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Parachat Choftim : Torah et justice



DE QUOI TRAITE PARACHAT CHOFTIM ?

L'administration du peuple sera basée sur une justice soigneusement étudiée, munie de pouvoirs législatifs et exécutifs, et qui se divise, selon l'importance des régions, en tribunaux de premier, deuxième et troisième degrés. Le texte s'intéresse alors à la constitution des autorités du pays dont les principales sont : le roi, le tribunal suprême et le grand prêtre. La procédure du tribunal, les droits, privilèges et devoirs du roi, le service militaire et ses exemptions sont les sujets principaux et traitent essentiellement de notre vie constitutionnelle.

Source : La Torah commentée

 

LA DROITE ET LA GAUCHE

« Selon la doctrine [que les Sages] t'enseigneront, selon la règle qu'ils t'indiqueront, tu procèderas ; ne t'écarte de ce qu'ils t'auront dit ni à droite ni à gauche » (17, 11).

La Torah nous ordonne ici d'observer scrupuleusement les lois ordonnées par nos Sages et de suivre les recommandations des Rabbanim de notre génération (Rachi v.9). Nous ne devons en dévier ni à droite ni à gauche Et Rachi d'expliquer « [et ceci] même [si le Sage] te dit de la droite qu'elle est la gauche et de la gauche qu'elle est la droite ! A plus forte raison s'il te dit que la droite est la droite et la gauche est la gauche ! ».

Pourquoi le Bet Din dirait-il que la gauche est la droite et pour quelle raison devrions-nous le suivre? On peut comprendre ce Rachi difficile grâce à l'explication du 'Hafets 'Haïm sur le verset des prophètes (Zékharia 3, 1) : « Le Satan se tenait à sa droite pour l'accuser ». En réalité, le Satan aurait dû se tenir à gauche du grand prêtre. Pourquoi donc est-il écrit qu'il se tenait à sa droite ? Le 'Hafets 'Haïm répond : « pour inciter l'homme à pécher ! » Le Yétser hara trompe souvent l'homme en lui faisant croire qu'il s'apprête à accomplir une mitsva.

 L'homme simple tombe facilement dans le piège en pensant qu'il s'agit « de la droite, [c'est-à-dire d'une mitsva] alors qu'en réalité il s'agit de la gauche [d'une avéra] ». Seuls nos Sages qui, par leur élévation morale, sont dégagés de toutes négui'ot, de toutes considérations subjectives et partiales, peuvent nous indiquer le droit chemin et nous révéler que ce que nous croyons souvent être yémin (la droite) est, en réalité, sémol (la gauche) et vice versa! C'est la raison pour laquelle la Torah nous ordonne de nous laisser guider par nos 'Hakhamim même si leurs directives vont à l'encontre de notre jugement personnel.

Cependant, pourquoi Rachi ajoute-t-il : « À plus forte raison s'il te dit de la droite que c'est la droite et de la gauche que c'est la gauche ? » Car parfois nous savons ce qui est bien (yémin) mais nous pensons y arriver par un autre chemin (sémol). Rachi nous laisse donc entendre que pour parvenir au bon but, on ne doit emprunter que les voies droites, les voies indiquées par nos Sages. C'est dans ce sens que l'on peut expliquer la répétition du verset de notre paracha (16, 20) : « Tsédèq, tsédèq tirdof / la justice, rien que la justice tu poursuivras »: on ne peut rechercher le tsédèq que par le tsédèq ! Les moyens employés pour arriver au but doivent être aussi intègres que le but : la fin ne justifie pas les moyens.

vigneToujours dans notre paracha, la Torah nous en donne un exemple à propos des préparatifs de la guerre (20, 5) : « Ensuite, les préposés parleront au peuple en ces termes : "Si quelqu'un a bâti une maison neuve et n'en a pas encore pris possession, qu'il parte et s'en retourne à sa maison... si quelqu'un a planté une vigne et n'en a pas encore acquis la jouissance, qu'il parte... si quelqu'un a promis mariage à une femme et ne l'a pas encore épousée, qu'il parte et s'en retourne chez lui". » Puis le verset suivant dit : « Les préposés adresseront de nouveau la parole au peuple et diront : "S'il est un homme qui a peur et dont le cœur est lâche, qu'il se retire et retourne chez lui." ».

Dans son commentaire sur ce verset, Rachi rapporte les propos de Rabbi Yossi Haguelili : il s'agit ici de quelqu'un qui a peur (de mourir au combat) à cause des fautes qu'il a commises (en effet, au moment du danger, on juge l'homme pour déterminer s'il est digne de bénéficier de la protection divine). Rabbi Yossi dit que la Torah ordonne de renvoyer chez eux les hommes qui n'avaient pas encore pris possession de leur nouvelle maison, qui n'avaient pas joui d'une vigne nouvellement plantée ou qui n'avaient pas encore épousé leur promise afin de "couvrir" ceux qui se retiraient des rangs par appréhension car ils avaient fauté ! Il fallait qu'en voyant ces derniers rentrer chez eux, les gens ne puissent pas comprendre qu'ils étaient des pécheurs mais pensent qu'ils avaient peut-être bâti une maison, planté une vigne ou contracté des fiançailles. On renonçait donc à de nombreux soldats qui auraient été très utiles au combat pour ne pas causer d'humiliation à ces pécheurs s'ils avaient été les seuls à quitter les rangs ! Même dans un but louable, on ne doit pas se permettre de faire honte à quelqu'un.

C'est seulement en nous soumettant fidèlement aux directives des chefs spirituels de notre génération que nous serons sûrs d'agir dans le sens du Bien, selon l'esprit de la Torah, dans tous les domaines de notre existence.

 

CHÉMA ISRAEL

« Lorsque vous serez sur le point de combattre, le Cohen s'avancera et parlera au peuple. II dira : "Chéma Israël/ Ecoute Israël ! Vous allez, en ce moment, livrer bataille à vos ennemis..." » (20, 2-3)

Sur ce verset Rachi rapporte le midrach : « Même si vous n'avez à votre crédit que la récitation du Chéma, vous mériterez que D. vous sauve ! »

Le Chem miChémouel explique la raison pour laquelle ce seul mérite peut nous protéger de nos ennemis. Dans le Chéma, nous proclamons l'existence de D., Son Unicité mais également notre amour pour Lui qui doit aller jusqu'à l'abnégation : « Tu aimeras l'Et. ton D. de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton pouvoir ».

Nous savons qu’Avraham Avinou, le père des croyants, a dû traverser dix épreuves. Logiquement, comme il les surmontait toutes avec succès, leur difficulté allait en grandissant. Peut-on comprendre, dans ces conditions, que la première épreuve, qui fut celle de la fournaise ardente, fût plus facile que celle de la Mila qui se présenta à lui bien plus tard ? N'est-il pas plus sublime de sacrifier sa vie pour la Émouna que de se circoncire ?

Dans l'obéissance à l'ordre de D. de faire la Mila, il y avait quelque chose de plus pour Avraham Avinou que de sacrifier sa vie terrestre. Toute sa raison d'être était de faire connaître le Nom de D. à l'humanité toute entière. Or, l'acte de la Mila allait le différencier et donc l'éloigner de ses contemporains. La Mila constituant la première étape vers la formation du peuple élu, séparé des autres nations, elle allait à l'encontre de toutes ses aspirations. Néanmoins, Avraham s'est soumis avec joie, avec témimout (« véhéyé tamim ») et une abnégation totale de son idéal à la volonté de D. Ainsi, dans le Chéma, il est dit: «Tu aimeras l'Et. ton D.... de toute ton âme» et non pas de tout ton corps. Nous devons être prêts à donner non seulement notre vie physique mais également notre âme, notre personnalité spirituelle pour la sanctification du Nom divin.

Les peuples du monde ne peuvent pas concevoir cette grandeur d'esprit que nous avons héritée de notre patriarche. Certains non-Juifs aussi sacrifient leur vie pour leur croyance mais ils sont incapables de céder sur leurs conceptions philosophiques, et sur les idéaux spirituels qu'ils se sont forgés. Soumettre ses opinions personnelles au da'at Torah (l’opinion de la Torah) est l'apanage exclusif du klal Israël.

Dans le combat des nations du monde contre nous, nous devons toujours craindre que celles-ci aient l'ascendant sur nous, 'hass véchalom, par un mérite qui nous ferait défaut. Dès lors que dans le Chéma nous proclamons notre détermination de sacrifier notre vie et notre âme pour D., nous démontrons notre supériorité sur les nations et D. nous accordera le salut.

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La dernière extrémité

« II leur dira: « Chéma Israël /Ecoute Israël ! ... » : Même si vous n'avez à votre crédit que la récitation du Chéma, vous mériterez que D. vous sauve, dit Rachi.

En quoi la récitation du Chéma, une mitsva apparemment facile à accomplir, possède-t-elle un tel pouvoir ? De plus, si D veut nous sauver, pourquoi nous place-t-Il devant l'épreuve de la guerre ?

A propos de la bénédiction que l'on prononce après la consommation de nombreux aliments, le 'Hatam Sofer explique pourquoi nous disons: « Boré néfachot rabot ve'héssronam / Qui créé des créatures nombreuses ainsi que leur manque ».

Pourquoi D. a-t-il fait que les êtres vivants aient besoin de boire et de manger pour subsister ? Afin qu’ils fassent continuellement appel à D. « qui procure la nourriture à toute chair ». C'est grâce à ses manques que toute la Création reste reliée à son Créateur ».

Il en est de même de la guerre. S'il nous arrive d'oublier qui est le Maître du monde, D. nous met dans une situation où nous sommes contraints de nous adresser à Lui : « Si jamais tu dis dans ton cœur "ces peuples-là sont plus nombreux que moi, comment pourrais-je les déposséder ? " Ne les crains point ! » (7, 17). Lorsque tu constateras qu'il n'y a pas d'issue, à ce moment-là tu te tourneras vers D. et tu mériteras d'être sauvé, disent nos commentaires.

La dernière michna de Sota (49) qui parle de l'état du monde avant la venue du Messie nous révèle que, lorsque le peuple d'Israël verra toutes les portes de salut fermées devant lui, il en arrivera à la conclusion :

« Nous ne pouvons compter que sur notre Père qui est au ciel ! »  C'est grâce à cela qu'il méritera la délivrance.

Pourquoi D. permet-il aux forces du Mal de progresser à ce point aujourd'hui ? Afin que, poussé à la dernière extrémité, tout le peuple d'Israël s'unifie pour proclamer la Royauté divine au monde entier : « Chéma Israël, Hachem Elokénou, Hachem E'had ! »

Rav Guerchon, Imrei Cohen

 

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L’ÉTUDE DE LA TORAH, LE CHABBAT

« Les Chabbatot et les jours de fête n’ont été donnés que pour s’y adonner à l’étude des enseignements de la Torah » (Talmud de Jérusalem, Chabbat 15, 3).

Nos sages enseignent que l’on doit partager le temps du Chabbat, entre l’étude de la Torah et les délices sabbatiques consistant à manger, à boire et à dormir (Pessa’him 68b). 


En effet, le Chabbat est destiné à élever l’homme à une perfection accomplie, spirituellement et matériellement. Les personnes actives, qui travaillent, ont besoin davantage de perfectionnement dans leur étude de Torah, alors que les gens qui étudient, qui affaiblissent leur corps en s’adonnant assidument à l’étude de la Torah, ont davantage besoin de se reposer. Tous doivent donner une place honorable aux délices chabbatiques d’ordre spirituel et d’ordre matériel car ils se complètent mutuellement ; l’homme arrive ainsi à la complétude et jouit d’un Chabbat profond et véritable.

D’après le Midrach, Pniné Halakha

  

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