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Parachat CHÉMOT : Le début de l'esclavage et la naissance de Moché



Le deuxième livre de la Torahl'EXODE, ne présentera plus l'histoire de la famille issue d'Abraham, mais celle du peuple, de l'unité formée en Égypte. Un changement de régime provoque des mesures d'exception contre les juifs. La plus violente est celle de l'extermination des enfants. Les deux sages-femmes juives opposent une résistance héroïque aux féroces lois égyptiennes. Amram de la famille de Lévi, engendre un fils, Moïse. Celui-ci, miraculeusement épargné, reçoit une éducation princière à la cour du roi, à la suite de son adoption par la princesse héritière d'Égypte. Les souffrances d'Israël vont en augmentant. Brimades et durs travaux doivent briser la volonté de vivre des étrangers. Moïse assite à une scène particulièrement violente et abat un Égyptien, bourreau surveillant. Moïse s'enfuit à Madian où il devient berger et épouse Séphora, fille de Jéthro. C'est à Madian, au buisson ardent, que Moïse reçoit le premier appel de D. qui lui ordonne de se rendre en Égypte pour agir en faveur de ses frères opprimés. Moïse, accompagné d'Aaron son frère, se présenta à Pharaon, mais le résultat de leur première démarche est le renforcement des mesures prises contre les Juifs et un redoublement de zèle des oppresseurs.
(Source "La Torah Commentée", Marc Breuer)

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LA VALEUR DES PETITES ACTIONS

Le Midrach raba fait une remarque surprenante à première vue.

D. ne donne jamais la grandeur à une personne sans l'éprouver d'abord sur des petites choses. Ce n'est qu'après qu'il l'élève.

C'est au moyen de choses en apparence insignifiantes que D. éprouva la valeur de deux des plus grands hommes de la terre. Après s'être assuré qu'ils en étaient dignes, il les éleva.

D. vit comment David faisait paître le bétail : il le conduisait dans le désert (les régions inhabitées d'Erets Israël) pour l'empêcher d'empiéter la propriété d'autrui...

Il en fut de même pour Moché, comme il est dit : ''Il avait conduit le bétail au fond du désert'', pour éviter le vol, et D. le choisit comme berger pour le peuple d'Israël, ainsi qu'il est dit : ''Tu conduisis comme un troupeau ton peuple, par la main de Moché et d'Aharon''.

Il convient de comprendre pourquoi les petites choses permettent de mieux juger la personne que des actions plus grandes ou plus difficiles.

 

L'argent de Pourim

La Guemara nous raconte un autre cas de' ''petite action'' déclenchant une réponse enthousiaste de l'un des Tannaïm.

À une époque où les Romains avaient décrété la peine de mort pour ceux qui étudiaient la Torah, Rabbi 'Hanina ben Teradion, au mépris de sa vie, rassemblait des foules pour enseigner publiquement la Torah. Rabbi Yossi ben Qisma, un Sage de sa génération, étant tombé malade, Rabbi 'Hanina ben Teradion lui rendit visite.

''Mon frère, lui dit Rabbi Yossi dès qu'il entra, j'entends dire que tu enseignes publiquement la Torah à des foules, avec un séfer Torah dans les bras. Ne sais-tu pas que c'est D. qui a donné la royauté à cette nation (Rome) ? Elle a détruit sa demeure, brûlé son sanctuaire, mis ses Justes à mort, massacré les meilleurs de ses enfants, et sa puissance est toujours intacte...''.

''Que D. ait pitié de moi !'' répondit Rabbi 'Hanina.

''Je dis des choses sensées, s'exclama Rabbi Yossi, et tu me réponds : ''Que D. ait pitié !'' ? Cela m'étonnerait qu'ils ne te brûlent pas avec le séfer Torah !''.

''Rabbi, que puis-je espérer pour le 'olam haba ?'' lui demanda Rabbi 'Hanina.

''As-tu à ton actif une bonne action quelconque ?'' lui demanda Rabbi Yossi.

''Une fois, l'argent que j'avais gardé pour (le repas de) Pourim s'est mélangé à une somme qui était destinée aux pauvres, et j'ai donné le tout à la tsedaqa'' répondit Rabbi 'Hanina.

''S'il en est ainsi, que ta part (dans le monde à venir) soit la mienne, et que mon sort soit semblable au tien !'' s'exclama Rabbi Yossi.

Comment comprendre l'enthousiasme suscité par cette ''petite action'' ? Le geste de Rabbi 'Hanina est-il plus grand que le sacrifice de sa vie pour la Torah ?

Il est d'autant plus difficile de comprendre la réaction de Rabbi Yossi devant un sacrifice de quelques sous, lorsqu'on sait que ce tana, à qui on proposa une très belle somme pour aller s'installer dans un certain endroit, refusa de quitter sa ville en disant : ''Pour tout l'or du monde, je ne quitterai pas un lieu de Torah !''. Comment un homme qui n'a que mépris pour toutes les richesses de la terre peut-il manifester une telle admiration en voyant son collègue renoncer à quelques shékels ?

 

La valeur d'une demi-perouta

L'explication est que les actions d'éclat n'indiquent pas toujours la véritable madrégua de celui qui les accomplit. Elles sont souvent le produit d'un enthousiasme passager, de nature extérieure. De plus, les grandes choses souvent entreprises avec la conscience du regard des autres, ne donnent aucune indication sur la valeur intrinsèque de celui qui les accomplit.

La vraie personnalité - la madrégua authentique - se révèle davantage dans les petites choses auxquelles la personne n'attache pas d'importance sur le moment. 

La grandeur de Iyov, disent nos Sages, était qu'il fermait les yeux sur une demi-perouta qu'on lui devait. Il demandait à un ouvrier d'exécuter une menue besogne pour une demi-perouta. Comme il n'y avait pas de pièce d'une demi-perouta, Iyov suggérait d'aller à la boutique voisine - acheter une petite miche de pain ou deux œufs pour la valeur d'une perouta - et de les partager en deux. Iyov, de son côté, insistait pour que l'ouvrier prenne la miche entière ou les deux œufs, préférant renoncer à la demi-perouta qui lui revenait, et ce geste, loin d'être insignifiant, révèle le véritable caractère de Iyov.

L'amour de l'argent se manifeste même lorsqu'il s'agit de toutes petites sommes, et beaucoup de commerçants ont tendance à ''arrondir'' les chiffres à leur propre avantage. La vraie personnalité se révèle donc dans l'attitude qu'on a vis-à-vis des petites choses.

Puisque le sort de la personne dans le 'olam haba dépend du degré d'intériorité - le lichma - qu'elle a atteint, nous pouvons comprendre la réaction de Rabbi Yossi ben Qisma devant le geste apparemment insignifiant de Rabbi 'Hanina. Un petit geste comme celui-là, à ses yeux, était bien plus probant que de grands sacrifices entrepris pour la Torah avec le sentiment qu'on fait de grandes choses qui seront qualifiées d'héroïques. C'est l'acte insignifiant, que personne ne remarque et qui sort du fond du cœur sans qu'on en ait vraiment conscience, qui prouve la place qu'on mérite vraiment dans le 'olam haba.

Source : Mi'htav Me-Eliaou, écrits de Rav Eliaou E. Dessler.


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