ב"ה
Enseignement

L’importance de répondre Amen


Quelle est la signification du mot Amen ? Quelles sont les lois relatives à sa prononciation ? Quelle est la récompense de celui qui répond Amen avec ferveur ? 

 

Quelques lois

1 - Celui qui entend quelqu’un réciter une bénédiction devra répondre Amen et ce, même s’il ne l’a pas entendue en entier ou n’est pas directement concerné par cette bénédiction.

2 - On ne répondra pas Amen à une bénédiction dont la formulation a été modifiée ou dont le nom d’Hachem a été omis.

3 - Celui qui entend une bénédiction par le biais du téléphone ou durant une émission en direct à la radio devra répondre Amen, et pourra répondre au Kadich et à la Kedoucha même s’il y a quelques secondes de décalage entre le moment où la bénédiction est récitée et le moment où elle est entendue. A plus forte raison, il faudra répondre Amen à une bénédiction prononcée dans un micro ou dans un haut-parleur.

En revanche, on ne répondra pas Amen à une bénédiction ou à un Kadich que l’on entend en différé, lors de la rediffusion d’une émission de radio par exemple.

4 - Celui qui voit son ami murmurer une bénédiction sans parvenir à l’entendre ou à en deviner la nature ne répondra pas Amen. Mais s’il parvient à déduire de quelle bénédiction il s’agit en voyant l’aliment que son ami s’apprête à manger, il pourra répondre Amen. Il est toutefois préférable qu’il entende au moins une partie de la bénédiction pour être certain de savoir ce dont il s’agit.

5 - Il est bon de répondre “Baroukh Hou oubaroukh Chémo”, sitôt après avoir entendu le nom d’Hachem dans une bénédiction.

6 - Certains ont l’habitude de dire Amen après chaque “Hara’haman” du Birkat Hamazon, mais aussi à la fin de la Birkat Hachanim et de Yaalé Véyavo, ou encore après le Michéberakh récité à la Synagogue lors de l'ouverture du Heikhal ou après la lecture de la Torah. Il ne s’agit pas d’une obligation mais d’une bonne habitude. Par conséquent, celui qui est plongé dans l’étude de la Torah ne devra pas s’interrompre à ces moments là pour répondre Amen.

7 - On répondra Amen à la bénédiction récitée par un enfant (même s’il n’a pas encore atteint l’âge de la Bar Mitsva) avant de consommer un aliment ou d’effectuer une Mitsva, à condition que cet enfant ait conscience qu’il s’adresse au Maître du monde.

8 - Celui qui n’a pas de kippa sur la tête peut malgré tout répondre Amen.

9 - On ne répondra pas Amen à une bénédiction récitée en vain.

 

 

La signification du mot Amen

La Guemara explique que le mot Amen (אמן) est l’acronyme de אל מלך נאמן. Le mot Amen est en fait l’expression de notre confiance, notre אמונה (Émouna) envers Hachem.

Le mot Amen s’apparente également au mot Emet qui signifie "vérité". Celui qui répond Amen atteste de l’authenticité de la bénédiction récitée. A titre d’exemple, lorsque l’on répond Amen à la bénédiction de “Hamotsi le’hem min haarets”, il faudra penser : “Il est vrai qu’Hachem fait sortir du pain de la terre”.

Pour certaines bénédictions, le Amen ne correspond pas uniquement à une “attestation”. Il tient également lieu de supplication : nous demandons à Hachem que la bénédiction prononcée se réalise. C’est notamment le cas pour les douze bénédictions récitées au milieu de la ‘Hazara de la Amida, qui constituent des demandes adressées à Hachem. Le mot Amen prend aussi le sens de “qu’il en soit ainsi.”

 

La récompense de celui qui répond Amen

Nos Sages enseignent (Berakhot 53b) : « Celui qui répond Amen est plus grand que celui qui récite la bénédiction. » Sa récompense est supérieure à celle destinée à celui qui a prononcé la bénédiction. Pour quelle raison ? Car celui qui récite la bénédiction déclare qu’Hachem est la source de toutes les bénédictions et celui qui répond Amen vient témoigner de la véracité de cette affirmation. Grâce à lui, la “déclaration” est complète.

Nos Sages enseignent également (Chabbat 119b) : « Celui qui répond Amen de toutes ses forces, verra s’ouvrir devant lui, les portes du Gan Eden ». Celui qui, en dépit des épreuves et difficultés de ce monde, garde confiance en Hachem et répond Amen de toutes ses forces, verra s’ouvrir devant lui les portes du Gan Eden.

Le verset ne fait pas ici référence à la “force” physique mais à l’enthousiasme et la ferveur qui doivent accompagner la prononciation du mot Amen. Il est toutefois important de répondre Amen à voix haute car cela permet d’intensifier la ferveur et d’accroître la sanctification du nom divin dans le monde. Il faudra cependant veiller à ne pas élever la voix au-dessus de celui qui récite le Kaddich ou la bénédiction, car comme dit le verset  (Psaumes 34-4) :  « Exaltez Hachem avec moi, ensemble célébrons son Nom. »

Rabbénou Be’hayé[1] explique que celui qui répond Amen ouvre un flux de bonté sur le monde et mérite par conséquent, que les portes du Gan Eden s’ouvrent devant lui.

La Guemara (Berakhot 47a) ajoute que celui qui s’attarde sur le mot Amen, jouira d’une longue vie.[2]

 

Paroles de nos Sages 

Le Sabba de Kelem disait qu’il vaut la peine de venir en ce monde et d’y séjourner toute une vie, ne serait-ce que pour répondre une seule fois Amen. 

Rav Steinman disait qu’en ce bas monde, nous ne sommes pas capables d’apprécier à sa juste valeur la puissance du Amen. Dans le monde de Vérité, chaque Amen prononcé de notre vivant se tiendra à nos côtés comme un ange défenseur. 

Rav Elimelekh Biderman ajoute que la valeur numérique du mot Amen vaut 91, tout comme celle du mot Malakh qui signifie “ange”. De fait, chaque Amen que nous prononçons génère un ange qui interviendra auprès d’Hachem afin que nous ayons une bonne et longue vie. 

Le Chla Hakadoch rapporte au nom des kabbalistes que tous les mondes supérieurs et inférieurs dépendent du mot Amen. 

Le Zohar enseigne que par le mérite du mot Amen, nos prières méritent d’être agréées. 

Ben Azaï disait : “Celui qui répond un Amen orphelin (Yetoma), ses enfants aussi seront orphelins, si accéléré, ses jours aussi seront accélérés, si mutilé, ses jours aussi seront mutilé; mais celui qui prolonge la récitation du Amen, ses années de vie lui seront prolongées.”

 

Récit - De l’importance de répondre Amen 

Notre histoire se déroule il y a environ 400 ans en Pologne. Avant de devenir Av Beit Din de la grande ville de Poznan, Rav Mordekhaï Yaffé, surnommé le “Baal Halevouch, entreprit d’apprendre les lois relatives au renouvellement de la lune. Il se rendit donc à Venise en Italie, chez le Gaon Rav Its’hak Abouav zatsal auprès duquel il étudia près de trois mois, au terme desquels il maîtrisa parfaitement le sujet[3]

Un jour, l’un des enfants en bas-âge de Rav Its’hak Abouav récita la bénédiction “boré péri haets” sur un fruit. Tous les membres de la famille répondirent Amen, sauf Rav Mordekhaï Yaffé, qui était plongé dans son étude. Rav Its’hak Abouav le réprimanda sévèrement avant de décréter à son encontre un Nidouy (bannissement) de trente jours. Le Baal Halevouch fut extrêmement surpris par cette réaction qui semblait démesurée, mais accepta sans discuter son châtiment. Lorsque la période d’exclusion s’acheva, il se rendit chez son maître afin de lui présenter ses excuses. Mais le Rav Abouav les refusa. 

—  « Rabbénou, accepte mon pardon et dis-moi je te prie quelle est ma faute. Pourquoi es-tu en colère contre moi ? » 

Rav Its’hak Abouav lui répondit : « Tu sais l’amour que je te porte. Je te considère comme mon fils. Si je me suis montré si sévère envers toi, ce n’était que pour te préserver de la sanction que le Ciel te réservait car tu méritais la mort pour ne pas avoir répondu Amen à la bénédiction de mon fils. J’accepte de te pardonner à condition que tu t’engages à expliquer, à toutes les communautés que tu côtoieras, qu’il est extrêmement grave de ne pas répondre Amen à la bénédiction que l’on entend. Tu partageras également l’histoire que je m’apprête à te raconter à ce propos : 

Il y avait en Espagne un roi qui détestait les juifs au point de vouloir les chasser du pays. A cette époque, vivait également en Espagne un juif pieux et saint, un ‘Hassid qui siégeait à la tête du Beit Din et qui jouissait d’une grande fortune. Il avait trouvé grâce aux yeux du roi qui le considérait comme un ami. Chaque fois que le roi prenait des mesures contre les juifs, le ‘Hassid parvenait à le faire changer d’avis. Un jour que le roi avait - pour la énième fois - promulgué un avis d’expulsion à l’encontre des 

juifs, le ‘Hassid fut mandaté par la communauté pour faire entendre raison au roi. Le ‘Hassid promit de se rendre au palais après la prière de Min’ha mais les délégués insistèrent : la situation était grave, il fallait partir immédiatement. Le ‘Hassid accepta et se rendit donc auprès du roi qui, comme à son habitude, l’accueillit avec chaleur et affection. Ils discutaient gaiement lorsqu’un prêtre venu d’une contrée lointaine, pénétra dans la pièce. Il tomba aux pieds du roi et se mit à réciter en latin une bénédiction interminable. Craignant de manquer l’heure de Min’ha, le ‘Hassid s'éclipsa discrètement dans un coin et se mit à prier. Lorsque le prêtre eut fini de bénir le roi, il demanda à toute l'assistance de répondre Amen. Tous les courtisans prononcèrent en chœur un tonnant Amen à l’exclusion du ‘Hassid qui était encore plongé dans sa prière. Le prêtre qui s’en était aperçu, vit là une excellente occasion d’attiser la haine du roi à l’encontre des juifs. Il demanda alors à l’assemblée : « Avez-vous tous répondu Amen à ma bénédiction ? » - « Oui ! » répondirent-ils à l’unisson. 

Il se tourna alors vers le coin de la pièce où se trouvait le ‘Hassid et demanda encore : « Et ce juif, a-t-il répondu Amen ? » 

« Non, lui répondit-on. Car il était occupé à prier pendant que vous bénissiez notre souverain. » 

En entendant cela, le prêtre s’arracha les cheveux et poussa un cri amer : 

« Quelle tristesse ! lança-t-il.  A cause de ce juif qui n’a pas répondu Amen, la bénédiction que j’ai faite au roi n’a pas été acceptée par le Ciel et ne pourra donc pas se réaliser. »

Le roi en fut extrêmement courroucé et éprouva une profonde haine contre ce juif qui n’avait pas daigné s’associer à la bénédiction du prêtre. Il le condamna à mort sans aucune forme de procès, et demanda à ce que son corps soit coupé en morceaux et renvoyé chez lui ainsi. Il va sans dire que le décret d’expulsion fut maintenu et tous les juifs furent contraints de quitter le pays. 

L’un des amis du ‘Hassid fut profondément ébranlé par la mort atroce infligée à son ami. Connaissant la piété de ce juif saint, il ne parvenait pas à comprendre pourquoi il avait mérité un tel sort, alors même qu’il s’était rendu au palais pour sauver ses frères juifs. Cependant, ne doutant pas de la justice divine, il songea que son ami avait certainement commis une faute pour laquelle il était passible de mort. Il pleura, pria et jeûna, tant et si bien que le défunt ‘Hassid lui apparut en plein jour alors qu’il se trouvait seul dans une pièce et lui dit : « Sache que je n’ai jamais commis aucune faute, mais Hachem est très pointilleux avec les Justes. Il m’est arrivé une fois d’entendre un enfant réciter la bénédiction de “hamotsi” sur le pain et de ne pas avoir répondu Amen. Lorsque le roi d’Espagne s’est mis en colère contre moi pour ne pas avoir répondu Amen à la bénédiction du prêtre, cela a réveillé la Midat Hadin (l’attribut de justice) et le Tribunal céleste a décrété que j’étais passible de mort pour ne pas avoir répondu Amen à la bénédiction de l’enfant. Propage je te prie cette histoire à tes enfants, petits-enfants et au monde entier, afin que chacun comprenne l’importance de répondre Amen. » Et le ‘Hassid disparut. 

Après avoir raconté cette histoire au ‘Baal Halevouch’ zatsal, Rav Its’hak Abouav ajouta :

« Ne m’en veux pas de t’avoir banni. J’ai agi ainsi afin que cela serve d’expiation à ta faute. Je te pardonne à condition que tu racontes cette histoire en public au moins une fois par mois afin que tous prennent conscience du châtiment réservé à celui qui ne répond pas Amen à la bénédiction d’un enfant. A plus forte raison lorsque l’officiant récite le Chemoné Essré ou le Kaddich. »  



[1] Behaalotekha 14;31

[2] Rav Chlomo Bloch explique qu’il ne s’agit pas nécessairement de prolonger ses années de vie mais de lui permettre de les exploiter au mieux.

[3] Il rédigea d’ailleurs un livre sur le renouvellement de la lune, intitulé Levouch Adar.

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Paru au Journal Officiel du 01/1990

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