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Parachat AHARÉ MOT-KÉDOCHIM : Par le mérite de nos patriarches


QUEL EST LE SUJET DE LA PARACHA AHARÉ MOT-KÉDOCHIM ?

La Paracha Aharé Mot-Kédochim, qui intervient après la disparition des deux fils d’Aaron, nous enseigne que seul le Cohen Gadol peut pénétrer dans le « Saint des Saints » une fois par an, le jour de Kippour. Nous apprenons comment doit se dérouler la « Avodat Cohanim »  le service de l’office par les Cohanim dans le Temple, le jour de Yom Kippour notamment avec le tirage au sort entre deux boucs, dont l’un sera sacrifié dans le Temple, et l’autre, « Azazel », sera envoyé dans le désert pour l’expiation des fautes du Am Israël. La Torah détaille ensuite les relations interdites (adultère...). Une sainteté demandée par Hachem et rendue possible par l’accomplissement des mitzvot telles que le renoncement à l’idolâtrie, le respect du Chabbat, la Tsédaka, etc. Sans oublier l’un des plus grands principes de la Torah « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »




PAR LE MÉRITE DE NOS PATRIARCHES

« C'est avec cela (be-zot) qu'Aharon entrera dans le Sanctuaire... » (17, 3).

Le mot Zot (Zayin, Aleph, Tav) est formé, selon un commentateur, par les premières lettres de l'expression Zekhout Avot Temimim: le mérite des Ancêtres intègres. Le Grand Prêtre, chargé le jour de Yom Kippour d'intercéder en faveur de l'ensemble du peuple juif, ne pourra mener sa mission à bien que s'il peut faire état des immenses mérites des Grands qui l'auront précédé.

Dans le même ordre d'idées, un midrach précise d'ailleurs, à propos des sacrifices qu'apportait le grand prêtre le jour du Grand Pardon qu'un «...taureau issu de gros bétail » se rapporte à Avraham pour lequel le verset dit: « Il courut vers le bétail » (Beréchit 18) lorsqu'il offrit l'hospitalité aux anges qui lui rendaient visite.

«...Comme holocauste ('ola)...» se rapporte à Yits'hak, « l'holocauste intégral », acceptant de plein gré d'être offert à l'Et. .

« Les deux chevreaux de caprins... » se rapportent à Ya'akov qui avait préparé deux chevreaux pour mériter de recevoir la bénédiction de son père. Avraham est, disent nos Sages, celui qui a mis l'accent sur l'intégralité morale dans les rapports entre les hommes (guemilout 'hassadim). Yits'hak a fait porter ses efforts sur les relations de l'homme envers D. (Avoda) alors que Ya'akov représente la Torah dans son étude et son accomplissement intégral. Le traité des Principes (I) relate que le monde repose sur trois bases : « la Torah, la Avoda et la Guemilout 'hassadim ».

À Yom Kippour, ce jour de confrontation suprême avec D., le grand prêtre devait être conscient d'être le dépositaire des valeurs morales de nos Ancêtres qui constituent le fondement même de la marche de l'Univers. Ces valeurs, il ne pourra les trouver qu'en se tournant vers le passé, vers ses ancêtres qui avaient atteint une quasi-perfection dans l'accomplissement de la Volonté divine.

Mais pourquoi passer par cette référence continuelle à nos patriarches pour fixer notre ligne de conduite ? Est-elle si essentielle pour nous ?

Le 'Hatam Sofer donne une explication sur le débat qui oppose Rachi et Ramban sur le deuxième verset de Kédochim : «Soyez saints... »

La sainteté s'acquiert-elle en s'en tenant strictement aux lois prescrites par la Torah ou en allant au-delà ?

D'après Na'hmanide, notre devoir ne consiste pas seulement à accomplir intégralement les impératifs de la Torah mais à faire plus, à "dépasser la ligne" sous peine de rester en-deçà d'elle. Le 'Hatam Sofer demande très judicieusement à quel titre la Torah nous introduit dans le domaine des 'houmrot alors qu'elle aurait pu insérer l'injonction « Soyez saints... » dans le domaine général et si vaste des lois de la Torah.

En réalité, l'accomplissement d'une mitsva comporte évidemment une forme extérieure, l'acte proprement dit, et un contenu intérieur, la conviction, la flamme qui anime cet acte. Par la force de l'habitude, on risque, dans la pratique quotidienne des mitsvot, de ne plus déceler la valeur interne des commandements et de tomber dans un formalisme sans âme. C'est pour cela, explique le 'Hatam Sofer, que la Torah a intentionnellement réservé un domaine où la rigueur de la législation n'est pas absolue. En effet, on ne peut aller au-delà de ce qui nous est demandé que si l'on est animé d'une conviction intérieure et d'un enthousiasme sincères.

Or, c'est seulement en nous inspirant de la vie exemplaire de nos Patriarches que nous réussirons à insuffler une vitalité et un dynamisme à la pratique de nos mitsvot qui nous conduiront à la Kédoucha, comme nous le recommande la Torah.

  

POUR RÉUSSIR DANS L'ÉDUCATION

« Vous serez saints car Je suis Saint, Moi, l'Et. votre D. Chacun craindra sa mère et son père et vous observerez mes Chabbat, Je suis l'Et. votre D. » (19, 2-3). Rachi explique le rapport entre ces deux mitsvot, le respect dû aux parents et l'observance du Chabbat: Si la Torah nous enseigne le respect des parents, il n'en est pas moins vrai que si ton père t'ordonnait de profaner le Chabbat, tu n'aurais pas le droit de lui obéir; et il en est de même de tous les autres commandements. « Je suis l'Et. votre D.» Toi et ton père êtes, tous les deux, astreints à M'honorer, c'est pourquoi, s'il s'agit d'enfreindre Mes paroles, ne l'écoute pas.

La paracha de Kedochim qui nous donne les directives essentielles de notre existence nous précise ici un point très important dans le domaine de l'éducation de nos enfants. Éducateurs et parents se trouvent, en effet, et aujourd'hui plus que jamais, devant un problème ardu: les bouleversements historiques et d'autres

circonstances ont eu pour effet que nombre de nos familles ont abandonné plus ou moins les actes religieux même les plus importants. Or, comme ces parents veulent néanmoins rester juifs et sont pleinement conscients de leurs responsabilités, ils confient leurs enfants à des maîtres. Cependant, ces éducateurs savent bien qu'une éducation digne de ce nom ne peut être disjointe d'une éducation à la pratique des mitsvot.

Par conséquent, sur le chemin de sa pratique religieuse, l'enfant se trouvera très souvent en butte à l'indifférence, sinon à l'opposition de son milieu familial. Cela peut provoquer un déséquilibre qui risque ou bien de détacher l'enfant de sa famille ou bien de lui faire tourner le dos à toute éducation religieuse.

Comment résoudre cette difficulté?

Il est certain que l'éducateur devra faire preuve du maximum de doigté pour éviter les heurts entre parents et enfants. Néanmoins, sa tâche se trouvera compliquée du fait qu'en tant qu'éducateur honnête, il ne pourra pas outrepasser certains impératifs religieux. Les parents, de leur côté, doivent être conscients du problème et réaliser en premier lieu qu'ils sont les intermédiaires de D. vis-à-vis des enfants qu'Il leur a confiés. Les Tables de la Loi portent sur une moitié les devoirs des hommes envers D. .. Or le cinquième commandement « honore ton père et ta mère » fait précisément partie des devoirs de l'homme envers D.

Pour assumer pleinement leur rôle, les parents doivent donc se préparer à suivre l'évolution de leurs enfants dans la voie du Judaïsme, même si cela devait entraîner un sacrifice de leur part. Ils éviteront ainsi de creuser un fossé qui ne manquera de s'élargir entre eux et leurs enfants s'ils persistent dans une attitude négative ou hostile à leur égard.

Existe-t-il un plus grand bonheur qu'une famille où règne l'harmonie, la bonne entente et qui s'épanouit dans le cadre que D. nous a tracé ?

 

LES DEUX FORMES DE L'ASSIMILATION

« ... C'est Moi l'Et. qui suis votre D.! Les pratiques du pays d'Egypte où vous avez demeuré, ne les imitez pas et les pratiques du pays de Canaan où Je vous emmène, ne les adoptez pas et ne suivez pas leurs lois » (18,2-3). Rachi rapporte que D. nous met en garde sur ce qui va se passer aux temps de Ezra où une partie des Enfants d'Israël a épousé des femmes non-juives. Pourtant ce verset introduit le passage où la Torah parle des relations incestueuses qui étaient pratiquées à l'excès dans ces pays alors que l'interdiction des mariages mixtes est exposée, elle, dans Devarim 7, 3.

Dans ces conditions, de quelle faute la Torah parle-t-elle ici ? Le 'Hatam Sofer répond à cette question en expliquant le double avertissement du verset: n'imitez ni les pratiques du pays d'Egypte ni celles du pays de Canaan. Ces pratiques distinctes désignent deux sortes de processus d'assimilation symbolisées par deux formes différentes de mariages mixtes.

1)  Les pratiques de l'Egypte : il s'agit de l'assimilation due à la galout. La nation dominatrice exerce son influence, de gré ou de force, sur les Juifs exilés en son sein comme si un non-Juif (la nation dominatrice) prenait une fille d'Israël (les Juifs soumis à cette nation). La Torah nous ordonne de résister à cette forme d'assimilation que les nations nous imposent soit par la force (les décrets de la Grèce, Rome, l'Espagne, la Russie), soit par la ruse (en nous séduisant par l'attrait superficiel de leur culture).

2) Les pratiques de Canaan : cela désigne l'assimilation du peuple d'Israël en position de force sur sa terre comparable à un Juif (Israël indépendant) qui épouserait une non-Juive (ce Juif veut adopter la civilisation des non-juifs). C'est ce qui s'est passé, au sens propre, au temps d'Ezra, lorsqu'Israël fut de retour sur sa terre après l'exil de Babylone. De nombreux Juifs avaient épousé des femmes étrangères. Lorsqu'Israël entrera en pays de Canaan, il sera le maître et pourtant, un danger d'assimilation le guettera encore: celui de vouloir devenir un peuple « comme les autres ». ii n'est plus soumis, certes, au danger de fusion dans le milieu non-juif environnant mais il risque, s'il est bien installé dans son pays, de vouloir ressembler aux autres peuples, d'imiter leur mode de vie et d'oublier sa spécificité de peuple élu par D...

C'est pourquoi le verset poursuit : « et vous ne suivrez pas leurs lois ».

Rachi pose la question: « Que nous ajoute le verset ? De quelles lois s'agit-il ? De leur culture et de leurs mœurs, comme la fréquentation des théâtres et des stades ! » Ce passage de la Torah est donc introduit par le verset (18, 2): «Parle aux Enfants d'Israël et dis-leur: "Je suis l'Et. votre D." ». C'est Moi qui vous ai dit au Sinaï « Je suis l'Et. ton D. » explique Rachi.

« Vous avez accepté Ma royauté et vous devez dorénavant accepter Mes décrets. Je viens vers vous en tant que Hachem (attribut de miséricorde) Elokékhèm (attribut de justice). Sachez Qui émet ces décrets pour vous: Celui qui juge pour vous punir et Qui est fidèle pour vous récompenser ».

Ici la Torah ne laisse aucune ambiguïté: le peuple d'Israël ne doit adopter les mœurs des autres nations ni s'il est soumis par elles (comme en Égypte) ni s'il est maître sur sa terre (comme en Canaan). Aujourd'hui plus que jamais, ces deux formes d'assimilation guettent le peuple juif. Soit il veut s'identifier à la civilisation qui l'entoure dans son pays d'exil, soit, vivant sur sa terre, il veut perdre sa spécificité en prônant un nationalisme laïc pour être semblable à toutes les nations.

Sachons résister à ces deux tentations en étant fiers d'appartenir au peuple élu, en restant fidèles à sa Torah et nous mériterons l'immense récompense que D. nous promet.

Rav Guerchon, Imrei Cohen


 

LES LUMIÈRES DE CHABBAT

La mitsva consiste en ce qu’il y ait de la lumière dans toutes les pièces qu’on utilise le soir de Chabbat, afin que l’on ne trébuche pas.  Cependant, la mitsva essentielle consiste à allumer des lumières dans la salle à manger pour faire honneur au Chabbat. On prononce donc la bénédiction de l’allumage sur ces bougies-là. Il n’y a pas besoin d’allumer des bougies dans les autres pièces qui sont éclairées par l’éclairage électrique. Les bougies doivent brûler jusqu’à la fin du repas ; et il faut veiller à ce qu’elles puissent éclairer jusqu’à ce que l’on aille se coucher (Chemirat Chabbat Kehilkhata 43, 17). 

De nos jours, il faut veiller à ce que des lampes ou veilleuses électriques restent allumées pendant la nuit, afin que ceux qui se lèveraient la nuit ne trébuchent pas en marchant. La mitsva de l’allumage s’applique à tous, hommes et femmes, personnes mariées et célibataires.  La femme est prioritaire pour accomplir cette mitsva, le mérite lui revient de réaliser la mitsva destinée à la paix du foyer. Par l’allumage de la femme, tous les membres de la maisonnée se rendent quittes de la mitsva. Toutefois, si la femme est empêchée d’allumer dans les temps, il est préférable que son mari ou quelqu’un d’autre allume les bougies à sa place

D’après le Midrach, Pniné  Halakha

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Association pour la Torah, l’Enseignement et les Mitsvot

Paru au Journal Officiel du 01/1990

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