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Parachat Ki Tavo : la gratitude et les mitzvot, sources de bénédictions


QUELS SONT LES SUJETS ABORDÉS DANS PARACHAT KI TAVO ?

Chaque année, le cultivateur juif rendra hommage au Maitre de sa destinée en apportant les prémices de ses récoltes au Temple. Le premier acte du peuple juif, une fois arrivé dans le pays, sera l'engagement solennel de respecter la Torah, engagement prononcé sous forme de bénédictions et de malédictions, sur les monts Eval et Gérizim. La Sidra se termine par un tableau sombre, mais combien véridique, des malheurs qui frapperont le peuple quand son infidélité et son iniquité l'auront amené «parmi les nations. »

Source La Torah commentée

 


 

Moché appela les enfants d'Israël et leur dit : « Vous avez vu tout ce que D. a fait sous vos yeux en Égypte, au Pharaon, les grands prodiges et les signes. Mais D. ne vous a pas donné jusqu'à ce jour un cœur pour savoir, des yeux pour voir, ni des oreilles pour entendre. » Dévarim (29, 1 à 3)

Ces versets se trouvent juste après le long chapitre consacré à peu près intégralement aux malédictions qui fondront sur le peuple d'Israël, s'il désobéit à D. Le dernier verset pose un problème de compréhension que les commentateurs ont essayé de résoudre, chacun à sa façon. Que veut dire : « D. ne vous a pas donné jusqu'à ce jour des facultés pour le comprendre ? »

Selon Abrabanel, il s'agit de reproches adressés par Moché au peuple : malgré tous les miracles auxquels vous avez assisté, qu'il s'agisse des dix plaies d'Égypte, de la traversée de la mer Rouge ou de la défaite d'Amaleq, vous êtes restés aveugles et sourds à tout cela, comme si D. ne vous avait pas dotés d'intelligence. Cette façon de comprendre serait satisfaisante, si elle ne nous forçait pas à faire d'une phrase affirmative une phrase interrogative.

Le verset nous dit : « D. ne vous a pas donné jusqu'à ce jour de cœur pour comprendre. »

En effet, celui qui bénéficie d'un miracle ne le reconnaît pas. Il n'en prend conscience que lorsque celui-ci a cessé. Tant qu'il dure, on considère ce miracle comme allant de soi. Par contre, en ce jour qui était celui de la mort de Moché et de la prise de pouvoir par Yéhochoua, en ce jour où les Bné Israël allaient quitter le désert pour passer le Jourdain, en ce jour où les miracles du désert allaient cesser et où les Hébreux allaient être confrontés à une existence normale, où ils devraient se débrouiller par leurs propres moyens, c'est alors qu'ils se sont rendus compte des miracles dont ils avaient bénéficié jusqu'à présent.

Selon le Mechekh 'Hokhma, Rabbi Meïr Sim'ha Hacohen de Dvinsk, l'erreur des enfants d'Israël consistait dans le fait de ne pas faire la distinction entre le Créateur et son envoyé Moché; c'est la raison pour laquelle en ce jour où Moché allait les quitter définitivement, ils comprendraient qu'il n'est pour eux qu'un être de chair et de sang, et que c'est l'Éternel qui guide et surveille l'homme dans toutes ses actions et ses démarches.

Il se peut cependant, comme le suggère le Professeur Leibowitz, que ces paroles prononcées par Moché à la fin de sa vie, soient dites sur le mode ironique. L'Éternel vous a tout donné dans sa bonté : les miracles, la sortie d'Égypte, la traversée de la mer Rouge, la Torah, la manne et les cailles, mais il semble qu'il y a quelque chose qu'il ne vous a pas donné : le cœur pour savoir et pour comprendre. C'est donc comme un soupir de déception qu'il faut entendre dans ce verset prononcé par un chef qui n'a épargné aucun effort, et qui, à la fin de sa vie, constate avec amertume qu'il a échoué.

Selon Rachi, il faut comprendre cette déclaration de Moché de la façon suivante : ce jour-là, Moché est en quelque sorte en train de livrer son testament, son dernier message au peuple juif. Ce message se traduit sous la forme d'une transmission, celle d'un Sefer Torah, celui que Moché a rédigé patiemment au cours des quarante années de désert, complétant ce Sefer Torah après chaque révélation divine. Ce Sefer Torah, il le transmet aux Lévis; les autres tribus voient dans ce geste une mesure de faveur de leur chef à la tribu dont il est issu (Moché est Lévi, ne l'oublions pas) et elles récriminent : et nous, n'avons-nous pas reçu, comme les Lévis, la Torah au pied du mont Sinaï, pourquoi accorder un privilège aux Lévis ? En entendant cette réclamation, Moché se réjouit car il constate qu'il a finalement tout de même réussi dans sa mission; celle de créer un lien indéfectible entre Israël et la Torah.

quaranteDe cet événement, qui se situe près de quarante ans après le don de la Torah, nos Sages déduisent un enseignement de portée générale : qu'un homme, un élève, ne peut réellement comprendre toute la portée, toute la profondeur de l'enseignement de son maître qu'au bout de quarante ans.

L'âge de quarante ans est en effet, selon les Pirqé Avot, celui de la Bina, du discernement, celui où l'on est à même de faire la part des choses. Selon certains, c'est à l'âge de quarante ans qu'Avraham parvint, par son propre raisonnement, à la conclusion que le monde ne pouvait être l'œuvre que d'un seul D. créateur.

Le chiffre quarante évoque également les quarante jours et quarante nuits durant lesquels Moché est resté seul sur le mont Sinaï pour recevoir et apprendre la Torah.

Tous ces textes se complètent et nous apprennent qu'à partir de quarante ans commence une nouvelle période, celle où il nous est demandé d'approfondir l'enseignement que l'on a reçu jusqu'à présent. Mais le chiffre quarante évoque aussi d'autres symboles. Tout d'abord, il est représenté par la lettre hébraïque mèm dont le nom, la signification rappelle le mot mayim, l'eau. Ce sont d'abord les quarante jours et les quarante nuits du déluge, c'est-à-dire la période qu'il a fallu à D. pour détruire le monde perverti en vue d'instaurer un nouveau monde avec Noa’h et ses descendants. C'est, ensuite, la période nécessaire, selon le Talmud, pour que l'embryon présente les premières caractéristiques d'une forme humaine, c'est l'évocation du liquide placentaire dans lequel baigne l'embryon. Ce sont aussi les quarante mesures d'eau (Séa) que doit contenir un miqvé pour être casher. Le miqvé, c'est le lieu du passage de l'état d'impureté à celui de pureté; c'est l'évocation de la possibilité de changement d'état, de la notion d'échange, de transition et de transmission.

C'est la raison pour laquelle la lettre mèm occupe parmi les vingt-sept lettres de l'alphabet hébraïque la position du milieu entre le aléf et le tav; à elles trois, mèm aléf et tav, ces lettres forment le mot Emèt, la Vérité, comme pour nous indiquer qu'entre deux thèses contradictoires en présence, la sagesse nous conseille de choisir la voie du milieu.

Petites lumières pour le Chabbat, Grand-Rabbin Alain Weil

 

NE PAS COMPTER SUR SES MÉRITES

« J'ai agi selon tout ce que Tu m'as ordonné » dit-on dans le Vidouï ma'asserot. « Jette Ton regard de Ta sainte résidence, des cieux, et bénis Ton peuple, Israël... » (26, 14,15).

hatamRachi explique la suite des versets ainsi : « Nous avons accompli ce que Tu nous as ordonné, en retour fais ce que Tu as promis de faire. » Comment pouvons-nous nous exprimer ainsi ? s'étonne le 'Hatam Sofer. D. ne réalise-t-Il pas toujours ce qu'Il promet ? Il est dit dans le midrach : « Chaque fois que le verbe lehachqif / jeter un regard est employé, c'est pour la punition (Tour de Babel, Sodome). Pourtant, ici, cette expression est employée pour la bénédiction. Cela nous enseigne que par le mérite du ma'asser, de la Tsédaka, la punition se transforme en bénédiction. »

'Pourquoi l'expression « Jette Ton regard » qui suppose une punition est-elle mentionnée ici alors que nous disons avoir accompli ce qui nous a été ordonné ?' demande le 'Hatam Sofer.

En effet, c'est cette affirmation, explique-t-il, qui doit nous faire craindre la justice divine. Rachi dit que l'expression : « J'ai agi comme Tu me l'as ordonné » signifie : « Je me suis réjoui et j'ai réjoui les autres par cette mitsva. »

La sim'ha de la mitsva est, certes, très louable et essentielle, dit notre commentaire, mais elle doit exprimer le bonheur d'avoir pu servir D. et non pas provenir d'une satisfaction de soi-même. Qui peut affirmer avoir accompli la volonté divine à la perfection ? N'est-il pas écrit: « Qui peut connaître ses erreurs, purifie-moi de celles qui me sont cachées » (Téhilim 19, 13). La joie ne peut pas être totale, car elle doit être accompagnée de la peine de n'en avoir pas fait assez. Sinon, elle risque d'éveiller l'examen de l'intégrité de nos actes.

Nos Sages disent : « Un homme ne doit jamais compter sur ses propres mérites ou sur l'indulgence de D. mais uniquement sur le mérite des pères. » Or, en énonçant ce passage du Vidouï  « j'ai fait ce que tu m'as ordonné », on risque de penser, à tort, que cette expression émane d'une satisfaction personnelle. Cela peut susciter la rigueur de la justice céleste contre nous et c'est pourquoi le terme de hachqifa « Jette ton regard » est employé.

Cependant, dit le Midrach, le mérite d'avoir donné du ma'asser est tel qu'il a le pouvoir de transformer la midat hadin en midat hara'hamim, la justice en miséricorde.

Comment se fait-il que justement la Tsédaka ait un tel pouvoir de changer le Din en Ra'hamim ?

Précisément parce que, dans ce domaine, l'homme ne peut jamais dire : « J'ai fait tout ce que Tu m'as ordonné. » En effet, il n'y a pas de limites au nombre de fois qu'il faut donner de la Tsédaka.

Le verset dit à propos du pauvre (Dévarim 15, 10) : « Naton titène lo /donner, tu lui donneras. » De même : « Pato'ah tifta'h èth yadekha léa'hikha, la'aniyékha... / ouvrir, tu ouvriras ta main à ton frère... » (15, 11). Quel est le sens de cette répétition ? demande Rachi. Elle nous enseigne que nous avons l'obligation de donner « même cent fois » (la somme à donner est limitée à un cinquième de notre fortune mais la fréquence de la mitsva est illimitée).

C'est par le mérite de la Tsédaka que D. nous comblera de Ses bénédictions.

Rav Guerchon, Imrei Cohen

 



LA MITSVA DE PRENDRE TROIS REPAS LE JOUR DU CHABBAT

Nos sages nous enseignent :

« Quiconque prend trois repas le Chabbat est préservé de trois malheurs : les souffrances précédant la venue du Messie, la peine du guéhinom (l’enfer) et la guerre de Gog et Magog » (Chabbat 118a).

CHabbat« Quiconque fait du Chabbat un délice est préservé de la servitude à l’égard des nations. »

Sans le Chabbat, nous serions totalement asservis au joug matériel de ce monde. Nous serions sans cesse en train de travailler, afin de maintenir notre corps et de pourvoir à ses plaisirs, oubliant notre âme divine, et il serait bien difficile de nous élever aux idéaux divins. Cependant, quand on a le mérite de se relier, de tout son être, au Chabbat, par l’esprit et par le corps, par l’étude de la Torah, la prière, mais aussi par les délices chabbatiques et par le repos, on s’élève au-delà des manques de ce monde, vers le monde de l’éternité, qui est entièrement bon. Dès lors, on est préservé de toutes les calamités du monde. « Quiconque fait du Chabbat son délice, on exauce tous les souhaits de son cœur.» (Chabbat 118b).

Grâce à l’honneur que l’on fait au Chabbat en ayant une maison ordonnée et en prenant les repas du saint jour, la matière se relie à sa racine spirituelle, ce qui attire à elle la bénédiction.

D’après le Midrach, Pniné Halakha

 

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Paru au Journal Officiel du 01/1990

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