demande et servir d'exemple aux quatre sortes de fils dont parle la Torah.

LUTTER CONTRE L'ACCOUTUMANCE

« Ordonne [tsav] à Aharon et à ses fils... » (6,2)

Rachi explique le mot tsav comme un terme incitant au zèle, à l'empressement et, ceci, pour toutes les générations.  Quel est le rapport entre le zèle et l'obligation pour les générations ? C'est que, explique le'Hatam Sofer, lorsqu'une mitsva se répète (à travers les générations), l'empressement nécessaire a tendance à s'atténuer. Le temps et l'habitude érodent l'enthousiasme. C'est pour prévenir ce relâchement que le verset emploie le terme de tsav.

Ce rappel peut également concerner l'idée du Chabbat hagadol. En effet, à l'origine, le Chabbat est célébré pour témoigner que D. est le Créateur du monde, « zékher le ma'assé beréchit ». Or, même à cette notion-là, l'homme a tendance à s'habituer et à ne plus s'en émerveiller. Le Saint béni soit-Il nous a donc offert la possibilité de donner un nouvel éclat à notre conception du Chabbat en le reliant à la Sortie d'Egypte « zékher liyetsiyat Mitsraïm ». Les miracles de la Sortie d'Egypte ont eu pour but de prouver non seulement que D. avait créé le monde mais qu'Il en est resté le Maître absolu. 

La continuité de Sa providence, c'est cela l'enseignement que Chabbat hagadol, ce Chabbat précédant la libération, est venu nous apporter. En parallèle, notre célébration du Chabbat doit donc s'accompagner d'une conscience sans cesse renouvelée de l'intervention divine ininterrompue dans le monde. Il en est ainsi de toutes les mitsvot. Le Juif doit veiller à ne pas tomber dans le piège de « mitsvot anachim méloumada» qui consiste à accomplir les commandements divins sans enthousiasme, par la force de l'habitude. L'injonction « tsav - lachone zirouz» du début de la paracha nous rappelle qu'une avodat Hachem ne peut être valable que si elle est accomplie avec une ferveur et une ardeur sans cesse ravivées. « Et ce seront les paroles que Je t'ai ordonnées aujourd'hui » dit-on dans le premier paragraphe du Chéma. Nos Sages expliquent : « Considère qu'elles t'ont réellement été adressées aujourd'hui ».

LE SACRIFICE DE RECONNAISSANCE

« S'il apporte [son sacrifice] à titre de reconnaissance » (7, 12).

On doit offrir un qorban toda, un sacrifice de reconnaissance, dans quatre cas : si on a traversé la mer, si on a traversé le désert, si on est sorti de prison et si on s'est rétabli d'une grave maladie. Et de façon générale, dit Rachi, pour tout miracle accompli en notre faveur. En fait, nous remercions D. de nous avoir sauvés d'une épreuve... Qu'Il nous a Lui-même envoyée! Notre élan de gratitude envers le Tout-Puissant - malgré les moments difficiles - prouve notre compréhension que cette vicissitude devait soit expier nos fautes, soit nous permettre de nous élever. Bref, que tout était pour le bien. 

C'est pour cette raison, dit le Sefat Emét, que le qorban toda comprenait aussi du 'hamets, chose inhabituelle pour un sacrifice. La présence du 'hamets insinue que nous devons témoigner notre reconnaissance à D. tant pour les épreuves que pour la délivrance.

Le Chabbat hagadol, les Enfants d'Israël ont dû observer la première mitsva que D. leur avait ordonnée: prendre un agneau en vue du sacrifice, mitsva qui leur demandait beaucoup de courage et de conviction car l'agneau était l'idole de l'Égypte. Or, ce commandement venait après deux cent dix ans de terribles épreuves. Ils auraient pu avoir des griefs contre D., 'hass véchalom, pour cet esclavage. 

Mais le peuple d'Israël a reconnu l'ensemble du projet divin et a accompli la mitsva sans arrières pensées. Tous ont compris que le Saint béni soit-Il ne programmait le Mal que pour parvenir au Bien. Par sa reconnaissance, Israël a grandi le Nom de D. sur terre. Comme nous le disons dans Aleinou à la fin de la téfila, « C'est à nous de louer le Souverain de toutes choses, latèt guédoula léyotser béréchit - de proclamer la grandeur de l'Auteur de la Création ». 

Chabbat hagadol s'intitule ainsi, expliquent certains commentateurs car la grandeur de D., en tant que Maître du Bien et du Mal a été reconnue sur la terre grâce à l'acte de foi des Enfants d'Israël.

SE SENTIR INCOMPLET

« Une offrande quotidienne, une moitié le matin et une moitié le soir » (6, 13).

Pourquoi devait-on offrir la moitié de l'offrande le matin et l'autre moitié le soir alors que notre avodat Hachem doit tendre à être la plus complète, la plus parfaite possible ? En réalité, notre avoda ne peut-être complète que si nous la considérons foncièrement incomplète et sentons que nous avons besoin de l'aide du Saint béni soit-Il dans tous les domaines, même dans notre progression morale. L'homme doit reconnaître, dès le départ, qu'avec tous les efforts qu'il fournit, il ne peut accéder à une quelconque réalisation spirituelle sans l'intervention du Tout-Puissant.

En second lieu, le Juif doit toujours s'estimer à mi-chemin de l'objectif qu'il s'est fixé et ne jamais penser qu'il a atteint le sommet.  C'est dans le même esprit que chacun devait remettre un demi sicle, ma'hatsit hashékel au Temple, une fois par an. Aucun individu ne devait croire son offrande suffisante ni qu'elle représentait une entité à elle seule. De même, les mesures du Aron haédout, de l'Arche sainte, représentent l'homme qui se voue à l'étude de la Torah et étaient des demi-mesures : « deux coudées et demie de longueur, une coudée et demie de largeur et une coudée et demie de hauteur ». D'ailleurs, une telle personne est appelée Talmid 'Hakham - l'élève d'un sage car sa qualité provient du fait qu'il estime devoir sans cesse continuer à apprendre. C'est également dans ce sens que le Min'hat 'ani explique la répétition Paqod yifqod Eloqim éthkhèm (D. se souviendra de vous) dans la promesse de délivrance que Yossef avait transmise à ses frères (cette expression est d'importance car c'est grâce à elle que Moché a été, par la suite, reconnu comme l'envoyé de D.). 

En effet, la racine paqod signifie, en hébreu, à la fois 'se souvenir', 'prendre en considération' (VaHachem paqad et Sarah, D. se souvint de Sarah) et aussi 'manquer' (vayipaqèd mekom David, la place de David manquait). Pour mériter que le Tout-puissant se souvienne d'eux et prenne leur délivrance en considération, les Enfants d'Israël devaient ressentir un manque, un besoin de combler un vide spirituel. Ceux d'entre eux qui se sentaient bien, enfoncés comme ils l'étaient dans l'impureté de la civilisation égyptienne, ne sont pas sortis. Ils ont disparu pendant la plaie des ténèbres. C'est seulement dans la mesure où nous sommes conscients de devoir nous parfaire dans notre avodat Hachem et où nous ne nous suffisons pas de notre état que D. nous aidera à réaliser notre but sur terre et à mériter la guéoula.


Rav Guerchon, Imrei Cohen


LE VENDREDI, VEILLE DE CHABBAT

Il convient de se préparer chaque jour de la semaine au Chabbat à venir. Cependant, la partie principale de cette préparation doit se faire le vendredi, comme il est dit : « Le sixième jour, ils prépareront ce qu’ils auront apporté » (Ex 16, 5).  De la même façon que les enfants d’Israël dans le désert se nourrissaient de la manne, qui tombait pendant la nuit, et que, dès le matin du sixième jour, ils sortaient la recueillir, de même est-ce une mitsva de s’empresser de préparer le nécessaire au Chabbat, le vendredi matin (Choul’han ‘Aroukh, Ora’h ‘Haïm 250, 1).  C’est une bonne habitude pour les femmes de se lever tôt, le vendredi matin, et de cuire des pains (‘halot) en l’honneur du Chabbat, en procédant au prélèvement sur la pâte (‘hala) (Rama 242, 1). Cependant, s’il est plus commode de réaliser une grande partie des préparations le jeudi, cela ne pose aucun problème. Il est très important de recevoir le Chabbat de façon sereine et dans la joie, et non ‘hass vechalom dans la tension, le stress et les disputes.


D’après le Midrach, Pniné  Halakha


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Paru au Journal Officiel du 01/1990

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