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Parachat KORAH : l'échec d'une révolte infondée


 

QUELS SONT LES THÈMES ABORDÉS DANS LA PARACHA KORAH ?

Korah, Datan et Abiram fomentent un soulèvement contre Moché Rabbénou qu'ils accusent d'accaparer le pouvoir. Ils prétendent pouvoir assumer avec l'ensemble des hommes du peuple d’Israël, la responsabilité des destinées juives. Moché refuse de défendre sa fonction qui lui a été confiée par D. . C'est l'Éternel lui-même qui fait justice des révolutionnaires, devant les yeux terrifiés du peuple. La terre « ouvre sa bouche » et engloutit toute la bande des gens de Korah, eux et leurs biens. Cependant le peuple rejette la faute de cette punition sur Moché et Aaron en disant : vous avez fait mourir le peuple de l'Eternel. Aussitôt la mort commence à sévir parmi les mécontents et ce n'est que sur l'intervention de Moïse, qui se place « entre les morts et les vivants » que la plaie est arrêtée. Pourtant quatorze mille sept cents personnes avaient déjà péri.

Sur l'ordre de D., chacune des tribus d'Israël déposera alors une tige dans la tente d'assignation, et le lendemain, celle d'Aaron, de la tribu de Lévi, seule fleurit. Ce signe devra servir de témoignage permanent du choix que D. a fait. À la suite de ces événements, le texte donne des précisions sur les fonctions et les revenus des Lévites qui, entièrement au service du peuple, sont également à sa charge.

Source la Torah commentée

 


 

L'ENJEU DE LA RÉVOLTE DE KORAH

Si Moché Rabbénou s'est montré catégorique envers Korah au point de s'être laissé aller au découragement, lui qui avait subi tant d'épreuves (voir Rachi 16, 4), c'est qu'il avait mesuré que la contestation de Korah pouvait compromettre l'avenir même de la Communauté d'Israël.

Au départ, Korah n'affirmait pas se placer en dehors de la ligne de la Torah. Bien au contraire, selon lui, c'est Moché qui faisait fausse route tandis que lui-même personnifiait le Judaïsme dans son authenticité. On connaît le fameux midrach rapporté par Rachi qui rapporte que Korah avait rassemblé deux cent cinquante chefs du Sanhédrine et les avait vêtus de talétim entièrement teints de couleur bleu azur. S'adressant publiquement à Moché, il lui avait demandé: « Ceux-ci ont-ils eux aussi besoin d'accomplir la mitsva de tsitsit ? »

Sur la réponse affirmative de Moché, s'adressant à tous, Korah s'écria ironiquement : « Mesurez-vous l'inconséquence de ce soi-disant maître? Si un fil d'azur mêlé aux tsitsit fait que la mitsva est accomplie, le but n'est-il pas atteint automatiquement si l'habit tout entier est teint en azur ? »

Korah ne désirait pas purement et simplement rejeter la Torah; il la considérait dans son ensemble, la loi écrite et la loi orale, comme un moyen ingénieux et efficace qui ne devait pas cependant nous faire perdre de vue sa finalité : nous rapprocher de D.

Estimant qu'il y avait eu une « évolution dans la psychologie et dans l'engagement religieux du peuple juif », il s'est écrié : « Car l'assemblée toute entière est désormais sainte et D. réside au milieu d'eux » (16, 3), slogan qu'il concrétise admirablement en présentant ses adeptes recouverts tout entiers d'azur, couleur qui, d'après la Tradition, symbolise précisément le lien entre l'homme et D.

Pour Korah, les mitsvot étaient valables tant que le Juif avait encore besoin de moyens concrets pour s'élever vers son Créateur. Désormais, il fallait changer de système. Il ne s'agissait de rien moins que de réinventer le Judaïsme.

En vérité, la véritable nature du message divin avait échappé à Korah. Moïse lui a confirmé la transcendance de la mitsva des tsitsit et de toutes les mitsvot en général. Il lui a répondu qu'elles gardent, à travers toutes les époques, un caractère invariable.

Les mitsvot de la Torah ne sont pas un moyen, un outil au service de l'homme; elles constituent un but en elles-mêmes. Elles dépassent la dimension humaine et prennent véritablement une dimension cosmique.

Emanant du Verbe divin comme toutes les lois de l'Univers, la réalisation ou la non-réalisation de la mitsva s'inscrivent de façon positive ou négative dans le grand "mécanisme" de l'Œuvre de la Création.

Un texte du traité de Nédarim rapporte cette idée à propos de notre paracha : « Si [Moché] le fils d'Amram ne devait pas avoir le dessus, nous ne continuerions pas à éclairer le monde. » De même, Rachi rapporte un midrach (sur v. 16, 5) selon lequel Moché dit à Korah: « De même que vous ne pourriez pas changer les lois de la Nature, vous ne pourrez pas modifier l'ordre de D. ». C'est bien pour cela que sa punition a été celle que nous connaissons. Si l'homme met en doute la transcendance du message divin, il remet en question l'existence même des lois du Monde. La terre doit donc littéralement se dérober sous ses pieds.

La tentative de Korah a échoué et le Tout-puissant a voulu montrer que Sa Loi resterait valable dans son intégralité pour toutes les époques et qu'elle assurerait la pérennité de la présence d'Israël dans le monde.

 

L'APPARITION DU MATIN...

« Au matin, D. fera savoir qui est à Lui, qui est le saint qu'il rapproche de Lui... » (16,5)

Pourquoi, demande Rachi, Moché rabbénou a-t-il insisté sur le mot "matin" lorsqu'il dit à Korah que D. allait faire connaître à tous la personne qu'Il a choisie pour Son service ?

Moché voulait faire comprendre à lui et à ses acolytes, explique le midrach, que comme D. a institué des limites dans le monde et comme ils ne pourront remplacer le matin par le soir, ainsi vous ne pouvez annuler Son choix. De même qu'il est écrit dans Béréchit:  « Ce fut le soir, ce fut le matin [car] Il a différencié [la lumière des ténèbres], de même il est dit: "D. a différencié Aaron pour le consacrer" ».

On pourrait également expliquer sous une autre perspective la raison pour laquelle Moché rabbénou a choisi cette loi de la nature plutôt qu'une autre pour réfuter les arguments de Korah. La diversité des saisons et, par-là la différence de durée du jour et de la nuit date, comme on le sait, de l'époque qui a suivi le déluge « ... froidure et chaleur, été et hiver, jour et nuit ne seront plus interrompus » (Béréchit 8, 22).

Pourquoi D. a-t-il opéré ce net changement dans la nature en obliquant le globe terrestre après le déluge ?

Auparavant, de la Création du monde jusqu'au maboul, un printemps éternel régnait sur terre. Le jour et la nuit étaient de même durée tout au long de l'année et partout dans le monde. Ces conditions climatiques idéales avaient pour but de ne causer aucun souci et aucun désagrément à l'homme afin qu'il puisse servir son Créateur dans les meilleures dispositions. Cependant, loin de lui profiter, cette uniformité fit croire à l'homme que le monde était livré à lui-même et que D. n'avait plus besoin d'intervenir dans la Création. Un fonctionnement invariable de la nature à moins de chances de révéler à l'homme la providence de D. à chaque instant.

Après la faillite de l'humanité qui a abouti au déluge, D. a voulu réparer le dommage en faisant se succéder les saisons et varier la longueur des jours. L'homme devrait désormais ressentir le besoin de se référer sans cesse à Lui. D. a donc transformé le cours originel de la Création pour donner à l'homme la possibilité de se racheter.   

Cependant, hélas, Korah n'a pas compris le message. Il s'est présenté devant Moché vêtu d'un talit entièrement azur en prétendant que cet habit muni de tsitsit aux quatre coins ne nécessitait pas l'ajout d'un fil couleur d'azur. De même, il suggéra, selon la même logique, qu'une maison remplie de séfarim ne nécessitait pas non plus de mézouza. En réalité, ces arguments fallacieux montrent que Korah n'a pas saisi le sens de la référence continuelle à D., c'est-à-dire l'accomplissement de la mitsva. D'après lui, l'homme comme le monde sont enfermés dans un état statique, immuable et sont soumis à une destinée inexorable : par conséquent, ou l'on est entièrement saint, ou bien on ne l'est pas du tout.       

Dans cette vision rigide de l'univers, il n'existe aucune place pour le changement, pour la téchouva. Ce fut l'optique des gens de la génération du déluge qui a entraîné leur perte. Il en fut de même pour Korah.

En effet, Rachi dit (16, 7): «... Pourquoi Korah, qui était intelligent, s'est-il lancé dans cette folle entreprise ? Son œil l'a trompé car il a vu qu'une chaîne illustre allait descendre de lui: Chémouel qui était pareil à Moché et Aaron. Il se dit donc : ‘‘pour lui je serai épargné’’... » J'aurai la vie sauve puisque le prophète Chémouel doit descendre de moi. Cependant, l'œil de Korah l'a induit en erreur. Ce sont ses fils qui, ayant fait téchouva avant que la terre ne les engloutisse, ont été épargnés ! »

Korah n'a pas pris la téchouva en ligne de compte et c'est ce qui l'a entraîné à sa perte. 

N'oublions pas l'enseignement que Moché voulait peut-être faire entendre à Korah en mentionnant le mot boqèr/matin : tout comme l'heure du lever du jour est variable, l'homme peut tout transformer par sa téchouva s'il se remet sans cesse à son Créateur.

 Rav Guerchon, Imrei Cohen

 



LA MITSVA DE TOSSÉFET CHABBAT

Le Chabbat ne commence qu’à l’entrée du septième jour. Cependant, c’est une mitsva de la Torah que d’ajouter du profane au saint, c’est-à-dire de recevoir la sainteté du Chabbat quelques instants avant l’entrée du septième jour. De même par rapport à la sortie du Chabbat : nous prolongeons la sainteté du jour.

Par cette mitsva de tosséfet Chabbat (‘‘ajout’’, ‘‘ supplément fait au Chabbat’’), nous exprimons le fait que le Chabbat nous est cher, nous allons à sa rencontre afin de le recevoir avant son entrée, et nous le raccompagnons à sa sortie, comme un invité à la rencontre duquel nous allons, et que nous raccompagnons quand il nous quitte. La période qui sépare le coucher du soleil de la tombée de la nuit étant sujette à des doutes (voir notre supplément Chabbat sur Chéla’h Lekha), pour accomplir la mitsva de tosséfet Chabbat, nous devons accueillir le Chabbat avant le coucher du soleil.

Pour avoir les détails exacts de la réalisation de cette mitsva, voir le supplément Chabbat de notre article Houkat en cliquant ici.

D’après le Midrach, Pniné  Halakha


 

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Paru au Journal Officiel du 01/1990

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