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Parachat BÉHAR-BÉKHOUKOTAÏ : Chemita, Yovel, Mitzvot et Guéoula

Parachat BÉHAR-BÉKHOUKOTAÏ

QUELS SONT LES SUJETS TRAITÉS DANS LA DOUBLE PARACHA BÉHAR-BÉKHOUKOTAÏ ?

La sidra Béhar nous révèle que l'année sabbatique sera observée aussitôt après la prise du pays. L'année jubilaire, aura lieu tous les quarante-neuf ans et elle entrainera le rachat des propriétés foncières ainsi que la libération définitive des esclaves. Des mesures en faveur du pauvre et la défense de prêt à intérêt terminent ce chapitre.

Békhoukotai. Le chapitre XXVI est entièrement consacré aux avertissements solennels que D. adresse au peuple en le mettant en garde contre toute infidélité et rupture de l'alliance sacrée. La paix et la prospérité, la sécurité nationale et le bien-être individuel seront les conséquences de la conduite impeccable, morale et physique du peuple. Mais toute l'horreur du châtiment divin se déclenchera dès que les fils d'Israël « rejetteront le joug ». La dure école de l'exil les conduira à travers les nations du monde jusqu'au jour où ils auront repris conscience de leur tâche essentielle, où l'ancienne alliance, qui n'est jamais rompue, les remettra à la place et au rang qui leur sont dûs et où une nouvelle ère de paix universelle accompagnera la réconciliation de la nation et de D.

Des ordonnances se référant aux vœux et aux dîmes achèvent le troisième livre de la Torah.

Source La Torah commentée

 

 

LA VÉRITABLE CAUSE DES ÉVÉNEMENTS

« Et l'Et. parla à Moché au Mont Sinaï en disant» (25, 1).

Pourquoi au sujet de la Chemita, année sabbatique, est-il fait mention du Mont Sinaï ? demande Rachi. Toutes les mitsvot n'ont-elles pas été dites là-bas ? En réponse à cette question, Rachi explique en quoi cette mitsva sert de modèle à toutes les autres. Le Sefat Emet nous parle d'un autre domaine où la loi de l'année sabbatique peut nous servir de référence.

Dans Be'houkotaï, au chapitre des malédictions, la Torah nous avertit à plusieurs reprises que le nombre des années d'exil serait équivalent à celui des années sabbatiques qui n'auront pas observées convenablement (26, 34-35-43). Et ce fut effectivement le cas pour l'exil de Babylone qui a duré soixante-dix ans (cf. Rachi 26, 35).

Quel est le rapport entre cette faute et l'exil ?

BéharLe premier Rachi de Béréchit nous explique pour quelle raison la Torah commence par le récit de la Création et non pas par l'exposé de lois. «La force de Ses œuvres, Il l'a racontée à Son peuple pour leur octroyer l'héritage des nations» dit le verset des Psaumes.

La Torah relate le récit de la Genèse, afin qu'Israël puisse rétorquer à ceux qui contesteront la conquête du pays des sept peuples cananéens: « Toute la terre appartient à D., c'est Lui qui l'a créée et Il peut la donner à qui est droit à Ses yeux! Par Sa volonté, Il la leur a donnée et par Sa volonté, Il la leur a reprise et nous l'a donnée ».

D. a donné un pays à toutes les nations du monde. Cependant, au peuple d'Israël, Il a posé une condition: si vous admettez que votre pays appartient à D., puisque c'est Lui qui a créé le monde, Erets Israël sera à vous. En effet, c'est uniquement en vous fondant sur ce principe que vous pourrez réfuter ceux qui vous traitent de voleurs (cf. Rachi Béréchit 1, 1). Si, au contraire, vous estimez que cette terre vous revient automatiquement, comme les autres peuples ont un pays, le monde entier pourra remettre en question vos droits sur Erets Israël (historiquement, les peuples cananéens ou les Arabes y ont vécu plus longtemps que nous !). D. ne les empêchera pas de vous la ravir.

Observer l'année sabbatique, les lois de la Chemita, c'est rendre tous les sept ans la terre à D. . En renonçant aux droits de propriété sur 'nos' terres pendant toute cette année, nous reconnaissons qu'elles ne sont pas à nous mais au Maître du monde. Ce n'est qu'à cette condition qu'Erets Israël peut nous appartenir! Et si la mitsva de Chemita n'est pas observée comme il le faut, l'exil en sera la conséquence logique et automatique.

C'est ainsi qu'il est dit dans le traité des Pères (5, 9): « L'exil vient dans le monde à cause de l'idolâtrie, l'inceste, le meurtre et la violation des lois de la Chemita ».

C'est en cela, dit le Sefat Emet, que la mitsva de Chemita sert de prototype à tous les autres commandements donnés au Sinaï. De même que la Torah nous dit qu'une des causes essentielles de l'exil réside dans la profanation de l'année sabbatique, ainsi, il y a une relation de cause à effet entre le respect de toutes les mitsvot et notre destinée. Les cataclysmes qui s'abattent sur le monde, la guerre, la sécheresse, la famine, les bêtes sauvages, les épidémies etc. proviennent de fautes très précises (Pirké Avot 5, 8-9). Nous devons tirer la leçon des évènements pour nous-mêmes. La guémara raconte qu'on a institué un jour de jeûne public lorsque deux loups ont dévoré des petits enfants de l'autre côté du Jourdain!

Particulièrement, les personnes qui prennent des responsabilités dans la direction du peuple juif doivent veiller à ne pas provoquer l'avènement de malheurs, 'hass véchalom, en éloignant le peuple juif de la Torah. Ils pourraient s'afficher comme les sauveurs, les bienfaiteurs de la communauté alors qu'en fait, ils sont à l'origine de ces évènements douloureux, à l'image de ce pompier congratulé pour être toujours le premier sur les lieux à éteindre les incendies jusqu'à ce qu'on découvrit que c'est lui-même qui les allumait!

De même que les violations des lois de la Chemita ont été la cause de notre exil, le respect de l'année sabbatique aujourd'hui, en Erets Israël, nous fera mériter bientôt la guéoula, amen!

N.B. : La prochaine année juive 5782 sera une année de Chemita. 


LA TORAH AU CENTRE

Le début de la paracha Be'houkotaï (26, 3) semble traiter, d'une façon générale, des récompenses promises à ceux qui observent les commandements divins.

« Si vous marchez dans Mes voies, observez mes décrets et les accomplissez, Je donnerai les pluies dont vous avez besoin, au moment favorable... » .

Rachi, de son côté, semble restreindre la portée de la première expression: «Si vous marchez dans Mes voies... » pour ne la rapporter qu'à l'étude intensive de la Torah. Ainsi donc, c'est l'étude de la Torah qui fixerait l'octroi des récompenses célestes. Pourquoi donner tant d'importance à la mitsva de Talmud Torah alors qu'elle ne constitue qu'un élément, certes primordial, de l'ensemble des 613 commandements ?

Par ailleurs, un midrach sur ce passage rapporte :

« J'ai calculé mes voies et je ramène mes pas vers Tes préceptes ! » (Psaume 119).

Voilà ce que le Roi David veut dire : « Chaque jour, je me préparais à aller à tel endroit, dans telle maison, mais mes pieds m'amenaient automatiquement aux maisons de prière et aux maisons d'étude. »

Etude de la Torah

Le campement du peuple d'Israël dans le désert était conçu de telle façon que le Sanctuaire se trouvait au centre. La maison de D., celle qui contenait la Loi de D. dans l'Arche de l'alliance, constituait le milieu géométrique de tous les chemins traversant le camp. Chacun, même celui qui résidait très loin du centre, était conscient d'appartenir à un système dont la Torah forme nécessairement le point central.

C'est cela que Rachi veut souligner: pour accomplir son devoir vis-à-vis du Créateur, il n'est pas indispensable de s'occuper exclusivement de l'étude de la Torah. Toutes les options de l'existence peuvent être valables à condition de prendre inconditionnellement ses références dans le Choul'han aroukh.

C'est dans ce sens que l'on peut également interpréter le midrach rapporté plus haut.

Le Roi David dirigeait ses pas chaque jour vers les endroits les plus divers. L'éventail de ses activités était extrêmement large et varié, mais il savait que partout et toujours, le point central de sa vie se trouvait au Bet Knesset ou au Bet Midrach. C'est dans la Torah, et la Torah seule qu'il trouvera les indications qui seront les jalons de son existence.

A l'intérieur du Judaïsme, nombreux sont ceux qui "habitent loin du Centre", qui ont abandonné partiellement, en grande partie ou totalement, les pratiques ancestrales. Nous n'avons pas le droit de nous désintéresser d'un seul d'entre eux; tous font partie du "campement", à condition toutefois qu'eux-mêmes considèrent qu'ils y sont inclus, c'est-à-dire que la Torah dont ils sont éloignés forme le centre de leur système de valeurs.

Cependant, s'ils essayaient de se rassembler en un groupe dont le noyau ne serait plus la Torah éternelle, ils se placeraient en dehors du "camp" et empêcheraient, par cela même, la suite du dialogue. De nos jours, la Yéchiva remplace le Sanctuaire dans le désert. La Yéchiva n'est pas seulement une maison d'étude, elle est le carrefour de tous ceux qui, envers et contre tout, veulent maintenir intacte la chaîne plusieurs fois millénaire de la tradition juive.  


LES SEPT ÉCHELONS DU GUÉHINAM

 « Si vous ne M'écoutez point et que vous cessez d'exécuter tous ces commandements; si vous dédaignez Mes statuts et que vous prenez Mes lois en aversion pour ne plus observer Mes préceptes et rompre Mon alliance... » (26, 14-15)

Par ces sept expressions, explique Rachi, la Torah nous décrit le processus de la dégradation spirituelle. Une faute en entraîne une autre, jusqu'à arriver à la septième, à la rupture « rompre Mon alliance » : c'est le reniement de l'Essentiel, dit Rachi, la négation de la Foi.

Et voici leur enchaînement tel qu'il est énoncé par nos Sages : si l'homme n'étudie pas, il en arrivera à ne plus pratiquer. Se sentant fautif, il dédaignera les Juifs pratiquants jusqu'à haïr les rabbanim parce qu'ils le mettent en garde et lui font des remontrances. Par dépit, il mettra tout en œuvre pour empêcher les autres d'observer la Torah et, pour prouver qu'il a raison, il reniera le système des mitsvot et finalement l'existence de D.

EmounaCette analyse nous démontre que l'athéisme prend sa source dans la faiblesse humaine. Lorsqu'un homme se laisse aller à la paresse ou au vice, il élaborera une série de 'théories philosophiques' pour se donner bonne conscience et prouver qu'il agit avec honnêteté. Sa position théologique est conditionnée par sa position morale. Pour faire taire ses remords, il efface tout simplement la réalité de la transgression.

C'est l'image de ce général, disait le 'Hafets 'Haïm, qui ne parvenait pas à conquérir une ville jusqu'à ce qu'une idée géniale lui traversât l'esprit. Il demanda une carte et, avec une gomme, il effaça tout simplement le point noir qui désignait la ville imprenable et de cette façon... La bataille fut gagnée !

« Les hommes ne se sont tournés vers l'idolâtrie que pour se permettre la débauche » dit le Talmud. Si les mauvaises passions sont condamnables, il n'y a qu'à les déifier ! Qu'il y ait un dieu de la guerre, un dieu du vol, de l'amour, etc.

De nos jours, ces divinités n'existent plus mais on légalise tout au nom de la liberté, la tolérance, la mode, l'art, la psychanalyse, la politique, l'argent... On pense qu'un non-religieux se conduit comme il le fait parce qu'il ne croit pas en D. ou en la Torah mais c'est le contraire qui est vrai: c'est parce qu'il veut vivre comme bon lui semble qu'il professe des théories mensongères. Les thèses hérétiques et athéistes de tous les temps n'ont été élaborées que pour légitimer la soustraction à toute loi ou devoir ! Rabbi Dessler rapporte à ce propos l'histoire de Caïn (Mikhtav méEliyahou I, p.174) fort contrarié que l'offrande d'Abel ait été acceptée plutôt que la sienne (car il avait présenté à D. ce qu'il avait de moins bon). D. lui apparaît alors pour lui dire qu'il ne doit pas désespérer et qu'il a la possibilité de s'améliorer et de dominer son mauvais penchant s'il ne veut pas succomber. Mais le verset suivant dit: «Et Caïn parla à son frère Abel» (Bérèchit 4, 8) sans expliciter ses paroles. Qu'a-t-il dit ?

Le Targoum Yérouchalmi nous le révèle: « Il n'existe ni justice ni juge ni monde futur ! » Comment un homme né dans le Gan Eden, qui vient d'entendre la parole de D. peut-il nier l'évidence d'un seul coup, devenir un apikoros, un hérétique ²? C'est que sa jalousie extrême le poussait à éliminer son frère mais cela ne concordait pas avec la connaissance qu'il avait de D. Il a donc préféré se dérober à la Vérité, affirmer sa théorie agnostique en dépit de toute logique plutôt que de surmonter son sentiment de jalousie.

C'est la démarche de tout hérétique, dit Rav Dessler. Au fond de son cœur, chaque homme reconnaît la Vérité. Cependant ses mauvais penchants l'entraînent à commettre des fautes que sa conscience ne peut permettre. Son subconscient le pousse alors à résoudre son dilemme en professant des doctrines hérétiques ou agnostiques. Il n'y a pas de plus grand mensonge que l'apikorsout. L'athée n'a pas l'excuse de la sincérité de sa position !

« Tout Israël a une part au monde futur... et voici ceux qui n'ont pas droit au monde futur: celui qui renie l'Essentiel » dit la guémara. La Torah nous enseigne dans cette paracha que l'origine de la dégradation menant au niveau le plus bas du guéhinam est «si vous ne M'écoutez pas », c'est-à-dire, si vous ne vous adonnez pas avec assiduité à l'étude de la Torah (Rachi 26, 14). Le refus de l'effort, le relâchement dans l'étude peut avoir de graves conséquences si l'on n'essaie pas de s'améliorer.

Et de même «qu'une 'avéra en entraîne une autre, une mitsva en entraîne une autre ». Le moindre effort dans l'étude de la Torah marquera le début d'une chaîne menant, avec l'aide de D., à une ascension spirituelle qui nous apportera, dans ce monde comme dans le monde futur, toutes les bénédictions divines.

Rav Guerchon, Imrei Cohen


 


CHABBAT : LA NOURRITURE DE L’ÂME

Hachem nous offre une âme additionnelle le Chabbat, nous permettant de mieux apprécier la dimension spirituelle ainsi que les plaisirs physiques qui contribuent à nous faire atteindre la Chabbat ménou’ha. Cela confère un aspect plus spirituel à nos repas, participant au bien-être que nous ressentons en ce jour

  • Le Chabbat, nous recevons une « âme additionnelle. » Talmoud Bavli, Bétsah 16a. Rabbi Chimon ben Lakich affirmait : « Le Saint Béni Soit-Il donne à l’homme une âme additionelle la veille de Chabbat et la reprend à la fin de Chabbat. »
  • L’âme additionnelle est un moyen de se délecter encore plus. Talmoud Bavli, Bétsah 16a . « Une âme supplémentaire » - une plus grande disposition au repos et à la joie et une inclination à manger et boire plus.

Chabbat est également un jour de plaisir spirituel si nous nous concentrons plus dans la prière, dans les chants et dans l’étude de la Torah ! La jouissance physique n’est pas contradictoire avec la sainteté de ce jour. Au contraire, elle l’augmente et permet de créer un environnement propice à la sainteté.


Source Olami


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Paru au Journal Officiel du 01/1990

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