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Parachat Ki Tétsé nous dévoile 74 mitzvot sur 613 !



QUELS SONT LES SUJETS TRAITÉS DANS PARACHAT KI TÉTSÉ ?

La Sidra présente un ensemble assez complexe de lois relatives à la vie sociale et familiale. Ce sont, en premier lieu, les droits du premier-né, les indemnités dues pour toutes sortes de violences, d'abus et d'enrichissements illicites, les conditions des conversions, le divorce, le lévirat, les dommages et intérêts et finalement le rappel de l'attaque sournoise d'Amalek.

Source : La Torah commentée

 


 

LES MULTIPLES RAISONS DES MITSVOT

« Si tu rencontres sur ton chemin un nid d'oiseaux sur quelque arbre ou à terre, des jeunes oiseaux ou des œufs sur lesquels est posée la mère, tu ne prendras pas la mère avec sa couvée » (22, 6).

À propos de cette mitsva, le Ramban (Na'hmanide) nous indique les raisons des commandements de la Torah en rapportant le Rambam (Maïmonide). Dans le « Guide des Egarés », il est écrit que la raison de cette mitsva, tout comme l'interdiction de faire la ché'hita (abattage rituel) d'une bête et de son petit le même jour, est la miséricorde. En effet, dit le Rambam, les animaux ont, comme l'homme, des sentiments pour leurs petits et nous ne devons pas nous comporter cruellement envers eux. (D'après Na'hmanide, le but essentiel de cette mitsva, comme de toutes les autres mitsvot est d'éduquer l'homme à la miséricorde et non pas de protéger les animaux).

Or, dans son « Commentaire sur les Michnayot » (Berakhot chap. 5), Maïmonide semble se contredire. En effet, voici ce qu'il dit à propos de la Michna : « Celui qui dit : "De même que Ta miséricorde s'applique au nid d'oiseaux, [prends-nous en pitié, ô Hachem !]" celui-là on le fait taire ! » On fait taire cet homme car en s'exprimant ainsi dans sa prière, il proclame que la raison de cette mitsva est la pitié du Saint béni soit-Il envers les oiseaux. Il n'en est pas ainsi car si tel était le cas, D. ne nous aurait pas ordonné de faire la ché'hita des animaux. La mitsva du nid d'oiseaux est un décret divin dont la raison nous est cachée. 

oiseauChez Maïmonide, une contradiction similaire semble apparaître à propos du sens des sacrifices. Dans le « Guide des Égarés », il soutient que D. nous a ordonné d'offrir des sacrifices pour déraciner de notre cœur l'idolâtrie essentiellement centrée sur cette pratique. Or, dans le Michné Torah (fin des Hilkhot Meïla chap. 8) il dit par ailleurs : « Tous les sacrifices entrent dans la catégorie de 'houqim » (de décrets qui dépassent l'entendement humain).

En réalité, il n'existe pas de contradiction sur le sens de ces mitsvot. À titre comparatif, on sait que dans les voies de la Providence, il n'y a pas de raison essentielle à un événement spécifique qui en entraînerait d'autres, par voie de conséquence ''inévitable'', mais tout est pris en considération d'avance. Par exemple, dans un accident d'avion, 'hass véchalom, chacune des victimes avait une raison personnelle de quitter ce monde et n'a pas été condamnée fortuitement à cause d'une seule personne. L'heure était arrivée que leur advienne ce que D. avait décidé pour chacune d'entre elles. De la même manière, les sens et les buts des commandements donnés par D. sont multiples et tous essentiels. Les mitsvot sont, tout d'abord, des ''décrets du Roi'' c'est-à-dire des lois insondables pour l'esprit humain et, à la fois, elles peuvent avoir un sens compréhensible ; en l'occurrence, l'éducation à la miséricorde. Certaines autres mitsvot peuvent avoir, en plus de leurs raisons profondes, l'utilité de prévenir des maladies.

Cependant, nous apprenons de la Michna qu'un écueil doit être évité : celui de dire qu'il n'y a qu'un mobile essentiel aux commandements. Cela rejoint l'explication du Tossefot Yom Tov sur cette michna : « Pourquoi fait-on taire celui qui invoque la miséricorde divine en se référant à la mitsva de chiloua'h haqèn / du renvoi de la mère oiseau ?

Car le fait de s'exprimer ainsi dans le cadre de la prière démontre que cet homme a décidé que la raison exclusive de cette mitsva est la miséricorde. Par contre, il est permis de présenter cette facette aussi dans le cadre d'une étude sur les différents sens de la mitsva. Par-là, on sous-entend que la ra'hamim / la miséricorde n'est pas le motif unique et que ce commandement a, comme tous les autres, d'innombrables autres raisons.

Peut-être est-il possible, dans le même ordre d'idées, d'expliquer ce que le Midrach rabba dit sur ce verset: « halakha : un bébé qui est né circoncis, il faut (tout de même) lui faire couler une goutte de sang du Brit à cause de l'alliance d'Avraham. »

Quel rapport existe-t-il entre cette mitsva et celle de chiloua'h haqèn ?

La mitsva relative à la Mila doit servir à modérer les passions de l'homme. Cela n'est-il pas déjà acquis si l'enfant est né circoncis ? Le fait de devoir tout de même faire couler une goutte de sang démontre que la mitsva a d'autres raisons encore, notamment celle de faire entrer l'enfant dans l'alliance d'Avraham Avinou.

Pour conclure, nous rapporterons les paroles du Rambam (Avoda chap. 8 fin des Hilkhot Meïla) : « L'homme doit réfléchir sur les lois de notre sainte Torah et connaître leur sens selon ses possibilités. Cependant, s'il ne trouve pas de raisons aux commandements, il ne doit pas déconsidérer [les lois de la Torah] ou essayer de sonder des domaines inaccessibles... Il doit savoir que l'accomplissement des 'houqim et des michpatim lui fera mériter la vie éternelle. La Torah place même les 'houqim / les décrets incompréhensibles aux humains en priorité. »

 

UNE MITSVA-CLÉ !

Si tu rencontres en ton chemin un nid d'oiseaux... tu ne prendras pas la mère avec sa couvée. Renvoie la mère et tu pourras prendre les petits ; de la sorte, tu seras heureux et tu auras une longue vie » (22, 6-7).

Rachi fait remarquer : « Si pour une mitsva facile qui ne coûte pas d'argent, la Torah promet le bonheur et une longue vie, [on peut imaginer] ce que sera, à plus forte raison, la récompense pour les mitsvot difficiles [à accomplir] ! » Plus encore, le midrach dit : « si tu accomplis cette mitsva, tu hâtes la venue d'Eliaou hanavi à propos duquel il est dit : ''... véhéchiv lèv avot 'al banim'' » (et ici, il est écrit: Io tiqa'h haèm 'al habanim).

Comment expliquer la récompense pour cette mitsva ?

D'autre part, le Midrach rabba dit sur ce verset : « halakha: un bébé qui est né circoncis, faut-il lui faire la Mila ? Il faut lui faire couler un peu du sang du brit ». Quel rapport avec notre sujet ? La mitsva de chiloua'h haqèn exige un certain renoncement de la part de l'homme : il tient la mère entre ses mains, il pourrait en tirer profit mais il ne la prend pas avec ses petits, il la renvoie ! Ce manque à gagner, même minime, représente un sacrifice.

En outre, la Michna dit sur ce verset (Guémara Berakhot 33b) : « Celui qui dit "De même que Ta miséricorde s'applique à un nid d'oiseaux [ainsi, aie pitié de nous, ô D. !]" on le fait taire ». Le Barténoura explique : « Parce qu'il fait des commandements de D. des actes de charité alors qu'ils sont exclusivement des décrets du Roi à ses serviteurs. » Dans le cas de notre mitsva, il y aurait tout lieu de penser que l'on doit renvoyer la mère par pitié. Or, précisément là, nous devons démontrer que nous accomplissons cet acte non pas par compassion pour l'animal mais parce que c'est un ordre du Saint béni soit-Il.

Cette mitsva exige donc de l'homme deux choses essentielles : savoir renoncer à un profit en accomplissant la mitsva pour obéir à l'ordre divin et non pour obéir à ses propres sentiments ou à son intellect. Ici se situe le rapport du chiloua'h haqèn avec la mila. Dans ce cas aussi, ces deux facettes sont frappantes : pour un enfant circoncis, la mila n'a pas de sens logique : faire couler une goutte de sang l'imprègne du sens du sacrifice et du renoncement.

On comprend maintenant pourquoi la mitsva de chiloua'h haqèn possède une telle dimension. Par ces deux aspects, elle représente la clé de l'accomplissement de toutes les mitsvot ; ce qui nous amènera la venue d'Éliaou hanavi et du Machi'ah !

 

UNE HONNÊTETÉ MINUTIEUSE

poids« N'aie point dans ta poche deux poids inégaux, un grand et un petit. N'aie point dans ta maison deux mesures inégales, une grande et une petite... Car l'Et. ton D. a en horreur quiconque agit ainsi, quiconque fait une chose déloyale. Souviens-toi de ce que t'a fait Amalek » (25, 13-17).

Rachi explique le lien entre ces deux sujets en disant : « Si tu as trompé autrui dans les poids et les mesures, [tu as lieu] d'être inquiet des menaces de l'ennemi ».

L'exactitude extrême, à l'unité près, des poids et des mesures est spécifique au peuple juif. De façon générale, la rigueur de la halakha dans le domaine des dommages est inconnue chez les autres peuples. Les Non-Juifs peuvent, certes, avoir un certain sens de la loyauté et promulguer des lois équitables mais leurs normes sont toujours imprécises. Essav ne nomme pas exactement le plat de lentilles qu'il demande à Jacob mais il dit : « Donne-moi de cette chose rouge / min haadom haadom hazé » (Sforno).

Le principe de ne pas médire de son prochain existe chez presque toutes les nations mais, chez nous, le 'Hafets 'Haïm a édité un livre entier en recueillant toutes les lois détaillées sur le lachone hara.

L'honnêteté scrupuleuse ne peut provenir que d'une législation divine dont seul Israël a l'apanage. Si le peuple juif reste fidèle à sa spécificité, il triomphera de ses ennemis, car cette intégrité rigoureuse fait défaut aux Non-Juifs. Par contre, nous insinue la Torah, si tu trompes ton prochain ne fût-ce que de quelques grammes en utilisant deux poids et deux mesures, ta supériorité sur les Nations sera remise en cause et tu devras craindre leurs menaces.

À l'heure où le peuple d'Israël est en butte à l'animosité de tant d'ennemis, renforçons-nous dans le respect des lois immuables du 'Hochen michpat.

Rav Guerchon, Imrei Cohen

 

KABALAT CHABBAT, L’ACCUEIL DU CHABBAT

Il y a plus de quatre cents ans, les kabbalistes de Tsfat (Safed) ont initié l’usage de réciter des cantiques et des poèmes pour accueillir le Chabbat. Cette coutume se répandit dans toutes les communautés juives : c’est la prière dite de Kabalat Chabbat. Rabbi Chlomo Alkabets fut l’auteur du poème Lekha Dodi (« Va, fiancé, au-devant de ta fiancée… »), que l’on a aujourd’hui coutume de réciter dans toutes les synagogues pour accueillir le Chabbat.

samediIl a été écrit sous la forme d’un acrostiche, ainsi les initiales des huit premières strophes (lues de haut en bas) forment le nom de l'auteur. On dit que Rabbi Itshak Louria, le Ari’zal Hakadoch – sortait dans les champs, en compagnie de ses disciples, pour le chanter afin d’accueillir la reine, la fiancée Chabbat.

Viens, mon bien-aimé, au-devant de la fiancée, allons accueillir le Chabbat...

Une autre coutume très ancienne, qui date de l’époque des Richonim, consiste à réciter avant l’office d’Arvit le deuxième chapitre de la michna Chabbat, « Bamé madliqin » (« Avec quoi allume-t-on les veilleuses de Chabbat ? ») (Choul’han ‘Aroukh 270, 1), à la fin duquel nos sages enseignent : « Il y a trois choses que l’homme doit dire chez lui, le soir de Chabbat, à l’approche du coucher du soleil : “Avez-vous fait les prélèvements ? Avez-vous préparé la jonction des domaines (‘erouv) ? Allumez les veilleuses !” » .

Depuis l’époque des Richonim, on a pris également l’usage d’ajouter des cantiques aux Pessouké dézimra lors de l’office de Cha’harit. Ces cantiques rappellent la Création du monde et le don de la Torah. Avant la bénédiction de Yichtaba’h, par laquelle on conclut les Pessouké dézimra, on intercale l’hymne Nichmat kol ‘haï (« L’âme de tout être vivant bénira ton nom, Éternel, notre Dieu… »), qui contient un rappel de la sortie d’Égypte, car le Chabbat marque le souvenir de la sortie d’Égypte (TourOra’h ‘Haïm 281).

D’après le Midrach, Pniné Halakha

 

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Paru au Journal Officiel du 01/1990

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