HaTsadik Rabbi Chalom Messas zatsal : Du Royaume chérifien à Jérusalem, un parcours d'exception

Rabbi Chalom Messas zatsal fut l'un des derniers grands piliers du judaïsme marocain, un sage dont la stature rappelait les maîtres d'autrefois, lorsque la Torah se transmettait dans les Batei Midrash (maisons d'études) baignés de ferveur, de belles mélodies et de crainte du Ciel. Ce grand Tsadik possédait une rigueur halakhique, une ouverture d'esprit, la douceur séfarade et la noblesse discrète propre aux rabbins du Maroc. C'était un homme de dialogue, de paix et profondément attaché aux préceptes de la Torah.
Issu d'une lignée de rabbins réputés, notamment du rabbin Raphaël Berdugo, Rabbi Chalom Messas naquit en 1909 à Meknès, une ville réputée pour la profondeur de son érudition et la grandeur de ses institutions rabbiniques. Très jeune, Rabbi Chalom révéla des capacités intellectuelles hors du commun. Son esprit vif, allié à une mémoire remarquable, lui permit d'assimiler avec une facilité déconcertante le Talmud, la Halakha et les enseignements des décisionnaires séfarades classiques. Mais au-delà du génie, c'est surtout sa soif de vérité et sa crainte du Ciel qui marquèrent ses maîtres.
À l'âge de 14 ans, il obtint son « certificat d'études » et son père – Rabbi Mimoun Messas zatsal – reçut une proposition de travail émanant d'une banque à l'attention du jeune Chalom. Son père refusa cette offre généreuse pour que son fils puisse se consacrer à l'étude de la Torah et l'envoya approfondir ses connaissances auprès du Rav Its'hak Sebbag… Il lui resta reconnaissant toute sa vie d'avoir refusé cette offre. C'est ainsi qu'adolescent, Rabbi Chalom rédigea ses premiers écrits sur la Halakha et certains passages du Talmud, puis, de 17 à 25 ans, il écrivit Mizrah Chémesh, commentaire sur le Choul’han Aroukh, qui fait encore référence dans le monde rabbinique. Il créa alors la fondation Dovevé Siftei Yashénim dans le but de regrouper, d'annoter et de publier d'anciens manuscrits de grands rabbanim afin que leurs enseignements perdurent. Il se maria avec la fille de Rabbi Moché Elkrief zatsal et dut rapidement trouver un travail. En effet, Il ne pouvait plus dépendre financièrement de son père mais voulait, autant qu'il le pouvait, se consacrer à l'étude de la Torah.
En 1931, il devint directeur de l'école juive Talmud Torah de Meknès qui compta jusqu'à 2000 étudiants. Il fonda aussi la Yéshiva Kéter Torah qui formera de nombreux rabbanim. Il écrivit de nombreux commentaires sur le code de lois de Maïmonide qu'il compila dans un ouvrage nommé Beit Chémesh.
En 1949, il fut nommé juge au sein du Tribunal rabbinique de Casablanca. Quelques années plus tard, il devint Grand Rabbin de la ville, puis fut nommé Grand Rabbin du Maroc, un poste qu’il occupa jusqu'en 1978. Durant ces années, le judaïsme marocain se développa significativement tant au niveau des lieux de culte que des maisons d'étude de la Torah, marquant ainsi une grande intensité de la vie juive dans les cœurs et les esprits. Le Rav jouissait d’une grande popularité, car il portait un amour sincère à chaque membre de la communauté juive, et celle-ci lui témoignait sa gratitude à chaque occasion. Durant ces années, le prince Hassan se rendait chaque année à la synagogue de Casablanca, lors de l'office de Yom Kippour, pour y être béni par le Rav Chalom Messas et entendre la bénédiction prononcée en faveur du Royaume chérifien. Devenu le roi Hassan II, il perpétua cette tradition en recevant le Rav Chalom Messas une fois par an au palais royal pour être béni.
Sur la photo : Rabbi Baroukh Tolédano (à gauche), Rabbi Raphaël Baroukh Tolédano (au centre) et Rabbi Chalom Messas (à droite). Une photo exceptionnelle de 1949 prise lors de l'inauguration de la synagogue Ohel Moché à Meknès.
Grand Rabbin de Jérusalem pendant 26 ans
C'est en 1978 qu'il est élu Grand Rabbin séfarade de Jérusalem et quitte le Maroc pour s'installer en Erets Israël. Se remémorant ce départ, voici un passage de l'introduction que le Tsadik écrivit dans son ouvrage Tévouot Chémesh O.H. : « Tous pleuraient à la porte de leur maison, lors de mon départ. Des repas d'adieu furent organisés dans toute la ville, par des particuliers et par les institutions communautaires à Casablanca et dans les autres villes du Maroc. Les gens du pouvoir, jusqu'au frère du Roi, m'invitèrent en leur demeure pour me féliciter. »
Puis d'ajouter : « J'ai compris que D.ieu était avec moi et me soutenait, que l'heure était arrivée pour moi de monter en Terre sainte sans difficulté. J'ai accepté Sa volonté avec joie. »
Le Tsadik entretint d'excellents rapports aussi bien avec les grands rabbins d'Israël ashkénazes et séfarades qu'avec les Roché Yeshiva et décisionnaires halakhiques : Rav Meir Lau, Rav Bakchi Doron, Rav Ovadia Yossef, Rav Elyashiv, Rav Shakh, Sidna Baba Salé, Rav Mordekhaï Eliahou, Rav Chlomo Amar, Rav Yossef Tolédano… Certains politiques venaient lui rendre visite comme les présidents de l'État d'Israël Haïm Herzog ou encore Moché Katsav.
Rabbi Chalom Messas se distingua par une approche équilibrée de la loi juive : une fidélité absolue à la tradition, accompagnée d'une profonde compréhension des réalités humaines. Il concevait la Halakha comme une sagesse vivante, destinée à éclairer l'homme dans sa complexité. Cette vision fit de lui un Possek (décisionnaire) recherché, consulté dans le monde séfarade et même au-delà. Il était particulièrement sensible aux cas sur le statut personnel qui sont généralement assez délicats et y consacrait beaucoup de temps et d'énergie pour les résoudre le plus rapidement possible.
Le Rav Mordekhaï Eliahou zatsal, ancien Grand Rabbin d'Israël, raconta qu'un jour un dossier sensible d'un point de vue halakhique concernant le statut personnel d'une femme lui avait été confié. Après avoir étudié cette situation et trouvé une solution, il écrivit : « Cette autorisation est valable à la condition que le Rav Chalom Messas y souscrive ». Ce texte fut envoyé par le directeur du Tribunal rabbinique chez le Rav Chalom Messas vers 20 heures. Le lendemain à 5 heures du matin, il reçut un appel du Rav qui lui mentionnait qu'il approuvait la décision du Rav Mordékhaï Eliahou et qu'il recevrait une confirmation écrite. Le directeur fut étonné : « Mais vous n'avez pas dormi ? » Le Rav Chalom Messas lui répondit : « Comment voulez-vous que je dorme quand une femme souffre de ne pas pouvoir se marier et que son statut dépend de mon travail ? »
Son action à Jérusalem pendant 26 ans fut reconnue par tous les guédolim de la Torah, toutes tendances confondues, et il était respecté et aimé de tous, que ce soit à Jérusalem, dans tout Israël et en diaspora (France, etc.).
Lorsque le Rav Nissim Amsselem, rencontrait le Rav Chalom Messas, ils s’asseyaient ensemble pour parler de Torah, mais prenaient aussi des nouvelles l’un de l’autre et s’appréciaient beaucoup.
Les ouvrages de Rabbi Chalom Messas
Mizrah Chémesh : publié en 1961, commentaires sur le Choul'han Aroukh.
Tévouot Chémesh : Quatre volumes de Responsa sur le Choul'han Aroukh.
Chémesh Oumaguen : Trois volumes sur des sujets de Halakha concernant des questions nouvelles ou plus anciennes.
Beit Chémesh et Véham HaChémesh : commentaires sur le Talmud et Maïmonide.
Les livres du Tsadik comportent toujours le mot Chémesh, formé en hébreu des lettres Chin ש, Mem מ et Chin ש. Ce sont également les consonnes du nom MESSAS. Au-delà d'une simple signature de ses ouvrages, cette référence au soleil revêtait pour lui une signification profonde : de même que le soleil illumine le monde, l'enseignement de la sainte Torah apporte une lumière spirituelle dans le monde dans lequel chacun de nous vit.
Outre ses propres ouvrages, ses responsa, il s'est consacré dès sa jeunesse à une activité essentielle : trouver et rassembler de très anciens écrits et manuscrits, qu'il publiait ensuite sous forme de livres. Il recherchait également d'anciens ouvrages épuisés afin de les rééditer et permettre ainsi aux enseignements qu'ils renfermaient de perdurer ! Parmi ses nombreuses publications figurent notamment des œuvres de Rabbi Raphaël Berdugo, de Rabbi Yossef Berdugo, de Rabbi Binyamin Elkrief… Cette mission de sauvegarde du patrimoine rabbinique marocain l'anima tout au long de sa vie !
L'importance de la transmission
Le fils du Tsadik, Rabbi David Messas zatsal, fut Grand Rabbin de Genève, directeur de l'école Maïmonide à Boulogne-Billancourt (92), puis Grand Rabbin de Paris. Son frère, Albert Messas zatsal, dirigea la communauté juive de La Varenne-Saint-Hilaire en région parisienne pendant plus de trois décennies. Notons également que le Rav Chalom Messas était un fin connaisseur de la liturgie juive marocaine, qu'il maîtrisait parfaitement et qu'il transmit à ses enfants. Beaucoup d'entre eux sont devenus de grands Paytanim et Hazzanim, en parallèle de leurs activités professionnelles, comme Joël Messas, Daniel Messas, Nathan Messas... Le petit-fils du Tsadik, et fils de Rabbi David Messas zatsal, Rabbi Ariel Messas chalita, est aujourd'hui rabbin de la synagogue Maguen David - Ahavat Shalom à Paris (16e).
Zékher Tsadik Livrakha
Le Chabbat Hagadol 10 Nissan 5763 (2003), à l'âge de 94 ans, Hatsadik Hagaon Rav Chalom Messas zatsal quitta ce monde pour rejoindre le monde de vérité, paisiblement dans sa maison de Jérusalem. Lors de sa Lévaya, un cortège impressionnant se forma dans les rues de Jérusalem, de la Yéchiva Porat Yossef jusqu'au cimetière de Guivat Chaoul. De nombreux grands rabbanim étaient présents et voulurent apporter un hommage vibrant au Tsadik, ainsi que le jour de la commémoration des Chlochim :
-Les anciens Grands Rabbins d'Israël : Rav Ovadia Yossef, Rav Mordékhaï Eliahou, Rav Méir Lau, Rav Chlomo Amar et Rav Bakchi Doron ;
-Baba Baroukh (fils de Sidna Baba Salé), Rav Eliahou Abergel, Rav Abraham Hafouta, Rav Moché Tsadka, Rav Yossef Tolédano, Rav David Chlouch, Rav Chmouel Eliahou, etc.
Les Chlochim furent aussi célébrés à Paris, dans la grande synagogue des Tournelles. Autour du Rav David Messas zatsal étaient présents, entre autres, les Grands Rabbins de France Rav Yossef Haïm Sitruk et le Rav René Samuel Sirat, le Grand Rabbin Gugenheim, le Rav Edelman, le Grand Rabbin Roger Touitou.
Par la suite, certains de ses fils ont créé l'association Keter Chalom, une institution d'étude de la Torah (Kollel) située à Jérusalem, dédiée à la mémoire et aux enseignements de Rabbi Chalom Messas, ainsi que l'organisation d'un prix récompensant une étude sur son œuvre et la réédition de ses livres. Pour ce faire, l'édifice où le Tsadik habitait à Jérusalem a été transformé. Quant à son petit-fils, Rabbi Ariel Messas Chalita, il dirige la synagogue Maguen David - Ahavat Chalom à Paris (16e) qui porte ainsi le nom de son grand-père et de son père.
Beaucoup de discours ont été prononcés en la mémoire du Tsadik sur sa grandeur en Torah, son amour du Am Israël et d'Erets Israël, la profondeur de ses enseignements, ses décisions en tant que Possek et expert de la Halakha. Mais revenons sur les propos d’une des personnes qui était le plus proche du Tsadik : son fils Rabbi David Messas. Lors des Chlochim, il a relaté la teneur d'une discussion qu'ils avaient eue et qui a été à la base de toutes ses actions. « Il me répétait souvent : "Que tes actes soient faits au nom de D.ieu". Il me disait : "Mon fils, pense un instant avant d'agir; agis-tu au nom de D.ieu ou dans ton intérêt ? Si tu es sûr que tu as agi au nom de D.ieu, tes ennemis deviendront tes amis, car ils sauront que tu as agi de la sorte par conviction et non par intérêt." »
Que ses mérites nous protègent !
Comme le « soleil » qu'évoque son nom, puisse l'enseignement du Rav Chalom Messas zatsal continuer d'illuminer notre chemin et d'éclairer les cœurs de tous ceux qui étudient la Torah, jusqu'à la venue du Machia'h, bimhéra béyaménou, Amen !
PS : Les sources et autres informations sont issues du livre publié par le Rav Ariel Messas Chalita : ‘‘Rabbi Chalom Messas – Grand Rabbi du Maroc – Grand Rabbin de Jérusalem’’.
Tsidkat-Eliaou marquera ce jour par une journée d’étude au Kollel Chaaré Nissim situé dans la synagogue Baba Salé - Chaaré Nissim de Jérusalem.
À l'occasion de la Hiloula de ce grand Tsadik, Tsidkat-Eliaou vous invite à allumer une veilleuse, à sa sainte mémoire, à lire quelques psaumes de Téhilim (si possible ) et à prier pour le Am Israël !
Puis, récitez la formule ci-après :
Zékhouto taguen alénou véal kol Israël, Amen.
Le Tsadik priera pour vous.

Vous pouvez également associer vos prières à la noble et grande mitsva de la Tsédaka et nos Rabbanim vous bénirons dans la synagogue Baba Salé - Chaaré Nissim de Jérusalem.
ENVOYEZ-NOUS VITE VOS DEMANDES DE BÉRAKHOT

Prochaines dates de la Hiloula du Tsadik Rabbi Chalom Messas zatsal
2026 ► 28 mars
2027 ► 17 avril

PESSA'H 2026

Comment se préparer à passer un Pessa'h cachère dans la joie
Nous entamons la préparation de l'une des fêtes les plus importantes du calendrier juif : Pessa'h !
C'est pourquoi, Tsidkat-Eliaou a le plaisir de vous offrir une magnifique brochure illustrée de 64 pages, l'ABC de Pessa'h ! Un guide pratique, pour vous préparer, et vous accompagner, durant les huit jours de cette merveilleuse fête de la libération des hébreux en route pour recevoir la Torah : mitzvot, Séder, prières, lois, recettes, etc., tout ce dont vous avez besoin pour vivre pleinement un Pessah cachère Vésaméah !
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Association pour la Torah, l’Enseignement et les Mitsvot |
Paru au Journal Officiel du 01/1990
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