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Parachat VAYAKHEL – PEKOUDÉ - HA'HODECH


La Sainteté du Chabbat et celle du Michkan

Une fois de plus la sainteté du Chabbat est rappelée au peuple avec la précision particulière de la défense d'allumer du feu dans les maisons juives et d'observer un repos absolu pendant toute la durée de la journée sabbatique.

Israël est invoqué pour participer à la réalisation du grand projet, l'édification du sanctuaire. Des volontaires et des spécialistes, artisans et ouvriers, se présentent pour apporter leur concours à l'œuvre sacrée. Deux responsables, Betzalel et Oholiab, doivent coordonner les efforts du peuple. D. leur inspire l'intelligence et la sagesse indispensables pour mener à bien leur lâche.

Aussitôt intervient le récit de l'édification, qui reprend tous les détails déjà énoncés dans les textes précédents et s'achève sur des comptes méticuleux donnant le total de l'or, de l'argent, de l'airain et des matériaux divers employés pour les travaux. Le tabernacle dressé, tout est présenté à Moïse qui, après un rapide examen, constate que l'ouvrage, achevé, est entièrement conforme aux ordres de D. : il bénit le peuple.

Le premier jour du premier mois, la tente sacrée est inaugurée. Les fils d'Aaron sont immédiatement appelés à leur service et la gloire de D., une nuée épaisse, couvre la tente d'assignation. Dorénavant, le tabernacle accompagnera tous les déplacements du peuple durant la longue période de ses pérégrinations et D. devient ainsi le véritable conducteur de ce peuple qui lui est consacré à jamais.

Le deuxième livre de Moïse s'achève sur l'image de paix et de calme d'Israël organisé et groupé autour du centre spirituel de sa vie sociale.

 





LA TORAH COMMENTÉE

 

 

VAYAKHEL

Le mérite des femmes

« Et il confectionna le bassin de cuivre et sa base de cuivre avec les miroirs des femmes vaillantes qui avaient afflué à la porte de la Tente d'assignation » (38, 8).

Les femmes s'étaient empressées d'apporter les premières leurs dons pour la construction du Tabernacle, comme il est dit « Et les hommes vinrent après les femmes » (35, 22).

Or, soulignent nos Sages, nous savons que lors du péché du Veau d'or, les femmes avaient refusé de donner leurs bijoux, conformément au rôle qui leur fut assigné depuis la Création (Beréchith 2, 18)

« D. dit: ce n'est pas bon que l'homme soit seul, Je vais lui faire une aide - kenegdo - face à lui [ou contre lui] ».

Rachi explique le sens de kenegdo : « si l'homme est méritant, elle sera une aide face à lui mais s'il ne l'est pas, elle luttera contre lui ».

Devant le refus des femmes, les hommes ont dû donc se défaire de leurs propres pendentifs pour confectionner leur idole (32, 23). Il en fut autrement pour la construction du Sanctuaire. Les femmes furent les premières à offrir ce qu'elles avaient de plus précieux. C'est pour cette raison, rapporte le Choul'han Aroukh (et la guemara Meguila 22, Rachi) que les femmes ont droit à une fête supplémentaire: Roch 'hodech où elles n'effectuent pas certains travaux.

Pourquoi justement Roch 'hodech ?

Comme nous le savons, le Michkan fut inauguré le jour de Roch 'hodech Nissan et c'est la raison pour laquelle chaque Roch 'hodech reste une fête réservée aux femmes.

Mais nous pouvons également établir un autre lien entre les femmes et Roch 'hodech :

Lorsque dans le désert, elles firent don pour le Tabernacle des miroirs de cuivre dont elles se servaient en Egypte, Moché ne voulut pas les accepter. Toutefois, D. lui demanda expressément de les prendre pour la confection du Kiyor, le bassin servant à l'ablution des Cohanim (Rachi 38, 8).

En effet, c'est au moyen de ces miroirs que ces femmes courageuses avaient redonné une raison de vivre à leurs maris qui, abattus par le terrible esclavage, étaient dans un état de découragement complet. Tout au long de l'histoire, le rôle des femmes fut déterminant au moment où tout semblait perdu. Lorsque le Gadol hador, Amram, décida de ne plus avoir d'enfant, puisqu'on jetait les garçons dans le fleuve, tous les Hébreux l'imitèrent. Ce fut grâce à Myriam, qui réunit à nouveau ses parents, que non seulement Moché vint au monde mais que le peuple juif fut sauvé de la disparition complète!

Il en fut de même à 'Hanouka avec Yehoudith, à Pourim avec Esther et tout au long des générations jusqu'à la Rédemption qui, à l'instar de la Sortie d'Egypte, arrivera comme on le sait par le mérite de notre mère Ra'hel et des femmes tsadkanioth.

Telle est la signification profonde de Roch 'hodech: subitement, le premier jour du mois, la lune renaît après une absence totale de clarté. Auparavant dans l'obscurité complète, le monde semblait plongé dans des ténèbres éternelles. Ce moment de renaissance de la lumière reste réservé aux femmes, c'est leur fête particulière car ce sont elles qui possèdent, par la force de leur émouna, le don de l'espoir, le pouvoir du renouveau.

 

Avant l'effort de l'Homme

« Et Moché dressa le Michkan, il posa les socles et plaça les solives, fixa les traverses et érigea les piliers (40, 18). »

Sur ce verset, le Seforno cite la guemara (Mena'hoth 99a) :

« Les tentures sont appelées michkan mais non les piliers» pour nous faire remarquer que Moché a d'abord étendu les tentures - l'essentiel du michkan - qui sont restées miraculeusement suspendues, nous dit le midrach, jusqu'à ce qu'il eut dressé les poutres au-dessous d'elles.

Le Chem miChemouel explique le symbolisme de cette idée : la résidence de la présence divine, la Chekhina, représentée par les tentures précède l'effort de l'homme, la mise en place des piliers.

Comme le dit le verset des Lamentations: «Fais-nous revenir vers Toi, ô Hachem, et (ensuite) nous reviendrons ».

 

Tout le thème de Pessa'h annoncé par Parachath ha'hodech véhicule la même idée.

En effet, les Enfants d'Israël furent miraculeusement délivrés d'Egypte alors qu'ils étaient dépourvus de tout mérite ainsi qu'il est écrit:

« Et toi, tu étais nue et dépouillée [de mitsvoth] ».

Le mot Pessa'h lui-même signifie un saut, un pas (et le terme « Pâque » provient du mot « pas », Rachi 12, 11).

Ceci nous enseigne, non seulement que D. a sauté au-dessus des maisons des Hébreux lors de la mort des premiers-nés, mais encore qu'Il nous a fait "sauter les étapes" spirituelles pour nous faire bénéficier de la délivrance. Au seuil de la cinquantième porte d'impureté, les Enfants d'Israël furent témoins, par ces miracles extraordinaires, de la révélation de la puissance divine! D. s'est manifesté à eux alors qu'ils n'en avaient pas le mérite, telles les tentures du Tabernacle qui se tenaient déployées avant la mise en place des piliers.

Pendant le mois de Nissan et la fête de Pessa'h chaque année, les Juifs à titre collectif et individuel bénéficient de cette même générosité de la part de D.

Il nous élève au-dessus de notre niveau spirituel réel. Il nous donne la possibilité de brûler les étapes et de prendre des décisions de repentir, de progrès spirituel que nous n'aurions pas eu la force d'effectuer de nous-mêmes. A nous de ne pas laisser échapper cette occasion extraordinaire!

 

PEKOUDÉ

La bénédiction de Moché Rabbénou

« Et Moché vit tout le travail et voici ils l'avaient accompli comme D. avait ordonné, ainsi l'avaient-ils fait ; et Moché les bénit » (39, 33).

Quelle bénédiction Moché leur donna-t-il? demande Rachi. « Il leur dit : "yehi ratson, que Sa volonté soit que la Chekhina réside dans l'œuvre de vos mains" ».

On peut s'étonner que Moché leur donnât une telle bénédiction alors que D. avait déjà dit: «Ils feront pour Moi un Sanctuaire et Je résiderai parmi eux»

Le 'Hokhma 'im na'hala répond à cette question:

Dans la parachath Chemini, il est écrit (Vayiqra 9, 6):

« Moché dit : 'cette chose que D. a ordonnée, vous [la] ferez et la Gloire de D. vous apparaîtra ».

Le midrach explique ce verset ainsi: « Lorsqu'ils achevèrent le michkan, Moché dit aux Enfants d'Israël : "Ce même yétser hara, ôtez-le de votre cœur et servez D. dans la crainte et avec un seul cœur et ainsi, la Gloire de D. se révèlera à vous" ».

De quel yétser hara s'agit-il? demandent les commentateurs et le 'Hokhma im na'hala propose l'interprétation suivante:

La parachath Chemini relate l'inauguration du Michkan construit par les efforts de tous les Enfants d'Israël. Mais à ce stade, un danger les guettait : celui de croire qu'ils étaient arrivés au but, au summum de leur ascension. Ce yétser hara, c'est celui de la suffisance après l'œuvre accomplie, c'est le risque de ne plus vouloir fournir d'efforts.

Or, en réalité, la construction du Michkan n'était qu'un point de départ. Dès lors commençait le travail de sanctification personnelle pour que se réalise la parole divine : « Ils me feront un sanctuaire et Je résiderai parmi eux ».

La bénédiction de Moché: « Que Sa volonté soit que la Chekhina réside dans l'œuvre de vos mains» signifie, selon le midrach: Eloignez de votre cœur ce sentiment de complaisance. Vous mériterez alors, par la constance de votre ascension spirituelle, la révélation de la présence divine.

Ce yétser hara guette tout homme qui vient de surmonter une épreuve. Un sentiment de suffisance peut le mener à l'immobilisme, ou pire, à une régression spirituelle. Il ne doit jamais oublier que le triomphe d'une épreuve n'est que le point de départ pour l'épreuve à venir. Ainsi, d'échelon en échelon, il s'élèvera vers une reconnaissance plus grande de la royauté divine et il réalisera pleinement le but de son existence sur terre.

 

À chacun son fil d'or

Nos Sages nous enseignent que la construction du Tabernacle a été conçue sur le modèle de la Création du monde et sur le modèle de l'Homme. Ils établissent un rapport entre les ustensiles du Michkan et les éléments de la Création d'une part et le lien entre l'âme et le corps humain, d'autre part.

Or, souligne le Qedouchath Lévi, il est dit à propos de la Genèse : « D. avait à l'esprit de créer le monde avec l'attribut de Justice mais Il y associa l'attribut de Miséricorde. »

Pour les Justes, il eût mieux valu que le monde soit régi par la qualité de Justice car leur récompense aurait été plus grande !

Cependant, l'attribut de Miséricorde était nécessaire pour que le monde puisse se maintenir même si l'homme n'atteint pas la perfection.

L'or, le matériau le plus noble, représente la midath hadin, la Justice divine. L'argent ou le cuivre désignent la midath hara'hamim, la Miséricorde divine.

Dans la construction du Michkan, les plaques d'or ont été coupées pour en faire des fils d'or qui furent mélangés aux autres fils. Ils étaient présents dans la confection de tous les tissus des tentures, des rideaux et des habits sacerdotaux. Cela signifie qu'à l'instar du Michkan, le monde peut exister même s'il n'est pas parfait, mais la présence des « fils d'or », des tsadiqim, est indispensable : «tsadiq yessod 'olam - le Juste est le fondement du monde ».

D'autre part, cela nous rappelle que chacune de nous est constitué de « fils d'or » mélangés aux autres fils. Chaque Juif a la possibilité d'être un tsadiq, d'atteindre la perfection dans un certain domaine, à certains moments de son existence. Chacun possède son propre fil d'or, sa potentialité d'atteindre la perfection. C'est ainsi que pendant la prière de la amida, à laquelle la construction du Tabernacle a également été comparée, nous nous tenons debout, les pieds joints, pour ressembler aux anges au pied unique « veraglélhem réguèl yechara ».

C'est dans de sens que les maîtres de moussar nous recommandent d'accomplir au moins une mitsva spécifique de la façon la plus parfaite possible, dans la pratique comme dans l'esprit; cette mitsva particulière accomplie à la perfection peut donner un sens à toute notre existence !

 

Rav Guerchon, Imrei Cohen

  


La délivrance dépend de l’observance du Chabbat

Le livre d’Isaïe nous apprend que la Délivrance dépend de la pratique du droit et de la justice, ainsi que de l’observance du Chabbat :

« Quiconque observe le Chabbat, se gardant de le profaner, ceux qui tiennent ferme mon alliance, Je les mènerai sur ma montagne sainte, et Je les réjouirai dans ma maison de prière ; leurs holocaustes et leurs sacrifices seront agréées sur mon autel, car ma maison sera appelée maison de prière pour tous les peuples ».

Nos sages apprennent de cela : « Si le peuple d’Israël gardait deux Chabbat conformément aux prescriptions, il serait immédiatement délivré » (Chabbat 118b).

Pourquoi, si le peuple d’Israël observait deux Chabbat, serait-il immédiatement délivré ?

Le prophète n’annonce-t-il pas que la Délivrance dépend du droit et de la justice ?

En fait, si le peuple juif observait deux Chabbat conformément aux prescriptions, il observerait bien entendu aussi le droit et la justice, car, par l’effet du Chabbat, il se libère de la soumission à l’argent et aux possessions matérielles, et il s’élève dans la foi ; ainsi, il désirera également accomplir le droit et la justice durant les six jours de la semaine.

Il apporte ainsi leur réparation spirituelle (tiqoun) aux six jours de la semaine, et il mérite la Délivrance (cf. Baba Batra 10a ; Dt Rabba 5, 7).

Nos maîtres disent encore que, grâce à l’observance du Chabbat, il mérite de s’établir en terre d’Israël ; comme dit D. à Abraham: « Si tes enfants acceptent le Chabbat, ils entreront dans le pays ; sinon, ils n’y entreront pas » (Gn Rabba 46, 9).

Or l’entrée dans le pays constitue le commencement de la Délivrance.


D’après le Midrach, Pninei Halacha

  

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Paru au Journal Officiel du 01/1990

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