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Parachat VAÉRA : les 7 premières plaies s'abattent sur l'Égypte


QUELS SONT LES SUJETS ABORDÉS DANS PARACHAT VAÉRA ?

D. confirme la promesse de la libération prochaine. Après un bref énoncé de la généalogie de Moché et d'Aaron, D. les engage à se présenter immédiatement devant le maître de l'Égypte. Des signes miraculeux, le bâton qui deviendra serpent, et l'eau qui se transformera en sang, devront soutenir leurs paroles. Cependant, la première apparition des deux frères reste sans résultat et Pharaon ne donne aucune suite à l'ordre qui lui est signifié. C'est alors que commence l'effroyable suite de plaies qui s'abat sur l'Égypte. Les fleuves et les cours d'eau se transforment en sang. Les grenouilles envahissent le territoire. La vermine à son tour s'ajoute aux souffrances des hommes et des bêtes, et les fauves se déchaînent contre le pays. La peste, les pustules et la grêle augmentent encore le désespoir du peuple égyptien, mais Pharaon continue de résister.

Source : La Torah Commentée




Dans la Sidra de Vaéra, le processus aboutissant à la sortie d'Égypte est mis en marche : il s'agit du déclenchement des dix plaies qui vont s'abattre sur le pays.

Samson Raphaël Hirsch (commentateur allemand du 19e siècle) part de la classification de ces dix plaies en trois groupes telle qu'elle se trouve dans la Hagada et essaie de retrouver cette division tripartite à différents moments de l'histoire juive.

En Égypte, les enfants d'Israël subissent un châtiment conforme à l'annonce que D. avait faite à Abraham. Nous lisons en effet, dans la Sidra de Lekh Lékha (chap. 15;13)

ויאמר לאברם ידוע תדע כי גר יהיה זרעך בארץ לא להם ועבדום וענו אותם ארבע מאות שנה

D. dit à Avraham : "Sache que ta descendance séjournera sur une (1) terre étrangère où elle sera (2) asservie et (3) opprimée durant 400 ans".

Comment cette "annonce" s'est-elle réalisée dans les faits en Égypte ?

Prenons le premier chapitre de Chémot, nous y lisons (v. 11):

וישימו עליו שרי מיסים

"On imposa à ce peuple des officiers de corvée". On taxa les Hébreux et on leur fit comprendre qu'ils n'étaient plus que des citoyens de "seconde zone". C'est toujours ainsi qu'agissent les gouvernements. On édicte des lois d'exception vis-à-vis d'une catégorie de citoyens à qui on veut appliquer le statut d'étrangers. C'est le premier stade: celui de la guérout (étranger), de la marginalisation d'une partie de la population. 

Un peu plus loin, au verset 13: "Les Égyptiens asservirent les enfants d'Israël avec dureté".

ויעבדו מצרים את בני ישראל בפרך

À ce stade, les Hébreux ne sont même plus considérés comme des étrangers avec des droits; ils n'ont plus que des devoirs. On peut les asservir et les utiliser comme esclaves pour les tâches les plus avilissantes. Ils sont taillables et corvéables à merci, non seulement par Pharaon (l'État), mais encore par les gens du peuple. C'est la avdout : l'asservissement, le deuxième stade.

Le stade final est atteint avec le verset 14 : vayemarerou et 'hayeihem, " Ils leur ont rendu la vie amère". Il ne s'agit plus simplement d'un travail d'esclave, mais d'un travail dégradant pour la personne humaine qui vise à la faire mourir d'épuisement. C'est le inouy : l'oppression: les souffrances.

Ces 3 stades vont être gravis en sens inverse lors de la guéoula, la délivrance annoncée par Moché aux enfants d'Israël dans le début de notre Sidra (chap. 6 v. 6 et suivants)

לכן אמר לבני ישראל אני ה' והוצאתי אתכם מתחת סבלות מצרים והצלתי אתכם מעבדתם וגאלתי אתכם בזרוע נטויה

"C'est pourquoi dis aux enfants d'Israël, je veux vous soustraire aux (1) souffrances de l'Egypte, je vous sauverai de leurs (2) durs travaux, et je vous (3) délivrerai avec un bras étendu".

Pour les premier et deuxième termes, la correspondance est claire: les "souffrances" correspondent au inouy et les "durs travaux", à la avdout. Par contre il faut expliquer en quoi le terme "je vous délivrerai" correspond à l'étape " guérout ", d'étranger.

Pour la Torah un guèr c'est quelqu'un qui n'a pas de goèl dans le sens de "proche parent" pour défendre ses droits (Lévitique 25,26): "Veich ki lo yhyé lo goèl ", si un homme n'a pas de proche parent - pour racheter sa terre - Rachi explique qu'il s'agit d'un guèr.

Samson Raphaël Hirsch retrouve ces trois stades dans la classification en trois groupes des dix plaies :

גרות                                             עבודות                                        ענוי

דם                                                צפרדע                                      כינים

ערוב                                               דבר                                         שחין

ברד                                                ארבה                                      חושך

  

1 -  Les première, quatrième et septième plaies devaient prouver aux Égyptiens qu'eux-mêmes n'étaient que des étrangers dans leur propre pays. Comment cela ?

Jusqu'alors, l’Égypte s'enorgueillissait de maîtriser la situation grâce à une économie florissante due aux crues du Nil. Donc la première plaie va frapper ce qui fait la force de l'Égypte : l'eau, et en particulier le Nil, va se transformer en sang.


La quatrième plaie, les bêtes sauvages, va créer un sentiment d'insécurité dans le pays, jusqu'à l'intérieur des maisons, puisque les animaux s'y introduiront. La septième plaie, la grêle, va prouver que même le climat de l'Égypte est déstabilisé, ce sera la première grêle de l’histoire égyptienne, mais les Egyptiens s’en souviendront.

Cette première série crée ainsi chez les Egyptiens un sentiment d'une grande insécurité : tout ce sur quoi ils comptaient jusqu'à présent se trouve complètement remis en question. Ils sont déstabilisés comme l'est un étranger dans un pays qui n'est pas le sien.

 2 - Avdout

Deux illusions habitent le cœur du propriétaire d'esclaves: la première qui est le sentiment d'appartenir à une race supérieure et la deuxième qui porte sur la supériorité physique.


Tzéphardeïa : la grenouille (deuxième plaie) est un animal craintif qui se cache dans les marais, qui a peur de l'homme. La voilà devenue audacieuse, elle se permet de pénétrer jusque dans la chambre à coucher des Égyptiens.

Finie l'illusion d'appartenir à une race supérieure, de détenir ce pouvoir qui fait trembler ses semblables.

Dévèr : la peste va décimer la cavalerie égyptienne, qui faisait la fierté et la "force de frappe" de l'Egypte. On venait de partout pour s'approvisionner en chevaux égyptiens [cf Dévarim (17;16) : l’interdiction faite au roi de s'approvisionner en chevaux égyptiens].

Arbé : les sauterelles achèveront de détruire ce que la grêle avait épargné parmi les richesses de l'Egypte.

C'en est définitivement fini des illusions de l'Egypte : elle est passée du rang de grande puissance à celui de pays du Tiers-Monde.

 3 - Inouy

Les Egyptiens vont apprendre dans leur chair la souffrance, cette souffrance qu'ils ont jusqu'à présent infligée aux autres.

Kinim (les poux) et cheéhin (les ulcères) vont frapper leur corps. Quant à 'hochèkh (les ténèbres), elles vont provoquer également une souffrance d'ordre physique. L'obscurité était telle que, pendant 3 jours, les Égyptiens ne pouvaient plus se déplacer et ils n'ont donc pu ni boire ni manger.

Pour clore le tout, Samson Raphaël Hirsch termine son explication en reliant les 3 niveaux d'interdiction du 'Hamets à cette même "trilogie".

Pour ma part, je citerai 3 versets qui nous rappellent notre dette de reconnaissance par rapport à D. qui nous a fait sortir d'Égypte, 3 versets où nous retrouvons ces 3 notions :

Vayiqra (25;23)

גרים ותושבים אתם עמדי

« Vous n'êtes que des résidents temporaires par rapport à moi.(guérout) »


(avdout) Vayiqra (25;55)

עבדי הם אשר הוצאתי אתם מארץ מצרים

« Les enfants d'Israël sont mes serviteurs que j'ai fait sortir d'Égypte »


(inouy) Vayiqra (23;27)

ועניתם את נפשותיכם בעצם היום הזה

« Vous mortifierez vos personnes en ce jour-là (il s'agit de Kippour : une fois par an, D. nous demande de nous priver volontairement de nourriture et de boisson pour nous rappeler quel était notre lot quotidien de souffrance en Egypte).»

Source : Petites lumières pour le Chabbat, Grand Rabbin Alain WEIL 




LA RÉCITATION DE BAMÉ MADLIKIN

Tsidkat-EliaouLe vendredi soir, dans le rite séfarade, nous lisons à la synagogue, durant l’office d’Arvit généralement juste avant Lékha Dodi, le texte de Bamé Madlikin. Il est extrait du deuxième chapitre du traité de Michnayot Chabbath, et concerne les lois relatives à l’allumage des bougies de Chabbat. « Avec quoi peut-on allumer les veilleuses de Chabbat et avec quoi n’a-t-on pas le droit de les allumer ? » Ainsi débute la récitation de ce texte qui coïncide au moment durant lequel, dans les foyers, on est sensé allumer les bougies de Chabbat. Quel type de mèche peut être utilisé ? Provenant de quel matériau ? Dans quel récipient ? Peut-on utiliser n’importe quel combustible ? Quelle est la meilleure huile à utiliser ? Peut-on éteindre exceptionnellement ces lumières ? Etc. Autant de questions auxquelles le texte répond sous la forme d’une étude concise et précise. Certains avancent que la lecture de ce texte fut également instituée pour faire patienter les fidèles, dans l'attente des retardataires, afin de commencer tous ensemble la prière du Chabbat. Bamé Madlikin est suivi de la récitation du paragraphe Amar Rabbi Éléazar et du grand Kaddish Al Israël.

À noter que Bamé Madlikin n’est pas lu les Chabbatot où tombe Hanouka, Hol Ha Mo’éd, Yom Tov ou Yom Kippour.


Sources : L’Arme de la parole (Rabbin Brahami), Le recueil du Chabbat (Rabbin Houri).


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Paru au Journal Officiel du 01/1990

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