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Parachat BÉHA'ALOTÉKHA : Ménorah, Pessah chéni et la Manne



QUELS SONT LES SUJETS ABORDÉS DANS LA PARACHA BÉHA'ALOTÉKHA ?

Les sept lampes du chandelier éclaireront le sanctuaire du soir au matin, telle est la première ordonnance de notre Sidra, les lévites prendront leur service à partir de l'âge de 25 ans pour cesser leur fonction à l'âge de 50 ans.

C'est ensuite le récit de ta célébration de la fêle de Pessah  et l'institution du "second Pessah" (Pessah Chéni), fixé au quatorzième jour du mois d'Iyar pour tous ceux que leur état d'impureté a empêché de participer à la première. La nuée, pendant le jour, et le feu pendant la nuit, guideront le peuple en marche et les deux trompettes d'argent donneront le signal du départ et de halte. Au vingtième jour du mois d'Iyar, le long cortège des fils d'Israël s'ébranle du désert de Sinaï pour rejoindre la frontière de la Terre Promise.

Un incident grave éclate à la suite d'une vague de mécontentement provoquée par la populace qui réclame de la viande fraîche malgré l'approvisionnement continuel assuré par la Manne quotidienne. Des cailles en nombre immense s'abattent autour du camp, mais en même temps, la sanction divine frappe sévèrement les meneurs d'une sourde intrigue. Et par surcroît de confusion, la personne même de Moïse se trouve mise en cause par des membres de sa propre famille. Myriam et Aaron au sujet de la « femme éthiopienne» mais aussitôt D. intervient, car Moché, objet de l'attaque, ne peut pas parler pour sa propre défense, et la lèpre atteint Myriam qui doit, pendant sept jours, se tenir à l'écart du camp. Cependant, le peuple attend sa guérison et aussitôt, reprend sa marche et campe dans le désert de Paran.

Source "La Torah commentée"

 



LE MESSAGE DE LA PARENTHÈSE

« Vayehi binesso'a aaron I et lorsque l'Arche se déplaçait... » (10, 35)

Ce verset, récité dans nos synagogues lorsque l'on sort la Torah du Aron Hakodech, est un passage d'une importance particulière qui s'insère difficilement dans le contexte. À tel point que, d'après certaines opinions, il constitue à lui seul l'un des Livres de la Loi. Ainsi, la Torah comporterait six livres au lieu de cinq. Dans le texte de la Torah, ce passage est placé entre deux Noun renversés qui forment une parenthèse. Rachi précise que ce passage se trouve à cet endroit pour marquer une interruption entre deux évènements malheureux (selon le Sifté 'hakhamim, il s'agit du départ du Mont Sinaï qu'Israël effectua avec soulagement comme un enfant qui s'enfuit de l'école et du triste épisode des contestataires avides de viande).

En réalité, toute l'histoire du peuple juif honni, abaissé, pourchassé, maltraité, assassiné, semble n'être qu'une suite ininterrompue d'évènements malheureux qui se succèdent depuis la Sortie d'Égypte. Israël serait-il marqué par ce destin inéluctable ? Sa route ne serait-elle jalonnée que d'exils et de persécutions ?  Rachi précise que la destinée du peuple juif n'est soumise à aucune fatalité: il est en notre pouvoir de nous écrier à chaque instant, comme Moché: « ... Lève-Toi, ô Hachem, et que tes ennemis se dispersent... » (10, 35). En d'autres termes, nous pouvons introduire pleinement D. dans notre existence et aussitôt le Tout-Puissant cessera de nous envoyer ces épreuves pénibles qui n'ont d'autre but que de nous remettre sur le droit chemin. « Tout dépend du Ciel, excepté la Crainte du Ciel » disent nos Sages: il est en notre pouvoir et de notre devoir de forger nous-mêmes notre destin.

Modifier notre destinée certes, nous le pouvons. Cependant, transformer du tout au tout le déroulement de notre histoire exige de nous un engagement total. C'est ce qui ressort d'un enseignement du 'Hatam Sofer sur la conversation de Moché avec son beau-père (10, 29). Moché a dit: « nous nous déplaçons (noss'im ana'hnou) vers l'endroit...» alors que Yitro lui a répondu: « Je n'irai (élékh) que vers mon pays... » Holekh désigne la marche hésitante de celui qui n'ose pas couper les ponts avec son passé; nossé'a signifie au contraire aller franchement de l'avant, avec une détermination sans faille. Dans un autre passage de la Torah, nous voyons Bilé'am s'avancer [avec réticence] et provoquer la colère divine (vayélekh... vaya'har af Elokim ki holekh hou) (Balak 22, 22) mais la spécificité d'Israël, c'est un engagement total comme précise le verset à propos d'Avraham: « halokh vénasso'a hanégba / il allait en se déplaçant [franchement] vers le Sud » (Béréchit 12, 9). De même, dans le désert, le peuple juif s'est constamment déplacé sous le signe de Vayiss'ou.


Cette adhésion sans restriction à la Torah est seule capable d'imprimer un tournant décisif à notre histoire. Le Panim yafot nous explique que le noun renversé (semblable à une parenthèse) correspond au noun absent dans les versets qui se succèdent selon l'ordre alphabétique de Achré parce qu'il désigne la Néfila, la chute. Par sa valeur numérique (50), le noun correspond aux cinquante degrés de spiritualité. Calligraphiée telle quelle, elle représente la première lettre du mot néfila, la chute vers les cinquante portes de l'impureté. Par contre, si le noun est renversé, il symbolise le contraire : la montée, l'ascension des cinquante degrés de quédoucha ! La décadence spirituelle n'est donc pas inéluctable!
Dans cette paracha, le noun est renversé pour bien nous montrer que si nous réagissons et que nous faisons l'effort de nous élever, nous parviendrons à "faire une interruption" entre les punitions qui nous accablent et nous mériterons enfin la guéoula chéléma !

LA MANNE ET LA VIANDE

« À leur tour, les Enfants d'Israël se mirent à pleurer et ils dirent: "Qui nous donnera de la viande à manger ?" » (11,4)

Pourquoi les Enfants d'Israël ont-ils réclamé de la viande alors qu'ils étaient à trois jours de leur entrée en Erets Israël où ils allaient, de toutes les façons, se nourrir de la récolte du pays ?

(voir Rachi chap. 10, y. 29 et 33).

De plus, si la manne pouvait avoir tous les goûts, n'avait-elle pas également celui de la viande ?

Certes, "l'amalgame d'étrangers" qui avaient rejoint le peuple d'Israël sans conviction réelle à sa sortie d'Égypte se languissait d'éprouver un sentiment de convoitise que la manne ne suscitait pas. Toutefois, la réclamation de la génération appelée dor dé'ah / la génération de la Connaissance qui avait atteint un niveau de connaissance spirituelle exceptionnelle, n'était pas une simple requête matérielle, explique le Chem miChemouel.

Comme on le sait, la manne n'est tombée pour la première fois que le quinze Iyar, un mois après la Sortie d'Egypte. Pourtant le verset dit que les Enfants d'Israël ont eu de la manne pendant quarante ans, jour pour jour (jusqu'au quinze nissan de la quarantième année) car les galettes qu'ils avaient emportées d'Égypte et dont ils se sont nourris pendant un mois avaient déjà le goût de la manne (Chémot 16, 35 Rachi).

Pour quelle raison avaient-elles le goût de la manne ? Demande le Chem miChmouel. Parce qu'il n'est pas bon de passer sans transition d'un extrême à l'autre: des produits de l'Egypte, pays de l'impureté, consommés sans bérakha, à la nourriture des anges. D. a donc fait passer les Enfants d'Israël par un stade intermédiaire en donnant à leurs galettes le goût de la manne.


Maintenant, le peuple d'Israël pensait entrer rapidement au pays de Canaan; le processus inverse, le passage de la manne aux aliments naturels, allait donc s'opérer sans tarder. Le produit de la Terre sainte ne serait, certes, pas comparable à celui de l'Egypte mais le peuple savait que dans tout élément naturel du monde la midat hadin est mélangée à la midat hara'hamim, la justice est alliée à la miséricorde divine. Il est dit, en effet, qu'à l'origine D. a voulut créer le monde avec l'attribut de justice seulement mais qu'Il y a associé celui de la miséricorde pour que l'univers puisse subsister (Rachi sur Beréchit 1, 1). Or la manne, qui était une nourriture surnaturelle, n'émanait que de la midat hara'hamim symbolisée par sa couleur blanche (Chémot 16, 31)

(Est-ce pour cela que la manne prenait tous les goûts sauf ceux des concombres, des melons, des poireaux, des oignons et de l'ail car ils sont nuisibles au lait des nourrices (Rachi 11, 5), le lait symbolisant la midat hara'hamim?)

Ainsi, pour se préparer à la nourriture terrestre, les Enfants d'Israël estimèrent qu'ils devaient déjà associer à la manne un aliment représentant la midat hadin: la viande à couleur rouge. C'est pour cela qu'ils ont demandé de la viande à ce moment. Ils exprimaient, en quelque sorte, leur volonté de s'acclimater à une hanehaga tiv'it, à l'intervention naturelle de D. qu'ils auraient sur leur terre après celle, surnaturelle, dont ils jouissaient dans le désert.

Là se situait leur erreur. Il n'est pas du domaine de l'homme d'associer le din au ra'hamim mais du domaine exclusif de D. (par exemple, on n'est pas autorisé de favoriser le pauvre dans un jugement). Il est interdit à l'homme de mélanger le lait et la viande; seuls les anges peuvent le faire car ils sont les messagers directs du Saint béni soit-Il, comme ce fut le cas pour Avraham: «Il prit du beurre, du lait et le veau qu'il avait préparé et il les mit devant eux» (Beréchit 18, 8). L'association de ces deux midot dépasse la condition humaine.

Les Enfants d'Israël auraient dû avoir confiance en D. S'Il avait jugé ce stade intermédiaire nécessaire, Il leur aurait fourni de la viande sans qu'ils n'aient à la réclamer. Ce manque de foi qu'ils montrèrent dans leur raisonnement et dans leur volonté d'anticiper les choses fut considéré, à leur niveau, comme une faute. Malheureusement, ce fléchissement spirituel fit qu'ils se laissèrent entraîner par les revendications des étrangers et subirent le courroux divin!

D. n'a pas besoin de notre ingérence; notre seul rôle consiste à nous parfaire moralement et à Lui faire confiance pour mériter la récompense qu'Il nous a promise bimehéra béyaménou!


LA MEDISANCE DE MYRIAM

« Myriam et Aharon ont parlé de Moché à propos de la femme "noire" (belle) qu'il avait prise car il avait épousé une femme noire et ils dirent: "Est-ce seulement et uniquement à Moché que l'Et. a parlé ? Ne nous a-t-il pas parlé à nous aussi ?(12, 1-2)

Comment comprendre que de grands tsadiqim comme Myriam et Aharon aient pu dire du mal de leur frère, Moché rabbénou? Il est évident que leur intention était pure. Le midrach nous éclaire sur le motif de leur conduite. Le 'Hokhma 'im nakhala explique ce verset à partir du commentaire de Rachi :     

Ayant appris fortuitement que Moché vivait séparé de sa femme (Rachi 12, 1), Myriam pensa qu'il ne pourrait pas remplir son rôle de chef et d'exemple s'il adoptait un mode de vie trop saint, trop élevé pour le peuple. Un homme détaché de toute passion humaine ne peut servir de guide, estima-t-elle. Et c'est ainsi que l'on peut comprendre le verset (et la double expression "haraq akh/ est-ce seulement et uniquement") « [les commandements] que D. n'a dits qu'à Moché, les a-t-Il dits seulement et uniquement pour lui? N'ont-ils pas été dits pour nous aussi ? ».

D. a enseigné les lois à Moché pour les transmettre à tous les Enfants d'Israël. Or il ne pouvait les inculquer que s'il expliquait à tous que la Torah est accessible aux hommes, en leur montrant qu'il est un homme comme eux et non un ange. Sinon, ils risqueraient de tomber dans le péché en disant, de nouveau, comme avant de commettre la faute du veau d'Or: «Moché, cet homme qui nous a fait monter d'Égypte, nous ne savons pas ce qu'il est devenu» (Chémot 32, 1), c'est-à-dire Moché que nous avons connu comme "homme" lorsqu'il nous a fait sortir d'Égypte, nous ne savons pas ce qu'il est advenu de lui. Nous ne pouvons pas le suivre car il est devenu un ange. C'est donc uniquement par souci du peuple que Myriam et Aharon ont émis des réserves sur leur frère.          

D. leur a alors répondu: « S'il n'était que votre prophète, moi l'Et., Je me manifesterais à lui par une vision... II n'en est pas ainsi de Moché, Mon serviteur; de toute Ma maison il est le plus fidèle. Je lui parle face à face, dans une apparition claire et sans énigmes... » (12, 6-8).

Si le rôle de Moché n'avait été que d'être un prophète, un guide, on aurait pu penser qu'il n'aurait pas dû se comporter ainsi; mais il a une autre fonction il est le serviteur le plus proche de D. qui ne sera jamais. De toutes les façons, sa relation avec D. est au-delà de toute conjoncture humaine. De plus « pourquoi n'avez-vous pas craint de parler contre Mon serviteur, contre Moché » Cela signifie que s'il s'est séparé de sa femme, c'est sur Mon ordre, pour être Mon serviteur, lorsque Je lui ai dit au mont Sinaï: « Va, dis-leur de rentrer dans leurs tentes mais toi, tiens-toi ici, avec Moi ».

Myriam a fait une erreur en parlant ainsi mais son intention était bonne. Et pourtant, elle a été sévèrement punie. A plus forte raison, celui qui médit de son prochain pour lui faire du tort le sera-t-il. Son châtiment sera encore plus grave s'il s'agit d'un maître, d'un Rav. Peut-être cette explication doit-elle nous mettre en garde, toutes proportions gardées, contre la tendance de reprocher au Rav d'être trop rigoureux, trop au-dessus du peuple et de proclamer qu'il est, par cela, responsable des problèmes religieux de sa communauté. N'oublions pas que l'exigence de la loi ne provient pas de lui. Il ne fait que transmettre la Volonté de D. à laquelle il est lui-même soumis.

Souvenons-nous de l'épisode de Myriam pour nous éloigner de toute médisance comme nous le demande la Torah. Ainsi, serons-nous protégés du châtiment de ceux qui, comme les explorateurs, n'ont pas pris la leçon du châtiment de Myriam.

 Rav Guerchon, Imrei Cohen



VOYAGES EN AVION OU EN TRAIN, VEILLE DE CHABBAT

Il est interdit, le vendredi, de prendre un train ou un avion dont le trajet ou le vol va se poursuivre pendant Chabbat. Même quand le conducteur ou le pilote n’est pas juif, la chose est interdite.

Il convient également, pour les voyages qui ont lieu le vendredi, de prendre une marge de sécurité suffisante pour être sur que l’on puisse arriver avant Chabbat à destination.

Certains ont même l’habitude de ne plus voyager le vendredi après Hatsot hayom (environ midi).

 

D’après le Midrach, Pniné Halakha


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Association pour la Torah, l’Enseignement et les Mitsvot

Paru au Journal Officiel du 01/1990

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