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L'importance des chants du Chabbat

Les chants traditionnels de Shalom Aleichem et Echèt ‘Hayil

Le vendredi soir, lorsque nous rentrons dans nos foyers après l’office du soir à la synagogue, il est d’usage d’entonner ces chants traditionnels, avant de se réunir autour de la table joliment dressée en l'honneur du Chabbat  et de réciter le Kiddouch.

 

Shalom Aleichem

Ce chant est entonné pour saluer les anges chargés d'accompagner les fidèles sur le chemin de la synagogue vers leur domicile, et auprès desquels nous sollicitions une bénédiction pour que le Chabbat s'écoule paisiblement.

Le nom de son auteur, qui vécut au dix-septième siècle, reste inconnu.

Ce chant trouve son origine dans un verset de la Torah (Chemot 31,13):

« Toutefois vous garderez mes Chabbatot. »

Pour expliquer ce pluriel inattendu, la Guemara (Chabbat 119b) nous apprend que le maître de maison, lorsqu’il revient de la synagogue le vendredi soir, est accompagné de deux anges.

Ce que nous enseigne ici la Guemara, c’est que l’observance d’un seul Chabbat offre la garantie que beaucoup d’autres seront observés ensuite.

Nous souhaitons la bienvenue en accueillant les anges du Chabbat qui, selon le Talmud, enjolivent nos foyers chaque Chabbat.

Qu'observent-ils à l'occasion de cette visite? Les bougies allumées, la belle table dressée, la magnifique famille, peut-être même des invités, réunis dans une atmosphère de joie et de sérénité.

Enfin, nous bénissons les anges avant de les raccompagner et de vivre pleinement cette magnifique expérience qui se profile.

Il nous arrive d’être si absorbés par nos activités quotidiennes que nous n’avons pas l’opportunité d’apprécier ce qui nous entoure.

La récitation du Shalom Aleichem, à travers le regard des anges, nous offre l’occasion de prendre du recul et de contempler notre vie, notre famille ainsi que notre environnement. 

שָׁלוֹם עֲלֵיכֶם מַלְאֲכֵי הַשָּׁרֵת מַלְאֲכֵי עֶלְיוֹן
(מִמֶּלֶךְ מַלְכֵי הַמְּלָכִים הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא (3 פעמים

בּוֹאֲכֶם לְשָׁלוֹם מַלְאֲכֵי הַשָׁלוֹם מַלְאֲכֵי עֶלְיוֹן
(מִמֶּלֶךְ מַלְכֵי הַמְּלָכִים הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא (3 פעמים

בָּרְכוּנִי לְשָׁלוֹם מַלְאֲכֵי הַשָּׁרֵת מַלְאָכִי עֶלְיוֹן
(מִמֶּלֶךְ מַלְכֵי הַמְּלָכִים הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא (3 פעמים

צֵאתְכֶם לְשָׁלוֹם מַלְאֲכֵי הַשָׁלוֹם מַלְאָכִי עֶלְיוֹן
(מִמֶּלֶךְ מַלְכֵי הַמְּלָכִים הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא (3 פעמים

En phonétique:

Shalom aleichem, malakhei ha-sharet malakhei Elyon, mi-melekh malkhei ha-melakhim HaKadosh Baroukh Hou (à trois reprises).

Bo'akhem lèshalom, malakhei ha-shalom malakhei Elyon, mi-melekh malkhei ha-melakhim HaKadosh Baroukh Hou (à trois reprises).

Barkouni lèshalom, malakhei ha-sharet malakhei Elyon, mi-melekh malkhei ha-melakhim HaKadosh Baroukh Hou (à trois reprises). 

Tze'etkhem lèshalom, malakhei ha-shalom malakhei Elyon, mi-melekh malkhei ha-melakhim HaKadosh Baroukh Hou (à trois reprises).

 

Traduction:

Que la paix soit sur vous, anges de service, messagers du Plus-Haut, du Roi des rois, du Saint béni soit-Il. 

Que votre venue soit en paix, anges de la paix, messagers du Plus-Haut, du Roi des rois, du Saint béni soit-Il.

Donnez-moi la paix en guise de bénédiction, anges de service, messagers du Plus-Haut, du Roi des rois, du Saint béni soit-Il.

Que votre départ se fasse en paix, anges de la paix, messagers du Plus-Haut, du Roi des rois, du Saint béni soit-Il.

  

Pourquoi est-il d’usage de réciter à trois reprises chaque strophe ?

D’après le célèbre Rabbi David ben Yossef Aboudirham, plus connu selon le titre de son commentaire le Aboudraham, il s’agit en fait de renforcer, d’appuyer et de donner plus de poids à nos paroles.

On voit la même approche lors du chant de Motsé Chabbat : Eliaou Hanavi, que l’on répète également à trois reprises, dans le Kiddouch Lévana (bénédiction de la lune) où l’on récite à trois reprises Shalom Aleichem, lors du Siyoum (conclusion) d’un traité de Guemara où l’on prononce également à trois reprises les mots Hadran alakh, et les exemples sont nombreux.

Il existe une controverse à propos de ce piyyout (poésie), où l'on semble demander à des anges d'intercéder auprès de D., ce qui va à l'encontre de l'un des grands principes de foi du judaïsme, car « à D., et Lui Seul, doivent s'adresser les prières. » 

Le Maharal, ainsi que Rabbi Yaacov Emden et Rabbi Haim de Volozhin, par exemple, critiquent cet usage de chanter le Shalom Aleichem.

Mais d'autres rabbanim et décisionnaires, comme le Hatam Sofer l'approuvent, expliquant que l'intention de ce piyyout est au contraire d'« illuminer la face » de D.

C'est pour cela que les rabbanim sépharades ont enseigné qu'il ne faut pas prononcer mi-melekh (du Roi) mais melekh (le Roi), afin de bien marquer que nous nous attachons directement à D., sans avoir recourt à l’intervention d’aucun intermédiaire.

 

Nous vous invitons à écouter ce magnifique chant en cliquant sur ce lien :

https://youtu.be/XJL4EDVM29o

L’usage habituel est de faire suivre le Shalom aleichem par la récitation chantée d’une partie du chapitre 31 du livre des Proverbes (Michlei) consacré à la femme vertueuse : Echèt Hayil.

Il s’agit d’une façon de rendre hommage à la maitresse de maison et de la remercier des efforts qu’elle a déployés pour préparer le Chabbat.

Écrite par le Roi Salomon, cette ode à la "femme" peut être comprise au sens simple, mais également être interprétée comme chantant la gloire de la Chekhina (présence divine), de la Torah, de la Sagesse et de l'Âme, à différents niveaux de compréhension.

C'est la Femme Juive accomplie, soucieuse du bien-être de sa famille, généreuse envers les personnes nécessiteuses et craignant D., qui a été choisie pour décrire ces concepts spirituels profonds.

 Mais cette poésie fait parallèlement l'éloge du Chabbat qui est comparé tantôt à une épouse et tantôt à une reine. 

Le mot חיל ('Hayil), apparaissant dans les versets 10 et 29, est considéré comme un résumé du caractère de la bonne épouse. Bien que traditionnellement traduit par "vertueuse" ou "noble", sa racine, sur laquelle est également construit le mot חייל ('Hayal, soldat) lui confère un sens plus proche de "puissante", ou "vaillante".

Les autres occurrences du mot 'Hayil dans le Tanakh se rapportent d'ailleurs à la guerre.

 

אֵשֶׁת-חַיִל, מִי יִמְצָא; וְרָחֹק מִפְּנִינִים מִכְרָהּ.
בָּטַח בָּהּ לֵב בַּעְלָהּ; וְשָׁלָל לֹא יֶחְסָר.

גְּמָלַתְהוּ טוֹב וְלֹא רָע, כֹּל יְמֵי חַיֶּיהָ. דָּרְשָׁה צֶמֶר וּפִשְׁתִּים; וַתַּעַשׂ בְּחֵפֶץ כַּפֶּיהָ.

הָיְתָה כָּאֳנִיּוֹת סוֹחֵר; מִמֶּרְחָק תָּבִיא לַחְמָהּ.
וַתָּקָם בְּעוֹד לַיְלָה, וַתִּתֵּן טֶרֶף לְבֵיתָהּ וְחֹק לְנַעֲרֹתֶיהָ.

זָמְמָה שָׂדֶה וַתִּקָּחֵהוּ; מִפְּרִי כַפֶּיהָ נטע (נָטְעָה) כָּרֶם.
חָגְרָה בְעוֹז מָתְנֶיהָ; וַתְּאַמֵּץ זְרוֹעֹתֶיהָ.

טָעֲמָה, כִּי טוֹב סַחְרָהּ; לֹא יִכְבֶּה בליל (בַלַּיְלָה) נֵרָהּ.
יָדֶיהָ שִׁלְּחָה בַכִּישׁוֹר; וְכַפֶּיהָ תָּמְכוּ פָלֶךְ.

כַּפָּהּ פָּרְשָׂה לֶעָנִי; וְיָדֶיהָ שִׁלְּחָה לָאֶבְיוֹן.
לֹא תִירָא לְבֵיתָהּ מִשָּׁלֶג: כִּי כָל בֵּיתָהּ לָבֻשׁ שָׁנִים.

מַרְבַדִּים עָשְׂתָה לָּהּ; שֵׁשׁ וְאַרְגָּמָן לְבוּשָׁהּ.
נוֹדָע בַּשְּׁעָרִים בַּעְלָהּ; בְּשִׁבְתּוֹ עִם זִקְנֵי אָרֶץ.

סָדִין עָשְׂתָה וַתִּמְכֹּר; וַחֲגוֹר נָתְנָה לַכְּנַעֲנִי.
עֹז וְהָדָר לְבוּשָׁהּ; וַתִּשְׂחַק לְיוֹם אַחֲרוֹן.

פִּיהָ פָּתְחָה בְחָכְמָה; וְתוֹרַת חֶסֶד עַל-לְשׁוֹנָהּ.
צוֹפִיָּה הילכות (הֲלִיכוֹת) בֵּיתָהּ; וְלֶחֶם עַצְלוּת לֹא תֹאכֵל.

קָמוּ בָנֶיהָ וַיְאַשְּׁרוּהָ; בַּעְלָהּ, וַיְהַלְלָהּ.
רַבּוֹת בָּנוֹת עָשׂוּ חָיִל; וְאַתְּ עָלִית עַל-כֻּלָּנָה.

שֶׁקֶר הַחֵן וְהֶבֶל הַיֹּפִי: אִשָּׁה יִרְאַת-ה', הִיא תִתְהַלָּל.
תְּנוּ לָהּ מִפְּרִי יָדֶיהָ; וִיהַלְלוּהָ בַשְּׁעָרִים מַעֲשֶׂיהָ.

 

En phonétique :

Échèt 'hayil mi yimtsa véra'hok mipéninim mikhrah
Bata'h bah lèv ba'lah véchalal lo yé'hssar

Guémalatéhou tov vélo ra' kol yémé 'hayéha
Darécha tsémèr oufichtim vata'ass bé'héféts kapéha

Hayéta kaoniyot so'hèr mimèr'hak tavi la'hmah
Vatakom bé'od layla vatitén térèf lévétah vé'hok léna'arotéha

Zaméma sadé vatika'héhou mipéri khapéha nat'a karèm
'Haguéra bé'oz motnéha vatéamèts zéro'otéha

Ta'ama ki tov sa'hrah lo yikhbé valayla nérah
Yadéha chilé'ha vakichor vékhapéha tamékhou falèkh

Kapah paréssa lé'ani véyadéha chilé'ha laévyone
Lo tira lévétah michalég ki khol bétah lavouch chanim

Marvadim 'assta lah chèch véargamane lévouchah
Noda' baché'arim ba'lah béchivto 'im zikné aréts

Sadine 'asséta vatimkor va'hagor naténa lakéna'ani
'Oz véhadar lévouchah vatiss'hak léyom a'harone

Piha pat'ha vé'hokhma vétorat 'héssèd 'al léchonah
Tsofiya halikhot bétah vélé'hèm 'atslout lo tokhèl

Kamou vanéha vayachérouha ba'lah vayhalélah
Rabot banot 'assou 'hayil véat 'alit 'al koulana

Chékèr ha'hèn véhévèl hayofi icha yirat adonaï hi tithalal
Ténou lah mipéri yadéha vihalélouha baché'arim ma'asséha.

 

Traduction :

Qui peut trouver une femme vertueuse ? Elle a bien plus de valeur que les perles.
Le cœur de son mari a confiance en elle, Et les produits ne lui feront pas défaut.
Elle lui fait du bien, et non du mal, Tous les jours de sa vie.
Elle se procure de la laine et du lin, Et travaille d'une main joyeuse.
Elle est comme un navire marchand, Elle amène son pain de loin.
Elle se lève lorsqu'il est encore nuit, Et elle donne la nourriture à sa maison. Et la tâche à ses servantes.
Elle pense à un champ, et elle l'acquiert ; Du fruit de son travail elle plante une vigne.
Elle ceint de force ses reins, Et elle affermit ses bras.
Elle sent que ce qu'elle gagne est bon ; Sa lampe ne s'éteint point pendant la nuit.
Elle met la main à la quenouille, Et ses doigts tiennent le fuseau.
Elle tend la main au malheureux, Elle tend la main à l'indigent.
Elle ne craint pas la neige pour sa maison, Car toute sa maison est vêtue de cramoisi.
Elle se fait des couvertures, Elle a des vêtements de fin lin et de pourpre.
Son mari est considéré aux portes, Lorsqu'il siège avec les anciens du pays.
Elle fait des chemises, et les vend, Et elle livre des ceintures au marchand.
Elle est revêtue de force et de gloire, Et elle se rit de l'avenir.
Elle ouvre la bouche avec sagesse, Et des instructions aimables sont sur sa langue.
Elle veille sur ce qui se passe dans sa maison, Et elle ne mange pas le pain de paresse.
Ses fils se lèvent, et la disent heureuse ; Son mari se lève, et lui donne des louanges:
Plusieurs filles ont une conduite vertueuse ; Mais toi, tu les surpasses toutes.
La grâce est trompeuse, et la beauté est vaine ; La femme qui craint l'Éternel est celle qui sera louée.
Récompensez-la du fruit de son travail, Et qu'aux portes ses œuvres la louent.

Nous vous invitons à écouter ce magnifique chant en cliquant ICI :


Chabbat Chalom Oumévorakh

Copyright : Tsidkat-Eliaou 




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