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VAYE'HI, la paracha "setouma"















LES KELIM AU SERVICE DE D.

Nous avons déjà parlé du concept des kelim pour le service de D.

Dans son infinie bonté, Hachem nous accorde des kelim sans nombre - des moyens et des outils - que nous pouvons utiliser pour améliorer notre service de D.

Ces Kelim incluent les parents, les maîtres, les guides spirituels, les livres, les idées et lieux et les diverses conjonctures.

Toutes les choses ou les personnes auxquelles nous sommes confrontés peuvent servir de moyens pour nous élever.

Hachem nous a accordé un 'hessed supplémentaire en permettant à de nouveaux kelim d'apparaître lorsque nous en avons besoin.

Il se peut qu'un grand tsaddiq sente que les kelim dont il dispose ne sont pas suffisants. Hachem l'aidera à créer un keli d'un genre nouveau, qui peut ensuite devenir la propriété de tous.

Nous trouvons cette idée dans le Midrach :

Avraham demanda des signes de vieillesse. Il dit : Maître de l'univers ! Lorsqu'un homme et son fils entrent dans un lieu quelconque, personne ne sait à qui il convient d'adresser des marques de respect. Si tu lui donnais des signes de vieillesse, le problème serait résolu. D. lui répondit : " Par ta vie ! C'est une bonne chose que tu as demandée, et je commencerai par toi." Depuis le début du livre (Beréchith) jusqu'à ce verset (''Avraham était vieux, avancé dans la vie''), il n'est nulle part question de vieillesse. Lorsque Avraham se présenta, la vieillesse lui fut donnée.

Yits'haq demanda la souffrance. Il prit la parole devant D. : "Maître de l'univers ! Si une personne n'a jamais souffert durant sa vie, comment pourra-t-elle affronter la justice ?... Tu as demandé une bonne chose : cela commencera par toi." Lorsque Yits'haq avinou se présenta, la souffrance lui fut donnée, comme il est dit : ''Lorsque Yits'haq devint vieux, sa vue s'obscurcit et il cessa de voir.''

Ya'aqov demanda la maladie. Il dit : "... Si un homme ne tombe pas malade quelques temps avant de mourir, comment pourra-t-il arranger les affaires entre ses enfants ? S'il est malade pendant deux ou trois jours, le problème sera réglé... Tu as demandé une bonne chose : c'est par toi que cela commencera, comme il est écrit : ''On raconta à Yossef que son père était malade''.

Nous savons que la qualité principale d'Avraham était le 'hessed, le ''donner''.

Le 'hessed engendre le désir sincère d'honorer une autre personne, afin de lui faire plaisir. Ce fut Avraham qui sentit que la difficulté de reconnaître immédiatement la personne qu'il convient d'honorer posait un problème. Il avait besoin d'un keli neuf et Hachem le lui donna, car il ressentait, en toute honnêteté, que ces signes de l'âge l'aideraient dans sa façon de servir D.

Le service de D. de Yits'haq était principalement fondé sur la stricte justice - la middath hadin.

Cette midda lui faisait ressentir la nécessité d'un keli capable d'amener au repentir. Il avait besoin d'un rappel à l'ordre lui disant qu'il n'était pas parfait ; la maladie physique lui ferait comprendre ses carences morales. C'est la raison pour laquelle il demanda des souffrances à Hachem - et la cécité représente sans aucun doute une forme de souffrance.

Ya'aqov avinou était un ''homme simple''.

Sa midda principale, la vérité, permet à l'homme d'établir la paix entre les facteurs conflictuels et de faire régner l'harmonie entre les opposés. Il vit qu'il n'y aurait pas de véritable paix entre ses héritiers s'il n'avait pas, avant sa mort, le temps de donner des instructions personnelles aux membres de sa famille et de régler entre eux, dans un esprit de vérité, les points éventuels de litige. Chaque personne a des traits de caractère différents et la paix ne peut exister entre les hommes sans la midda de vérité. Lorsqu'une personne cherche la vérité, elle cherche à accomplir la part que D. lui a accordée à elle seule. La vérité lui montrera combien il est vain d'être jaloux de la part d'un autre. Elle lui fera comprendre que c'est grâce aux efforts réunis d'individus distincts qu'on peut arriver au résultat final. Chacun complète l'autre et la paix et l'harmonie couronnent leurs efforts.

Ya'aqov sentait le besoin d'avoir un signe annonciateur de la mort prochaine, pour qu'il ait le temps de s'assurer que la paix régnerait entre ses descendants.

Chacun des avoth a donc inventé le keli correspondant le mieux à son propre trait de caractère et cela pour le bénéfice de tous les hommes ayant à cœur de servir D.

Source : Mi'htav Me-Eliaou, écrits de Rav Eliaou E. Dessler


Paracha Setouma, réflexions sur la vie

La Sidra de Vaye'hi présente une particularité unique, celle d'être une paracha setouma, ''un espace clos''.

En effet, alors qu'habituellement, il existe un espace blanc de quelques lettres entre la fin d'une Sidra et le début d'une autre, rien de semblable entre Vayigach et Vaye'hi.

Pourquoi cette particularité ?

À cette question, Rachi donne deux réponses. La première, c'est qu'après la mort de Jacob commence l'asservissement des Hébreux par les Égyptiens.

Quelqu'un qui est esclave n'a même plus le temps de réfléchir, il est abruti par le travail. Son horizon est bouché, il ne voit pas le bout du tunnel ; il n'a plus l'espoir de s'en sortir. La paracha est ''fermée, bouchée'', pour exprimer ce que ressentaient les Hébreux, esclaves en Égypte.

Selon la deuxième réponse de Rachi, Jacob voulait dévoiler à ses enfants et à ses descendants, l'avenir. D. l'en a empêché, estimant qu'il vaut mieux pour l'homme ne pas savoir ce qui l'attend plus tard.

A ces deux explications traditionnelles, on peut en ajouter d'autres. Cette Sidra s'intitule Vaye'hi, elle est placée sous le signe de la vie. Or, toute vie est une paracha setouma, comme un livre fermé, qui se déroule et se dévoile au fur et à mesure, sans que l'on puisse prévoir avec certitude ce que nous réservera l'instant suivant.

Selon cette hypothèse, comme il est question de la mort de Jacob (puis de celle de Joseph), on aurait dû, au contraire, respecter la règle habituelle et laisser un espace blanc. En effet, au moment où se termine la vie, tous les mystères de l'existence qui vient de s'achever, sont levés !

On peut répondre à cette objection que, même après la mort physique de l'homme, sa vie n'est pas fini ; il y a un monde futur, une autre vie qui est également setouma, inconnue, car personne n'est revenu de là-bas pour nous dire ce qui se passe après notre mort. Cette permanence de la vie est d'ailleurs tout particulièrement soulignée chez Jacob à propos duquel les Sages affirment (Taanit, 5b) : Yaacov avinou lo mèt, ''Jacob n'est pas mort'', dans la mesure où ses descendants ont continué son œuvre.

Toujours dans l'hypothèse où la paracha setouma désigne la vie, on peut affirmer que même après la mort, la vie de chacun reste pour les autres, y compris pour les proches, une énigme au moins partielle. En effet, on ne connaît jamais entièrement la personnalité de ceux que l'on côtoie pourtant quotidiennement. Chaque vie garde donc sa part de satoum, de secret, et ne dit-on pas couramment à ce sujet que ''un tel a emporté son secret dans la tombe''?

On peut bien entendu travailler sur une hypothèse plus classique et attribuer le caractère ''satoum'' de cette Sidra au fait qu'il y est question de la mort de Jacob et de Joseph.

Or, tout ce qui concerne la mort est caché à la vue des humains, comme le rappelle un texte talmudique (Pessa'him, 54b) :

''Sept choses échappent à la connaissance de l'homme : le jour de la mort, la fin de l'exil... ''.

Dans le cas de notre Sidra, il est question des deux à la fois, car, comme je le disais précédemment au nom de Rachi : ''Jacob voulait dévoiler la fin de l'exil, D. l'en a empêché'' ; elle est donc fermée ''à double tour''.

On peut enfin, pour terminer, avancer une autre explication qui ne fait intervenir aucune des hypothèses précédentes. Elle se réfère à l'explication traditionnelle concernant l'espace blanc que l'on laisse entre chaque Sidra. Il doit permettre à l'homme de réfléchir.

Cette histoire de l'esclavage d'Egypte dont les signes précurseurs se trouvent dans notre Sidra, dépasse en réalité notre entendement. En effet, s'il est certain que les conditions de vie ont été très dures en Égypte, il ne faut pas oublier qu'il y eut certains côtés positifs durant ce séjour.

Pour Jacob, les dix-sept années qu'il a passées à la fin de sa vie en Égypte, furent parmi les plus belles de sa vie.

Au début tout au moins, Israël a bénéficié d'un accueil chaleureux et ceci en pleine crise économique ; le peuple juif s'est formé en Egypte : croissance exceptionnelle, école de la vie.

Admettre ces côtés positifs constitue quelque chose de très difficile. Il n'empêche que la Torah nous demande d'avoir vis-à-vis de l'Égypte une certaine reconnaissance. Cela peut paraître dépasser notre entendement ; c'est ce que cherche à exprimer la paracha setouma.

Le dernier verset de Vayigach semble confirmer cette hypothèse, puisqu'en nous parlant de l'installation des Bené Israël en terre de Gochèn, la Torah nous dit (47;27) : vayéa'hazou ba vayiphrou vayirbou meod, ''ils ont pris possession de cette terre, ils y ont fructifié et s'y sont multipliés''.

Ceci peut-être nous donne une note d'espoir : même si le monde paraît s'enfoncer dans ses problèmes et que l'horizon semble bouché, il ne faut pas baisser les bras, il faut garder espoir en des jours meilleurs, comme le dit la Torah : Beréchit (50;25) : paqod yiphqod Eloqim ètkhèm, ''D. se souviendra de vous'' et vous quitterez l'Égypte.

Source : Petites Lumières pour le Chabbat, Grand-Rabbin Alain Weil 


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