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L'Abc de Pessah - Guide pratique illustré

Le pain de Pessah : la matsa


Les Matsot Chemourot

(וּשְׁמַרְתֶּם, אֶת-הַמַּצּוֹת" (שמות יב -יז"
“ Vous surveillerez les matsot ” (Exode 12 , 17).

La matsa appelée matsa Chemoura fait l’objet d’une surveillance rapprochée, qui comprend toutes les étapes de la confection des matsot, depuis la mouture du blé jusqu’à la sortie du four des matsot. Parfois, cette surveillance démarre depuis la moisson du blé. 

Il y a lieu de consommer ces matsot durant toute la durée de la fête de Pessah ou au moins, durant la (ou les) soirée(s) du Seder de Pessah.

Il existe deux catégories de matsot :
■ Les matsot Yad, ou matsot faites à la main : qui sont entièrement confectionnées à la main. Elles présentent l’avantage d’avoir été pétries avec l’intention de réaliser la mitsva de la confection des matsot, ce que ne peut faire une machine. 
■ Les matsot faites à la machine : qui sont partiellement ou entièrement confectionnées par des machines. Ce mode de fabrication garantit une rapidité d’exécution et donc une confection des matsot dans les temps impartis.


La symbolique de la matsa


Même les petits enfants le savent : nous mangeons de la matsa à Pessah, en souvenir du fait qu’au moment de la sortie d’Egypte, les Bnei Israël n’ont pas eu le temps de laisser lever la pâte qu’ils destinaient à la confection du pain.

Pourtant, une question évidente apparaît : Pourquoi attacher tant d’importance à cet incident anecdotique, au point de faire de la matsa, l’élément phare de la fête de Pessah ?
En quoi sommes-nous concernés par le fait que les Bnei Israël n’aient pas eu le temps de préparer du pain digne de ce nom pour en faire des provisions ? Et puis, pourquoi n’ont-ils pas été suffisamment prévoyants pour préparer ce pain à l’avance ? La sortie d’Egypte donne l’impression d’un acte précipité, presque irréfléchi. Or, nous savons que ce n’était  pas le cas !

Rav Chimchon Refaël Hirsch explique que, de par sa nature, l’homme a tendance à s’approprier la victoire. Nous avons parfois du mal à intérioriser le fait qu’Hachem est l’unique metteur en scène de notre vie et que nous ne sommes rien sans Lui. Nous avons l’impression de créer des choses, de susciter des évènements ou de gérer les situations qui se présentent à nous. 
Par le biais de la mitsva de la consommation de la matsa à Pessah, la Torah rappelle l’homme à l’ordre.
Non, les Bnei Israël n’ont pas été les initiateurs de la sortie d’Egypte. Ils n’ont pas mené de révolte contre leurs oppresseurs ou engagé de guerre civile contre les egyptiens.
Comme le dit le texte de la Haggada de Pessah : “Si Hachem n’avait pas fait sortir nos ancêtres (d’Egypte), nous serions nous, nos enfants, et petits-enfants, encore asservis à Pharaon en Egypte”.

La Torah nous demande de nous souvenir en permanence, que c’est Hachem, et Lui seul, qui nous a libéré de l’esclavage égyptien. C’est Lui qui a planifié et organisé la libération du peuple juif d’un pays-prison, à tel point que les Bnei Israël n’ont même pas eu le temps de laisser leurs pâtes lever !

Hachem est le maître de l’Histoire. C’est Lui, le grand metteur en scène et nous ne sommes que des acteurs qui “subissent” l’Histoire. 

Voilà la leçon de la matsa : reconnaître et accepter le fait que c’est Hachem, notre Créateur, qui dirige nos vies avec bienveillance.

La Haggada de Pessah : entre éducation et émouna


La Haggada de Pessah est un merveilleux outil didactique rédigé par les Sages. Le soir du Seder est un moment privilégié d’échange, de récit, de partage entre les parents et les enfants. Un moment que nous devons mettre à profit pour apporter à chaque enfant les réponses qu’il attend.

Rabbi Chimchon Raphaël  Hirsch souligne le fait que la Haggada de Pessah fait mention des quatre catégories d’enfants (le Sage, le Racha, le Simple, et Celui qui ne sait pas poser de questions) pour nous signifier l’importance d’éduquer un enfant « al pi darco », selon ses dispositions, son caractère et ses capacités. Appliquer une pédagogie différenciée est primordial pour permettre à l’enfant de se développer, s’épanouir et accepter l’autorité parentale.



Coup d’œil sur ces quatre personnages phares de la Haggada de Pessah :
Le Simple : Il ne s’agit pas ici d’un enfant ayant un retard intellectuel, mais simplement d’un enfant ne voulant pas fournir d’efforts. Ni les remontrances, ni les punitions ne parviendront à l’extraire de son engourdissement intellectuel. Il faudra donc user d’autorité, en élevant un peu la voix pour l’amener à changer de comportement.

Le Racha : Nous nous devons d’adopter une attitude ferme face à un enfant qui rejette l’autorité parentale et qui s’exclut de la collectivité. Car ce comportement peut également être nuisible pour son entourage, entre autres, ses frères et sœurs. En faisant « grincer ses dents », nous déclencherons en lui une remise en question qui l’amènera peut être à réviser ses positions.
Celui qui ne sait pas poser de questions : Là encore, il ne s’agit pas d’une déficience intellectuelle mais plutôt d’un dédain, d’une indifférence à tout ce qui l’entoure.
De nos jours, ce mal ronge de nombreux adolescents. Rien ne semble les intéresser. On aura beau leur expliquer avec douceur ou avec fermeté, que cette attitude est inacceptable et nuisible pour leur avenir, rien n’y fera. Aussi, le seul remède capable d’agir sur ces cœurs engourdis, reste l’exemple parental. Un geste, une berakha (bénédiction) prononcée avec ferveur, une étude régulière du père … sont autant de repères qui s’imprimeront à l’encre indélébile dans l’esprit de l’enfant.
Un enfant détecte rapidement si ses parents agissent avec sincérité ou à contrecoeur.
Le Sage :  Il s’agit certes d’un enfant à l’intelligence supérieure mais cette intelligence peut être une entrave à l’amélioration de ses Midot . Il peut être orgueilleux, associable, sûr de lui…
A nous de lui faire comprendre que son étude doit l’amener, non pas à accumuler des connaissances, mais à progresser dans son service divin et dans le travail de son comportement.

Le soir du Seder de Pessah est donc le point de départ d’un long travail sur les Midot qui nous mènera jusqu’au don de la Torah,  à Chavouot.



Attendre la Guéoula (délivrance)

“Si Hachem n’avait pas fait sortir nos ancêtres de là-bas, nous serions nous, nos enfants et petits-enfants, encore esclaves de Pharaon en Egypte.”

Rabbi Haïm Eliezer de Munkatch disait que cette affirmation de la Haggada de Pessah répond à une question suscitée par le récit de la sortie d’Egypte : Puisque Hachem a délivré les Bnei Israël d’Egypte avant la fin des quatre cents ans prévus, pourquoi ne met-il pas fin à notre exil qui dure depuis deux mille ans ?

Il répond à cette question par une parabole :

Un jour, un médecin fut appelé au chevet d’un malade dont l’état était critique. Il n’eut d’autre choix que d’opérer son patient pour tenter de lui sauver la vie. L’opération fut un succès. Quelques jours à peine après l’intervention, le malade avait déjà recouvré la santé et remercia chaleureusement le médecin qui s’était occupé de lui. 
Quelques années plus tard, le médecin fut de nouveau appelé auprès de ce patient qui avait contracté la même maladie qu’autrefois. Après l’avoir examiné, le médecin décida de lui prescrire un traitement long et complet, combinant médicaments et physiothérapie. Le souffrant fit part de sa surprise au docteur : 

Pourquoi m’infliger un si long traitement alors que vous pourriez m’opérer de nouveau, comme ce fut le cas il y a six ans. J’étais alors à l’agonie, et votre intervention m’avait tout bonnement sauvé la vie ! 
Certes, répondit le médecin. Mais il y a six ans, votre état était bien plus critique qu’aujourd’hui et si je ne vous avais pas opéré sur le champ, vous seriez probablement mort le jour même. Cependant, une opération ne doit être pratiquée qu’en cas d’extrême urgence ! Ouvrir la chair humaine n’est pas une chose anodine. Or, comme votre état actuel n’est pas dramatique, je vous propose un traitement long et efficace, qui écartera tout risque de rechute.

Pourquoi Hachem a -t-Il précipité la fin de l’exil égyptien ?



Rabbi Haïm Eliezer de Munkatch explique : parce que les Bnei Israël avaient atteint les quarante-neuf degrés d’impureté ! Leur état de santé spirituel était critique. Si Hachem ne les avait pas délivrés immédiatement du pays dépravé qu’était l’Egypte, le peuple juif se serait probablement éteint (à D.ieu ne plaise), anéanti par l’assimilation et l’idolâtrie. Comme le dit le texte de la Haggada de Pessah: “Si Hachem n’avait pas fait sortir nos ancêtres de là-bas, nous serions, nous, nos enfants et petits-enfants encore esclaves de Pharaon en Egypte.”

La sortie d’Egypte se fit par le biais d’une intervention Divine rapide et chirurgicale. D’ailleurs, il fallut malheureusement extraire de notre Peuple toutes les personnes qui ne méritaient pas d’être délivrées, durant les trois jours d’obscurité.

En revanche, notre exil actuel a pour but de nous apporter une guérison complète qui passe par des souffrances et des difficultés pour adoucir nos coeurs et nous obliger à nous tourner vers notre Créateur. A chaque génération, sous l’effet des épreuves, nos âmes se purifient jusqu’à ce que le peuple juif mérite enfin la venue du Machiah. Entre-temps, nous devons prendre les médicaments que sont les Mitsvot et l’étude de la Torah.
(Chaar Yissakhar)

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Guide pratique - ABC de Pessah 5778

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