Moussar

Comment acquérir l'arme de la victoire ?

Rav Houna rapporte au nom de Rav Binyamin fils de Lévi : « Voici une parabole : Un roi dit un jour à son fils : « Va au loin faire du commerce ». Celui-ci lui répondit : « J’ai peur des brigands et des pirates ». Que fit le père ? Il prit un bâton, le creusa, y introduisit une amulette et dit à son fils : « Prends ce bâton avec toi et n'aie crainte d'aucune créature ». Ainsi le Saint béni soit-il dit à Israël : « Etudiez consciencieusement la Torah et vous n'aurez peur d’aucune nation ». Midrach Rabba (Kedochim, 25,1).


Josué la bataille de Jéricho« Josué, se trouvant devant Jéricho, leva les yeux et vit un homme debout en face de lui. Josué lui dit : "Es-tu des nôtres ou un de nos ennemis ?" » Nullement, répondit-il, je suis le chef de l'armée de D.ieu, maintenant je suis venu ». (Josué, 5,13-14). Nos Sages expliquent: « Josué demanda à l’ange s'il était venu parce que le sacrifice quotidien n'avait pas été offert la veille, ou qu'il y avait eu une négligence dans l'étude de la Torah ce soir-là. L' ange répondit : « Maintenant je suis venu », en raison d’une négligence dans l’étude de la Torah ce soir. C’est pourquoi : « Josué alla cette nuit même, dans la vallée (emek) » (Josué, 8,13). Il consacra cette nuit à étudier les profondeurs (oumka) de la loi. (Meguila,3). C’est donc que, même pendant la guerre, sur le front, on ne doit pas délaisser l’étude de la sainte Torah.

Rachi explique le dernier verset du second Psaume : Nachkou bar par zirzou,« armez-vous d'un cœur pur », Rachi  comprend que le mot nachkou correspond à nechek, arme. En effet, le terme qu'il emploie dans son explication, zirzou, est celui qu’utilise Onkelos pour traduire : « Il arma ses fidèles » (Genèse  14,14), vezariz. Nous apprenons donc qu'un cœur pur est une arme puissante. Dans Le Sentier de rectitude, il est rapporté que le roi David priait : « Je poursuivrai mes ennemis, les exterminerai et sans relâche les détruirai » (Psaumes 18,38).  

Ni Ezéchias, ni Josaphat, ni Assa n'ont formulé une telle demande : Leur cœur n'était pas entièrement pur et il est impossible de demander l'extermination de ses ennemis sans être entièrement pur soi-même. « Je me laverai les mains pour qu'elles soient pures, c’est alors que je ferai le tour de Ton autel » (Psaumes 26,6),

L’intégrité est la préparation à la prière et à la guerre, alors seulement,  « D.ieu  combattra pour vous,  et vous, gardez le silence». (Exode 14,14). « Lorsque tu partiras en guerre contre tes ennemis, Hachem ton D.ieu te le livrera » (Deutéronome 21,10) . La question s’impose alors : « Tes ennemis » est un pluriel, pourquoi le verset se termine-t-il donc par « te le livrera », au singulier ? C’est que, pour partir en guerre, il faut d’abord vaincre son ennemi intérieur, personnel, le mauvais penchant. Il y a donc deux ennemis. De même, en ce qui concerne la victoire, il est dit : « D.ieu te le livrera », il s’agit de l’ennemi intérieur, personnel. C’est alors que, « tu feras des prisonniers » et tu vaincras l’ennemi du dehors.

La seule façon de partir en guerre, que ce soit contre l'ennemi du dedans ou du dehors, c’est d’étudier consciencieusement la Torah. C’est alors que « vous n'aurez peur d'aucune nation ». L'armée, qui intervient par des moyens naturels, est bien entendu nécessaire. Néanmoins la préparation essentielle reste toujours pour le peuple juif ce que nous enseigne le verset : « Josué alla cette nuit même, dans la vallée », il consacra la nuit à étudier les profondeurs de la loi.

(adapté à partir de Pirké Guéoula)

 

Partagez avec vos amis :