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Parachat Balak : la bénédiction forcée du prophète des nations ?

 

QUELS SONT LES SUJETS TRAITÉS DANS PARACHAT BALAK ?

Balak, roi de Moav, effrayé par l'approche des Bnéi Israël qui campent face à son territoire, envoie chercher le devin Bilaam pour qu'il vienne maudire ce peuple et conjurer ainsi le danger. Bilaam se met en route sur son ânesse. En chemin la bête s'arrête devant un ange de D. qui lui barre le passage et, aux coups répétés et furieux de son maître, lui réplique en langage humain en lui indiquant la raison de son refus de marcher. Bilaam arrive enfin mais incapable d'agir autrement que par la parole de D. il prononce des bénédictions magnifiques sur ce peuple qui ne craint aucune puissance humaine et qui vit seul, mais fort de la protection de son Maître. « Que tes tentes sont belles, Jacob. » Pendant plusieurs mois, Israël reste dans le voisinage de Moav et cette proximité aura des conséquences regrettables car les filles de Moav viendront inciter un bon nombre d'hommes juifs à la débauche et à l'idolâtrie. Le scandale atteint son comble lorsqu'un chef de tribu, Zimri, de la tribu de Chimon, conduit une Moavite en plein camp hébreu sous sa tente. Aussitôt Pin’has, petit-fils d'Aaron s'élance, le javelot à la main et venge l'honneur de D. et d'Israël en tuant les deux coupables.

Source : La Torah commentée

 

 

LA ÉMOUNAT  'HAKHAMIM

 « Tu ne te détourneras ni à droite ni à gauche de tout ce qu'ils t'enseignent. » (Dévarim 17, 11)

La Torah nous ordonne de suivre exactement l'enseignement de nos Sages et Rachi ajoute : « Même s'ils disent de la droite qu'elle est la gauche ou de la gauche qu'elle est la droite ! » Notre confiance en les paroles des 'Hakhamim zal doit être totale, nous dirions presque aveugle.

Et l'on comprend bien l'objection que l'on formule souvent : « Nous ne nions pas la valeur morale des 'Hakhamim mais, malgré tout, ils étaient des hommes! L'erreur est possible comme pour tout un chacun! »

Nous essayerons de répondre à cette objection en rapportant les premiers mots du livre de Vayiqra : « Vayiqra el Moché / Il appela Moché et D. lui parla... »

Rachi précise que le terme Vayiqra/Il appela, est une expression d'amour. C'est avec amour que D. appelle Moché; les anges s'interpellent l'un l'autre de la même façon : Véqara zé èl zé!

Rachi oppose ce mot à celui par lequel D. s'adresse aux prophètes des nations : « Vayiqar Eloqim èl Bilé'am/ D. rencontra [presque fortuitement] Bilaam » (23, 4). À l'inverse de Vayiqra, le terme Vayiqar/rencontra exprime l'impureté, nous dit Rachi.

Cependant, les deux termes Vayiqra et Vayiqar sont, du moins phonétiquement, très proches l'un de l'autre. Plus encore, dans nos Sifré Torah, la lettre aleph qui différencie l'un de l'autre est un aleph ze'ira, c'est-à-dire un aleph plus petit que les autres lettres. En d'autres termes, il semble que la Torah ait voulu insister sur le fait qu'en apparence, il n'existe pas de différence sensible entre Vayiqra et Vayiqar. Si l'on ne s'approche pas de très près (pour voir le petit aleph), il semble même que les deux termes Vayiqra et Vayiqar sont similaires et que D. a employé les mêmes termes pour s'adresser à Moché et à Bilaam.

La Torah a voulu nous montrer que pour saisir et comprendre la différence essentielle entre ces deux grands prophètes, il faut nous approcher de très près et analyser leur personnalité avec précision.

Nos 'hakhamim nous citent toujours le nom de Bilaam en lui ajoutant l'adjectif de racha, Bilé'am haracha, /Bilaam le Méchant. Or, à la simple lecture du texte de la Torah, Bilaam ne nous apparaît pas comme particulièrement mal intentionné. Bilaam ne s'arroge pas le droit de parler en son propre nom et il dit même aux envoyés de Balak : «Je vous répondrai selon ce que D. me dira » (22, 8). Bien plus, Bilaam semble absolument désintéressé: « Si Balaq me donnait sa maison pleine d'argent et d'or, je ne pourrais outrepasser la parole du Seigneur, mon D. ! » (22, 18).

Il est donc d'autant plus curieux de constater à quel point nos Sages s'efforcent de présenter Bilaam sous un jour défavorable. Là où nous voyons le désintéressement, Rachi nous montre, au nom des 'Hakhamim, la sordide soif d'argent de Bilaam : « Cela nous apprend sa convoitise et combien il enviait l'argent des autres. » (Rachi 22, 18)

En voici un autre exemple : lorsque, avec l'accord de D., Bilaam s'apprête à accompagner les envoyés de Balaq et qu'il selle son ânesse, Rachi dit (22, 21) : « De là nous voyons que la haine entraîne l'homme à outrepasser les normes car il l'a sellée lui-même (sans laisser cette tâche à ses serviteurs). » Nos Sages nous font entrevoir la haine contenue dans chacun des gestes de Bilaam contre Israël.

Pourquoi donc nos 'Hazal, qui ont dit dans le Traité des pères « Efforce-toi de juger tout homme en lui prêtant une bonne intention », s'efforcent-ils de trouver dans chacun des gestes, dans chaque parole de Bilaam, de mauvais desseins?

Nous touchons là à la conception particulière qu'a le Judaïsme de l'acte par rapport à l'intention.

On sait que, chez nous, même une faute involontaire est punie. De nos jours encore où le Temple n'existe plus et que nous ne pouvons plus offrir de sacrifice expiatoire, la halakha nous apprend que si, par exemple, nous entrons dans une chambre le Chabbat et qu'oubliant quel jour nous sommes, nous allumions l'électricité, nous devrions donner à la tsédaqa la contre-valeur d'un agneau que nous aurions offert à l'époque du Temple, soit 1525 € environ !

Et pourtant, nous n'avions aucune mauvaise intention, bien au contraire ! Nous aurions préféré ne pas avoir allumé la lumière ! Certains détracteurs vont même jusqu'à affirmer que le Judaïsme a une notion primaire de la responsabilité puisqu'il n'essaye pas de découvrir l'intention cachée derrière un acte.

En vérité, il en est tout autrement: dans un acte, le Judaïsme ne se contente pas de juger l'intention mais il pénètre plus avant dans ses éléments déterminants. Il pénètre jusqu'au subconscient de l'homme qui, comme les psychanalystes modernes l'ont confirmé récemment, nous renseigne davantage sur la véritable nature de l'homme que le conscient. Nous sommes donc beaucoup plus près de la vérité en jugeant un individu selon son subconscient.

La guémara "Baba métsia" (12b) nous apprend que si l'on a trouvé une reconnaissance de dette/un chtar 'hov, on est en droit de supposer que cet acte a été antidaté ! La guémara remarque : ne devrions-nous donc pas craindre que toute reconnaissance de dette ait pu être antidatée même si elle n'a pas été perdue ? Et la guémara de répondre: « puisqu'elle est tombée, elle n'a plus la même validité ».

En réalité, ce qui fait dire à nos 'Hakhamim que le document trouvé n'est pas régulier, est justement qu'il a été perdu; c'est parce que son possesseur savait que la reconnaissance de dette n'était pas régulière que son inconscient lui a fait relâcher son attention. Il l'a donc laissée tomber (sans pourtant que son acte ait été intentionnel !).

Il en est ainsi de la transgression du Chabbat: la Torah estime que si un homme a allumé l'électricité le Chabbat même sans intention de commettre une faute c'est que, dans son subconscient, la notion de l'importance du Chabbat n'occupe pas la place qu'elle devrait occuper. C'est pour ce relâchement (car conscient et subconscient sont malgré tout intimement liés) que nous sommes pénalisés et que nous méritons la punition.

Ainsi donc, le Judaïsme et nos Sages qui l'ont personnifié, ont utilisé des milliers d'années avant les découvertes de la psychanalyse, des méthodes permettant d'entrevoir, par les manifestations du subconscient, la Vérité dans l'individu, dans son comportement et, par-là même, dans tous les évènements qui ne sont, au fond, que la somme de toutes les actions individuelles.

Certes, nous dira-t-on, nous reconnaissons la grande perspicacité et la sagesse de nos 'Hakhamim mais si la découverte de la vérité n'était que le résultat de l'application d'une méthode intellectuelle d'investigation, pourquoi accorder une telle supériorité intellectuelle à nos Sages ?

En réalité, ce n'est pas tant sur le plan intellectuel mais sur le plan moral que leur niveau est inégalé et c'est pour cette raison que leur jugement, et le leur seul, acquiert une véracité quasi-absolue. Si la découverte du subconscient nous révèle la vérité, il faut encore, pour que ses manifestations prennent une valeur, que nous sachions les enregistrer. Or, le ‘‘nous’’n'est pas exempt non plus du subconscient que nous trouvons chez autrui. Et si nous employons des méthodes intellectuelles pour le découvrir chez autrui, elles resteront sans effet sur nous-mêmes. Notre subconscient qui englobe une masse d'intérêts personnels inextricables, de partis pris complexes, est un obstacle majeur et constant à l'impartialité de notre jugement. Sans que nous nous en rendions compte, notre subconscient risquera de le fausser presque continuellement.

« Car la corruption aveugle les clairvoyants » (Dévarim 16, 19). Nos Sages nous disent que la corruption comprend précisément la partialité qui est l'apanage de chacun de nous. On connaît le fameux exemple de la fable de La Fontaine Le Renard et les raisins.

Pour nous dégager de la masse inextricable de nos intérêts personnels, pour laisser notre jugement rendre son verdict en toute impartialité, l'intelligence la plus profonde et la perspicacité la plus précise ne suffisent pas. Il faut plus que cela : il faut une force morale supérieure, une force capable de s'élever au-dessus de ce parti pris dans tous les domaines de la vie.

Il est certain que seuls les Sages du Talmud ont atteint, outre leur intelligence et leur perspicacité hors du commun, une intégrité morale exceptionnelle que personne n'a jamais songé et ne songera jamais à leur dénier. Ils étaient capables de déceler et d'éliminer en eux la moindre parcelle de parti pris qui aurait pu fausser leur jugement. Nous rappellerons seulement l'exemple que nous rapporte le Talmud de cet Amora qui devait juger deux partis. A un certain moment, l'un des plaignants a remarqué une petite plume sur l'habit du Sage et la lui a enlevée. « Je ne suis plus apte à vous juger! » s'est écrié le Sage car il se sentait devenu partial après que l'un des plaignants lui ait rendu ce tout petit service.

Ce sont eux les seuls piq'him, les seuls voyants, car eux seuls se gardent totalement de tout 'cadeau corrupteur' au sens large, c'est-à-dire de tout parti pris. C'est donc grâce à leur intégrité morale exceptionnelle et leur total désintéressement qu'ils ont pu nous transmettre la Torah orale y compris l'interprétation midrachique avec une fidélité absolue, sans déformation tendancieuse la plus légère soit-elle.

Eux-seuls ont pu pénétrer jusqu'au subconscient de l'individu et découvrir la vérité. Eux-seuls ont su trouver à travers les actes et paroles de Bilaam, cet ennemi implacable d'Israël, la véritable nature de son âme. Ce Bilaam convenable, bon enfant, n'est pas Bilaam; il n'est qu'un mince masque extérieur du véritable Bilaam, ce racha que nos 'Hakhamim ont su découvrir et mettre à jour en soumettant chacun de ses actes et chacune de ses paroles à leur jugement sans équivoque.

La Torah a voulu nous montrer, par ce petit aleph, qu'une lecture superficielle du texte peut nous faire confondre Vayiqra et Vayiqar et commettre de graves erreurs. La compréhension des évènements et des personnages ne peut venir que de ceux qui savaient lire, les 'Hazal.

Voilà une des bases de notre Émounat 'hakhamim, élément fondamental de la foi d'Israël.

Rav Guerchon, Imrei Cohen

 

 

 

LA MITSVA DE PARTICIPER AUX PRÉPARATIFS DE CHABBAT

Il est dit : « Le sixième jour, ils prépareront ce qu’ils auront apporté. » (Ex 16, 5)

De là, nous apprenons que c’est une mitsva de préparer, le vendredi, le nécessaire pour le Chabbat. Même une personne qui n’a pas l’habitude d’aider, ni de faire quoi que ce soit durant la semaine, doit accomplir quelque chose pour aider dans les préparatifs du Chabbat.

Il est rapporté dans la guémara Chabbat que les grands maîtres d’Israël, des personnalités illustres, participaient personnellement aux préparatifs du Chabbat : Rava salait les poissons; Rabba et Rav Yossef fendaient du bois pour alimenter le feu du fourneau; Rav Houna et Rav Papa préparaient les lumières de Chabbat… (Chabbat 119a). Dans cet esprit, chaque homme doit vérifier que sa maison soit prête pour le Chabbat : que les minuteries qui commandent la lumière, le climatiseur et le chauffage soient bien programmés, que les plats mijotent sur la plata, que l’ampoule du réfrigérateur soit éteinte…

D’après le Midrach, Pniné Halakha

 

 

 

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Association pour la Torah, l’Enseignement et les Mitsvot

 

Paru au Journal Officiel du 01/1990
 

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