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Parachat Bémidbar : le dénombrement d'Israël



DE QUOI TRAITE LA PARACHA BÉMIDBAR ?

Parachat Bémidbar est la première du quatrième livre de la Torah portant le même nom. Alors que les Bnéi Israël continuent leur traversée du Sinaï, Hachem demande leur recensement par tribu. Celle des Lévites sera dédiée au service dans le Mishkan (plus tard dans le Beth Hamikdach) et aura également la tâche de démonter, de transporter et de remonter le Sanctuaire à chaque étape. Il était initialement prévu que ce rôle soit attribué aux premiers nés d'Israël, mais la faute de veau d'or a occasionné ce changement.

La Sidra nous indique alors comment et où se situent les tentes de chaque tribu autour du Mishkan.  Après les Lévites dont les tentes se dressent directement autour du Mishkan (Moché et Aharon, Kéhatites, Guérsonites, Merrarites), se sont les 12 douze tribus qui organisent leur campement par groupe de 3 soit :

► Au nord Dan, Acher et Naftali;

► À l’est Yéhouda, Issakhar et Zévouloun;

► À l’ouest Éphraïm, Ménaché et Binyamin;

► Au sud Réouven, Shimon et Gad.

Cet ordre et également respecté lorsque le camp se déplace d'une halte à l'autre et chaque tribu possède son propre étendard et son chef (nassi).




NOUS, LES RESCAPÉS

Dans cette paracha nous sommes confrontés au thème du dénombrement. A première vue, nos Sages semblent avoir des avis contradictoires à ce sujet. D'une part, le dénombrement est considéré sous un angle favorable (Rachi 1, 1): « C'est dans l'amour qu'Il porte aux Enfants d'Israël que le Saint béni soit-Il les compte à tout instant... »

D'autre part, nos Sages parlent d'une interdiction de compter les enfants d'Israël. Avoir conscience de son importance numérique peut effectivement constituer un danger pour une communauté. N'est-ce pas une incitation à exagérer le poids de sa force physique ou matérielle qui reste toujours dérisoire par rapport à la Toute Puissance divine ? Cela n'incite-t-il pas à diminuer l'importance de l'intervention de D. dans le monde et peut-être même à la nier ?

Il est vrai aussi que compter des objets ou dénombrer des individus c'est leur accorder ipso facto une valeur propre; c'est considérer chacun comme une entité indépendante et lui donner une chance de dégager ses valeurs morales intrinsèques. Rachi, commentant le dénombrement bénéfique, dit que D. a compté Son peuple en deux circonstances particulières : « Lorsqu'ils sont sortis d'Égypte, Il les a comptés et lorsqu'ils ont été entraînés dans la faute du Veau d'Or, Il les a comptés. »

Lorsque les enfants d'Israël sont sortis d'Égypte

Nos Sages rapportent qu'à l'issue de l'esclavage égyptien, seul un cinquième du peuple participa à la délivrance miraculeuse. Les autres, victimes de l'assimilation égyptienne, avaient perdu la notion même de la liberté et s'étaient prononcés pour la soumission totale au joug de Pharaon. Le Tout-Puissant, enregistrant qu'ils ne possédaient plus le ressort nécessaire pour répondre à son appel, les avait fait disparaître, à l'insu de leurs maîtres, pendant les trois journées de ténèbres. En d'autres termes, vingt pour cent seulement du peuple a assumé l'histoire d'Israël au moment crucial de la Sortie d'Égypte.

Lorsqu'ils succombèrent à l'idolâtrie du Veau d'or

C'est, dit encore Rachi, pour connaître le nombre des rescapés (hanotarim). Cette même expression, précisent nos Sages, est employée à propos d'Eléazar et Itamar, les deux fils d'Aharon qui, eux aussi, étaient des rescapés (notarim). En effet, la décision qui devait entraîner la mort de leurs frères, Nadav et Avihou, les visait également. Compter les rescapés de la faute du Veau d'or, c'est donc aussi dénombrer ceux qui normalement auraient dû succomber à la faute comme leurs frères.

Il semble bien que notre génération participe des deux optiques soulignées dans le commentaire de Rachi : nous sommes les rescapés de la tourmente la plus terrifiante qui se soit abattue jusqu'à ce jour sur la Communauté d'Israël mais c'est à nous de réaliser que nous sommes des notarim, des rescapés, contre lesquels la décision destructrice avait été prise d'En Haut. Ce n'est certainement pas notre mérite qui nous a permis de nous retrouver indemnes après l'épreuve mais bien la miséricorde divine.

Comme au moment de la Sortie d'Égypte où seule une minorité est restée consciente du rôle à assumer pour assurer la pérennité du peuple d'Israël, nous ne pouvons pas manquer de réaliser aujourd'hui que, dans la tourmente, un important pourcentage des nôtres a perdu la notion de ses responsabilités quant à son destin juif.

Notre « dénombrement », nous montrera qu'aujourd'hui plus que jamais chaque Juif porte une responsabilité écrasante en face des devoirs qui sont les siens vis-à-vis d'une communauté qui, au sortir de la tourmente, doit retrouver une vitalité nouvelle.

  

L'IMPORTANCE DE CHACUN

Rachi dit à propos du recensement ordonné au début du Livre de Bémidbar (1, 1) : « Par amour, [D.] les compte à chaque moment, lorsqu'ils sont sortis d'Égypte [et] lorsqu'ils sont tombés lors du péché du Veau d'or, pour connaître le nombre des rescapés et lorsqu'Il voulut faire résider Sa chékhina parmi eux... »

Pourquoi les avoir dénombrés justement à ces occasions ?

De plus, pourquoi le dénombrement devait-il toujours se faire à partir de pièces d'un demi shékel et non par un recensement direct des personnes ? Il est certain que le fait d'être compté attribue une importance à l'objet ou la personne dénombrée : « une chose qui est chiffrée ne peut s'annuler même parmi mille autres » dit le Talmud. Cependant, si un homme prend de l'importance, il risque de l'utiliser dans un mauvais sens, de tendre vers l'orgueil. C'est pour cela, entre autres, que la Torah interdit de compter les individus.

Pourtant, lorsque D. nous compte « par amour », c'est bien pour accorder son importance à chaque Juif. Cela ne vise pas à flatter sa vanité mais à souligner que dans tout l'univers, il est l'être doté du plus grand mérite d'accomplir la volonté divine. C'est pourquoi le Saint béni soit-Il a ordonné de recenser les Enfants d'Israël à trois étapes importantes de leur histoire :

- Au moment où ils sortaient d'Égypte et où chacun a commencé à se débarrasser des quarante-neuf degrés d'impureté par lesquelles il était conditionné.

- Après la faute du Veau d'or où chaque individu devait faire sa téchouva personnelle.

- Dans notre paracha, Bémidbar, pour que chacun trouve sa place et sa spécificité dans le camp d'Israël où D. allait faire résider sa Chékhina.

Cette idée peut se retrouver dans la façon dont le dénombrement se déroulait. En effet, on procédait au recensement non pas en dénombrant les individus, ce qui est interdit, mais en comptant les pièces des demi-shékel que chacun devait apporter. Après le recensement, ces pièces étaient utilisées pour le mishkan et l'achat des sacrifices collectifs. Ce mode de recensement vient peut-être insinuer que le Juif doit réaliser la valeur de sa personne. Il doit en prendre conscience non pas pour en retirer une fatuité mal placée (toutes ses facultés ne lui ont-elles pas été données par D.?) mais pour prendre conscience de sa mission spécifique : contribuer personnellement à l'avènement du règne de D. sur terre.

Ainsi, le premier commentaire de Rachi sur cette paracha dit que D. compte les Enfants d'Israël békhol cha'ah, à tout moment. Pourtant ne voyons-nous pas qu'Il ne les a fait dénombrer qu'à certaines occasions ? En réalité, cela vient nous apprendre que sans cesse, à tout instant, chaque Juif a un rôle propre et spécifique devant son Créateur.

 

UN PEUPLE INNOMBRABLE

« Et le nombre des Enfants d'Israël sera connue le sable de la mer qu'on ne peut ni mesurer ni compter » (Hoché'a 2, 1). C'est ainsi que commence la haftara de cette semaine. Sur ce verset, la guémara demande : « Pourquoi est-il d'abord écrit mispar Bnéi Israël, le nombre des Enfants d'Israël et ensuite qu'on ne peut pas les compter, lo yissafer. »

À cette question, la guémara répond: « Lorsque Israël accomplit la volonté divine, il est innombrable et lorsque cela ne sera pas le cas, il pourra être dénombré ! » Lorsque les Enfants d'Israël annulent leur volonté devant celle du Créateur, le nombre ne compte plus. Leur force est décuplée, centuplée. Ainsi, lorsque Moché Rabbénou les a bénis à la fin de sa vie en disant (Dévarim 1, 11): « Que l'Et., le D. de vos pères, vous rende mille fois plus nombreux », les Enfants d'Israël ont protesté : (Rachi) - « Pourquoi donnes-tu une limite à notre bénédiction alors que D. a promis à Avraham : "ta descendance sera comme le sable de la mer qu'on ne peut compter" » ?

- « Ceci est ma bénédiction, à moi » leur répondit Moché, « mais Lui, "vous bénira comme Il vous l'a dit" ».

La bénédiction divine fait dépasser la barrière des chiffres, les frontières du naturel.

Les textes du Talmud et les documents historiques nous révèlent qu'à l'époque du Temple, la population d'Israël avait atteint des proportions hors du commun. Par contre, si les Enfants d'Israël n'accomplissent pas Sa volonté, véhaya mispar, ils seront soumis aux notions de valeur numérique et vu que leur nombre est celui d'une petite nation, « car vous êtes le moindre de tous les peuples » (Dévarim 7, 7), ils ne pourront pas vaincre leurs ennemis.

Nous sommes à la fin du compte de l'Omer à propos duquel il est écrit : « Sept semaines entières, temimot. » Quand les sept semaines sont-elles témimot ? Lorsqu'on accomplit la volonté de D. ! dit le Midrach. La témimout consiste à annuler sa volonté devant celle du Créateur. Lorsque l'homme réalise cela, les semaines deviennent « entières », c'est-à-dire qu'il exploitera son temps de façon optimale. Plus encore, s'il efface ses propres intérêts devant ceux du Saint béni soit-Il, il bénéficiera d'une aide du Ciel qui accroîtra ses capacités au-delà de la normale et parfois de façon surnaturelle. L'être humain ne peut pas prolonger ses jours au-delà du nombre qui lui a été fixé (sauf dans certains cas) mais il pourra les « élargir » sans mesure s'il répond à ces conditions-là !

Rav Guerchon, Imrei Cohen

 



 VOYAGER LE VENDREDI

Il est interdit, le vendredi, de prendre un train ou un avion dont le trajet ou le vol se poursuivrait pendant le Chabbat. Même si le conducteur ou le pilote n’était pas juif, la chose serait interdite. Il est également d’usage, si on doit impérativement voyager le vendredi, de prendre une marge de sécurité supplémentaire, afin de ne pas risquer de se retrouver « coincé » et de ne pouvoir arriver à sa destination avant l’entrée du Chabbat. Certains ont l’usage de ne pas voyager du tout le vendredi, d’autres de s’en abstenir après ‘Hatsot, le milieu du jour.

 D’après le Midrach, Pniné Halakha

 

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Paru au Journal Officiel du 01/1990

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